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L'Espagne fera-t-elle entrer l'écriture inclusive dans la Constitution ?

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La question de l'écriture inclusive dans la constitution espagnole suscite de vifs débats.
La question de l'écriture inclusive dans la constitution espagnole suscite de vifs débats.
© Radio France - Hugues Garnier

Afin d'éviter la seule présence de termes masculins dans la Constitution espagnole, le gouvernement socialiste de Pedro Sánchez a chargé l’Académie royale de la langue espagnole de préparer un rapport sur le sujet, ouvrant du même coup une polémique dans le pays.

Les Espagnols, "los españoles"… vont-ils devenir dans la Constitution "los españoles" et "las españolas"… et faudra-t-il bientôt parler des ministros ET des ministras ? Le gouvernement du socialiste Pedro Sánchez, en tout cas, souhaite utiliser dans la norme fondamentale le langage inclusif, pour mentionner explicitement les femmes ou bien employer un terme neutre chaque fois qu’un mot masculin est utilisé de manière générique.

C’est la vice-présidente du gouvernement, Carmen Calvo, qui l’a annoncé. Également ministre de l'Égalité, elle considère que la rédaction de la Constitution correspond à une société d’il y a 40 ans et qu’il faut "un texte qui inclut les femmes".

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Seulement voilà : l’Académie royale espagnole, chargée de préparer un rapport sur le sujet, est loin d’être convaincue. Son directeur, Darío Villanueva, a rappelé la position de l’institution, qui rejette l’écriture inclusive et défend au contraire l’économie de langage que suppose l’utilisation du masculin pour englober les hommes et les femmes dans un même terme. Il ne faut pas, dit-il dans une interview à El País, “confondre la grammaire avec le machisme”. Plus radical, le célèbre écrivain et académicien Arturo Perez Reverte a menacé de quitter l’Académie si cette dernière acceptait le langage inclusif. 

Le rapport n’est pas prévu avant octobre, mais la polémique est déjà présente. Reste à savoir si le gouvernement aura la capacité de faire adopter une réforme constitutionnelle qui nécessite une majorité des deux tiers. Un défi pour un gouvernement en minorité qui peine à faire voter ses lois ordinaires.