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L'épiderme nomade retour d'écoute par la mère de l'auteur

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C'était le 23 janvier 2015 à La Gaité Lyrique, Emmanuelle Gibello proposait un Atelier de la création en public. Tout avait commencé très vite, qui étaient ces voix ? Un homme sur le haut-parleur à gauche, une femme à droite. Il y avait aussi un marchand de sable. Qu'était ce mystérieux jeu ?

L'Epiderme Nomade
L'Epiderme Nomade
© Radio France - C.BRACQ

Une plaque de verre où des personnes vêtues de noir ( plus un point de couleur) lançaient des toupies déclenchant des enregistrements sonores. Que nous disait ce comédien à propos d’expériences d'un érotisme incandescent allant l'amble avec la mort ?

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L'épiderme Nomade 1
L'épiderme Nomade 1
© Radio France - cécile Bracq

Réponses à gauche c'était la voix de Didier Anzieu, à droite celle de son épouse Annie Anzieu. La plaque de verre appartient à un système nommé MOLF. Les lanceurs de toupies , molfistes. Le comédien Slimane Yefsah lisait un texte de Didier Anzieu Le Moi-Peau.Le marchand de sable s'appelle Kerwin Rolland. Et dans les coulisses **Christian Zanesi ** et Philippe Dao du GRM.

Et qu'en a pensé la mère de l'auteur de cet ACR Emmanuelle Gibello ?

Bonsoir Emmanuelle, Voilà donc deux ou trois idées qui me sont venues après ta bellle prestation de vendredi soir. Ma pensée sera sans doute plus claire après l'audition de l'émission radiophonique le 4 février. Vendredi dernier, le contexte, les événements et toutes les informations visuelles ont fait écran à l'écoute qui a été ainsi constamment distraite tout en restant tendue vers la création sonore. Pourtant c'est déjà totalement dans l'esprit de Didier Anzieu qui a développé le concept d'enveloppe sonore, comme l'une des enveloppes psychiques les plus primitives et les plus contenantes. Cette création radiophonique a en quelque sorte tissé au Moi Peau l'enveloppe sonore qui lui manquait puisqu'il se nourrit de tous les sens sauf l'ouie. Le fait que ma pensée ne cesse pas de fluctuer autour des reminiscences de ce que j'ai vu/entendu me parait être signe de l'intensité de ce que cette pièce donne à "entendre" L'ensemble me paraît être un bel hommage à Didier Anzieu et le re-présente, tel que je l'ai connu dans sa maturité, avec cette façon de nous balader entre fiction et réalité sans nous donner toujours les indices pour savoir de quel côté il se situait. Il était capable d'entraîner un groupe dans des associations d'idées désopilantes, tout en gardant le plus grand sérieux, cela tient peut-être à la grande liberté d'associations d'idées dont il était capable et à laquelle on se sentait autorisé en sa présence, mais par ailleurs, lorsqu'il exposait ses réflexions novatrices,, il redevenait sérieux et sa pensée au travail était très stimulante. Cela aussi est tangible dans les documents sonores qui le font dialoguer avec Annie, comme ils ont dialogué pendant tant d'années. Je pense que les initiés vont trouver un grand plaisir à entrer dans la fiction du rêve et dans l'illusion d'une re-création du Moi Peau sonore jubilatoire en direct. Pour les non initiés, ce sera peut-être plus difficile. Ne faut-il pas leur donner quelques clés pour leur permettre d'entrer dans le jeu des associations du rêve.

L'Epiderme Nomade
L'Epiderme Nomade
© Radio France - IDB

Personnellement, je trouve que l'ensemble m'évoque plus encore ce qu'est la pensée d'un jeune enfant qui entend parler ses parents mais ne comprend pas ce qu'ils disent, ne peut pas comprendre ce qu'ils disent... Néanmoins, sa mémoire enregistre, crée ses propres sens, ses propres associations, ses images...qui reviennent, disparaissent , se représentent encore, en quête de représentations, en quête de sens,, en quête de familier dans l'étrange...Marie-Luce Verdier-Gibello