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L'assassinat de Samuel Paty replonge Magnanville dans l'horreur de la tuerie d'un couple de policiers en 2016

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A l'accueil du commissariat de Mantes-la-Jolie (Yvelines), photos de Jean-Baptiste Salvaing et de Jessica Schneider. Image du 1er octobre 2018.
A l'accueil du commissariat de Mantes-la-Jolie (Yvelines), photos de Jean-Baptiste Salvaing et de Jessica Schneider. Image du 1er octobre 2018.
© Radio France - Marine Chailloux

Reportage. La décapitation de l'enseignant de Conflans-Sainte-Honorine fait écho à un autre drame dans les Yvelines : la mort de Jean-Baptiste Salvaing et Jessica Schneider. Le commandant de police et sa compagne avaient été sauvagement tués chez eux en juin 2016 à l'arme blanche par un terroriste djihadiste.

Il est des images, des douleurs et des chagrins qui viennent nous tourmenter, souvent. Parfois pour le restant de nos jours. 

L'assassinat le 16 octobre dernier du professeur d'histoire-géographie Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine ravive des souvenirs tragiques à quarante kilomètres de là, dans une autre ville des Yvelines. Magnanville, 6 000 habitants, sur l'autoroute de Normandie, à l'ouest de Paris est en état de choc. Elle revit le drame du 13 juin 2016. 

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Ce soir là, en rentrant chez lui, Jean-Baptiste Salvaing, 42 ans, chef adjoint des unités de police judiciaire au commissariat des Mureaux, avait été poignardé à neuf reprises dans son jardin, devant la porte de son pavillon. 

Son assassin s'était ensuite retranché dans la maison du policier et avait égorgé sa compagne Jessica Schneider, 36 ans, agent administratif au commissariat de Mantes-la-Jolie et avait retenu en otage durant plusieurs heures le petit garçon du couple alors âgé de 3 ans. Agé de 25 ans, il avait évoqué en direct sur les réseaux sociaux la tuerie, revendiquée par le groupe Etat islamique. L'enfant avait été retrouvé sain et sauf mais prostré, en état de sidération. Le petit garçon grandit aujourd'hui loin des lieux de la tragédie auprès de ses grands-parents.

L'auteur du double meurtre avait été abattu lors d'un assaut du RAID. Il s'agissait d'un jeune homme de la région. Né à Meulan-en-Yvelines, il avait grandi aux Mureaux, et avait été condamné en 2013 dans le cadre d'une enquête sur une filière djihadiste au Pakistan. 

La mort violente par décapitation de Samuel Paty bouleverse Michel Lebouc, le maire DVG de Magnanville. Il raconte que depuis vendredi, des habitants l'appellent au téléphone ou l'interpellent dans la rue pour lui dire leur angoisse, leurs cauchemars. L'élu aussi a du mal à trouver le sommeil. Hanté, éprouvé, comme l'ensemble de la population, par ce passé qui ressurgit.

Le maire de Magnanville hanté par l'assassinat d'un commandant de police et de sa compagne fonctionnaire au ministère de l'Intérieur en 2016

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Michel Lebouc Maire de Magnanville dans son bureau le 20 octobre 2020
Michel Lebouc Maire de Magnanville dans son bureau le 20 octobre 2020
© Radio France - Ville de Magnanville

Cela me prend aux tripes, à chaque nouvel attentat, je n'en dors pas de la nuit... Je repense aux décès de Jean-Baptiste et Jessica.

Quatre ans après le drame, la maison des policiers vient d'être rachetée par un jeune couple de la région. "Ils savent ce qui s'y est passé... J'essaye de travailler avec eux, de rassembler tous les voisins." L'élu soupire tristement, et poursuit avec une pointe de résignation dans la voix : "J'essaye que ça puisse repartir normalement, mais la normalité, est-ce que c'est ça la normalité ?"