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L'extrême pauvreté recule dans le monde

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Depuis 1990, plus d’un milliard de personnes sont sorties de l’extrême pauvreté.
Depuis 1990, plus d’un milliard de personnes sont sorties de l’extrême pauvreté.
© AFP - Biswaranjan Rout / NurPhoto

Depuis 31 ans, le taux d'extrême pauvreté dans le monde, fixé par la Banque mondiale à moins de 1,90 dollar par jour, est en baisse. Cependant, le regard des populations sur la pauvreté est contraire à la tendance engagée depuis des années.

Parmi les huit objectifs du millénaire pour le développement fixés par l'Onu, le premier, relatif à l'éradication de l'extrême pauvreté et la faim d'ici 2030 dans le monde, a un bilan en demi-teinte. Aujourd'hui, les problèmes d'extrême pauvreté et de faim dans le monde sont toujours d'actualité. Selon l'Onu, 800 millions de personnes vivent encore sous le seuil d'extrême pauvreté.

Néanmoins, deux chiffres restent encourageants quant à l'évolution de la situation dans le monde. 29 % des pays ont réduit de moitié les taux de malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans ou sont en voie d’y parvenir. Et plus de la moitié des pays en développement ont atteint ou sont en voie d’atteindre l’objectif de réduction de moitié de l’extrême pauvreté. Des efforts qui se traduisent dans les faits. En 31 ans, le taux d'extrême pauvreté dans le monde est passé de 44,3% à 12,73%.

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Cette tendance est cependant mal connue du grand public. Selon une étude publiée par l'ONG Oxfam, 87 % des personnes dans le monde et 92% en France, pensent que la pauvreté a augmenté ou est restée à un niveau identique au cours des 20 dernières années. Un sentiment qui peut s'expliquer par le fait que le patrimoine cumulé des 1% les plus riches du monde a dépassé celui des 99% restants.

Pour le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, la baisse du taux d'extrême pauvreté "est un objectif particulièrement ambitieux, surtout en cette période de ralentissement de la croissance, de volatilité des marchés financiers, de conflits, de chômage des jeunes et d’impact grandissant du changement climatique, mais il reste à notre portée, tant que ces aspirations iront de pair avec des programmes conduits par les pays en faveur des millions d’êtres humains vivant dans le plus extrême dénuement."

D'autant plus que cette diminution cache des disparités selon les régions du monde. Depuis plusieurs décennies, trois régions concentrent l’essentiel de la pauvreté mondiale : l’Asie de l’Est, l’Asie du Sud et l’Afrique subsaharienne. En 2015, une nouvelle baisse significative a eu lieu. L'Asie de l'Est compte un taux de 4,1%, l'Amérique latine 5,6%, l'Asie du Sud 13,5% et l'Afrique subsaharienne 35,2%. Pour la région du Moyen-Orient, les conflits empêchent de disposer de données fiables.

Pour ce qui est de la France, le taux de pauvreté a fortement diminué depuis 1970 jusque dans les années 2000, pour ensuite repartir à la hausse dans les années 2000 jusqu’à nos jours.

Depuis 2008, il y a environ un million de pauvres en plus dans l'Hexagone. Au total, la pauvreté concerne 8 millions 800 000 personnes, soit 14% du pays. Par ailleurs, les enfants sont les plus touchés dans le pays. Selon le rapport de l'Unicef intitulé "Chaque enfant compte. Partout, tout le temps", un enfant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté. Une situation économique qui explique que 92% des Français pensent que la pauvreté a augmenté ou est restée à un niveau identique. Pour ce qui est de l'avenir, le sentiment des Français est assez pessimiste. 55% d'entre eux pensent qu'il y a très peu de chances que le taux d'extrême pauvreté ait disparu d'ici 2030.

A écouter : La pauvreté recule dans le monde (Culture éco)