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L'asile pas à pas #2 : les entretiens avec les réfugiés

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L'attente de l'enregistrement de la procédure d'asile. Athènes, 13 juin 2016
L'attente de l'enregistrement de la procédure d'asile. Athènes, 13 juin 2016
© Reuters - Alkis Konstantinidis

Série. La France s’est engagée à relocaliser 32 000 réfugiés de Syrie, d’Irak et d'Érythrée en 2 ans. Comment les choisir ? Comment les accueillir ? 2e épisode de notre série, qui suit pas à pas l’itinéraire de réfugiés syriens et les coulisses de leur nouvelle vie française.

Ils ont été convoqués pour passer l'examen de passage. Chaque mois, ce sont 300 à 400 demandeurs d'asile qui sont auditionnés dans les locaux de l'Ofpra à Athènes par des officiers de protection, comme Hugo Bechtel, qui préparait sa mission dans notre premier épisode. Une nouvelle étape sur leur long chemin d'exil : raconter les raisons du départ, les conditions de la traversée, pour, peut-être, accéder à une relocalisation en France. En ce jour de mai 2016, hommes, femmes, familles ont pris place dans la salle d'attente. Les interprètes d'arabe, de kurmandji, sont là. Certains des demandeurs d'asile sont venus avec leurs valises, pensant qu'ils pourraient s'envoler vers la France, mais le processus est long.

1) Pourquoi quitter la Syrie

Souad a 23 ans. Elle est la cadette d'une famille de six enfants. Cette jeune étudiante de Damas étudiait à l'université pour passer son diplôme d'enseignante. Après le bac, elle travaille comme accompagnatrice dans les bus scolaires, mais doit cesser alors que se multiplient les barrages et des attaques contre les bus. Elle prend alors un poste d'institutrice dans une école d'un quartier tenu par le régime. Mais là aussi la peur et les menaces rôdent :

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Le nombre de Syriens qui ont quitté leur pays depuis la guerre approche début juin 2016 les 5 millions, répartis principalement entre la Turquie (2,7 millions), le Liban (1 million), la Jordanie (650 000) et l'Irak (247 000). Voici l'évolution du nombre d'exilés syriens depuis début 2012 :

Hicham, un jeune Palestinien de Syrie, du camp de Yarmouk, a, lui, fui les bombes qui s'abattaient sur le camp puis les violences qui l'ont rattrapé plus loin, dans le marché où il vendait des costumes :

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2) Le difficile périple jusqu'à la Grèce

L'exil des Syriens rencontrés ce jour là à Athènes dans les locaux de l'Ofpra passe par la Turquie avant la Grèce. Une expérience que beaucoup décrivent comme très dure, quand on n'a ni argent ni relations. Pour Ibrahim, Kurde de Syrie, père de trois enfants avec lesquels il a fui de Syrie, ce fut encore plus difficile :

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Parmi les 1 million de personnes qui ont traversé la Méditerranée en 2015, une sur deux était syrienne et cherchait à échapper à la guerre. Les données sur cette carte concernent les arrivées de 211 385 réfugiés et migrants par la Méditerranée en 2016 (source HCR, janvier - juin 2016) :

De Turquie, on tente donc la traversée vers la Grèce, cette traversée si périlleuse, et si mortelle. Souad relate la sienne :

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3) En Europe, les difficultés continuent

En Grèce, les conditions d'accueil sont encore très précaires. Les dizaines de milliers de demandeurs d'asile arrivés avant le 20 mars 2016, date d'entrée en vigueur de l'accord entre l'Union européenne et la Turquie, sont dispersés dans tout le pays. Athènes s'emploie à construire des camps avec l'aide du HCR pour les accueillir plus dignement mais le temps presse. Pour l'heure il n'est pas toujours possible de retrouver les Syriens, Irakiens ou Érythréens que souhaite convoquer l'Ofpra, et lorsqu'ils ont été contactés il n'est pas toujours facile de rejoindre Athènes, comme en témoigne Hicham :

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Lorsque l'Ofpra accorde sa protection à un demandeur d'asile, elle reconstitue son état civil et lui fournit de nouveaux papiers. Une démarche qu'il faut souvent expliquer longuement à des réfugiés qui ont précieusement conservé leurs papiers d'identité, souvent le seul lien avec leur vie d'avant dont ils ont du mal à se séparer, comme Ibrahim :

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Pour des raisons de confidentialité, les noms des trois réfugiés ont été modifiés, et les photos ont été prises de dos.

A lire : le 1er épisode de "L'asile pas à pas" : "L'Ofpra prépare sa mission en Grèce"