L’Eglise catholique s’inspire de #MeToo pour lever le voile sur les violences subies par les religieuses

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L’Eglise catholique s’inspire de #MeToo pour lever le voile sur les violences subies par les religieuses

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La Présidente de la Conférence des Religieux et Religieuses de France déclare avoir connaissance de trois cas de religieuses victimes d'abus sexuels en France
La Présidente de la Conférence des Religieux et Religieuses de France déclare avoir connaissance de trois cas de religieuses victimes d'abus sexuels en France
© Getty - Giuseppe Ciccia / Pacific Press / LightRocket

Aux Etats-Unis, la Conférence des mères supérieures vient de lancer une campagne pour briser la loi du silence sur les violences sexuelles subies par les nonnes dans leurs congrégations. La Conférence des Religieux et Religieuses de France soutient cet appel.

Le phénomène MeToo, le hashtag lancé l'an dernier sur Twitter pour encourager les victimes de violences sexuelles et de harcèlement à dénoncer leurs agresseurs, inspire... l'Eglise catholique. Plus précisément, aux Etats-Unis, la LCWR, (Leadership Conference of Women Religious). Cette Conférence des mères supérieures, qui représente 80% des 57 000 religieuses américaines vient de lancer une campagne visant à briser la loi du silence sur les violences sexuelles subies par les nonnes dans leur congrégation. Elle leur demande de dénoncer les faits en question aux autorités civiles et religieuses. Un pas de plus dans le long processus de levée des tabous au sein de l'Eglise.

La révélation récente de plusieurs scandales dans des congrégations religieuses, en Amérique du sud, en Inde, en Italie, a poussé la conférence des religieuses américaines à lancer cet appel. Il y a notamment eu le témoignage collectif télévisé de nonnes chiliennes racontant leur calvaire : victimes d'abus sexuels de la part de prêtres ou d'autres religieuses. Des voix comme celle de Consuelo :

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Le témoignage de Consuelo

13 sec

Je ne crois plus en l’Eglise. J’en ai parlé au nonce apostolique, il n’a rien fait. L’évêque aussi était au courant. Il n’a rien fait non plus. Alors, à quoi bon dénoncer à l’Eglise des faits qui seront occultés ? 

En France, soeur Véronique Margron soutient totalement cet appel à briser l'omerta. Elle préside la CORREF, la Conférence des Religieux et Religieuses de France :

"Il est très important que cette parole puisse se dire et que la justice passe. Pour ces soeurs, mais aussi pour des religieux"

6 min

Nous sommes complètement au sein de ce qu’il peut y avoir de pire au sein de notre Eglise. A ce titre-là, je pense que c’est un vrai tabou, une sorte de secret terrible. Donc, s’il peut enfin être brisé, je pense que c’est très important et qu’il faut absolument le faire. Il faut qu’on puisse en finir avec ces époques noires. 

Sœur Véronique Margron déclare avoir connaissance de trois cas de religieuses victimes d'abus sexuels en France. Un fléau d'une toute autre ampleur dans d'autres parties du monde :

On peut craindre qu’en Asie, en Afrique, en Amérique latine, ces situations soient tout à fait graves. Sans doute parce qu’une forme de machisme dans ces pays, une forme d’autorité masculine, pour ne pas dire un pouvoir des hommes, redoublé sans doute par un pouvoir des prêtres, peut s’avérer encore plus grave.

Sœur Véronique Margron estime enfin que les cas d'abus sexuels sur des religieuses doivent bien sûr donner lieu à des poursuites judiciaires, parce que, rappelle-t-elle, "Nous sommes dans un état de droit".