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L'Assemblée nationale va ouvrir ses données

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C'est au tour de l'Assemblée nationale de se lancer dans le mouvement de l'ouverture des données. Son président, Claude Bartolone, a annoncé que d'ici 2015 plus de 800.000 documents seront accessibles dans le format « open data ».

l'assemblée nationale
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« Ce*tte évolution technologique constitue une avancée démocratique majeure pour notre pays. L’ouverture des données améliore la transparence de l’action parlementaire et favorise la participation des citoyens à la vie publique * »

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Cette mesure s'inscrit dans le programme fixé en octobre par le locataire du « perchoir » qui a décidé de placer cette année parlementaire « sous le signe de la révolution numérique ».

Les documents fournis
Quelles données sont concernées par cette annonce ? On en trouve la liste dans le compte-rendu du Bureau de l'Assemblée nationale du 12 novembre. Elle comprend :

  • les documents parlementaires- les coordonnées des députés - les mandats- le résultat des scrutins publics- le rattachement des députés à un parti politique- l’utilisation de la réserve parlementaire - la liste des représentants d’intérêts inscrits sur le registre - la liste des personnalités auditionnées par les commissions et la présence des députés en commission.

Le texte précise que la mise en ligne des données législatives est prévue en juin 2015, le reste d'ici la fin 2015

Des données exploitables
Avoir accès aux informations publiques est une choses, pouvoir les traiter en est une autres. Beaucoup des données publiques sont aujourd'hui connues, tout citoyen bénéficie d'ailleurs d'un droit d'accès. Mais elles ne sont pas forcément réutilisables ou exploitables. Le but de l'ouverture des données, l'open data ** , c'est bien ça : les rendre accessibles sans barrière juridiques - les données sont sous licence libre- **ni financières ** - elles sont gratuites- , et dans un format numérique exploitable de manière statistique et informatique. Concrètement, cela peut servir à des chercheurs, des journalistes, comme à tous les citoyens.

Une partie de la déclaration d'intérêts du député PS de Guadeloupe Eric Jalton
Une partie de la déclaration d'intérêts du député PS de Guadeloupe Eric Jalton

Par exemple, quand l'été dernier la Haute autorité pour la transparence de la vie publique a publié les déclaration d'intérêts des parlementaires français, elle a mis en ligne les fichiers PDF, l'équivalent numérique d'une photocopie, contenant des déclaration de patrimoine remplies à la main. Sur le fond, une mine d'information au service de la transparence démocratique, mais dans la forme peu exploitable. Impossible de faire des recherches facilement dans l’ensemble de ces documents, ou de tirer de conclusions statistiques.Avec l'aide de milliers d'Internautes, l'association Regards Citoyens, qui milite pour la transparence de la vie publique, a retranscrit les informations en format exploitable. Il devenait alors possible de comparer, agréger, traiter les informations fournies par les députés.

Cette même association est à l'origine des sites nosdeputes.fr et nossenateurs.fr, ainsi que de La fabrique de la loi, qui permet de suivre toutes les étapes de l'élaboration d'une loi. Elle s'est déjà réjouie de l'annonce faite par Claude Bartolone, qui répond à l'une de ses plus anciennes demandes, et qui devrait « *permettre de faire émerger de nouvelles initiatives citoyennes * » sur l'activité parlementaire.

En tout cas, alors que le Sénat dispose déjà d'une plate-forme de données ouvertes, tous ceux qui voudront observer l'activité des parlementaires pourront à l'avenir exploiter plus facilement les documents de l'Assemblée nationale.