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L'histoire de la Rose blanche, mouvement de résistance allemand au nazisme

Par
Hans et Sophie Scholl avec Christoph Probst
Hans et Sophie Scholl avec Christoph Probst
- Wikimedia Commons

Sous le nom la Rose blanche, deux étudiants munichois se constituèrent à partir du printemps 1942, en groupe de résistance contre le régime nazi. Ils s’appelaient Hans Scholl et Alexander Schmorell. Ils furent rejoints par Sophie Scholl, l'un des piliers du réseau. C'est leur histoire.

Ils rassemblèrent autour d’eux un petit nombre de parents et d’amis. L’activité du groupe consista pour l’essentiel dans la diffusion de tracts, d’une haute tenue littéraire et philosophique, soutenant que tout Allemand qui ne s’opposerait pas ouvertement au régime nazi serait tenu pour coupable des crimes du régime. Cette campagne de tracts dura jusqu’en Février 1943, date de l’arrestation de Hans Scholl et de sa sœur Sophie. Par sa forme organisationnelle et par son mode d’action, par la nature des thèmes qu’elle mit en avant, par sa composition sociale, la Rose blanche révèle que subsistait, dans la société allemande, un fond idéologique antérieur au nazisme et radicalement incompatible avec le tout-puissant régime. Au cœur de cet héritage, on trouve la spiritualité chrétienne, sans référence aucune à quelque idéal démocratique ou révolutionnaire que ce soit. Aussi est-on tenté de mettre à l’écart ce qu’on peut appeler la doctrine de la Rose blanche. On se borne à admirer le courage de ses membres. Or, cela ne suffit pas. Leur doctrine importe ; elle annonce la forme qu’a prise, après 1945, la pensée politique allemande. On ne comprend pas l’Allemagne de l’Ouest naissante si l’on ne prend pas en compte une donnée : dans ce qu’elle avait de respectable, elle a été construite par des hommes et des femmes qui avaient exactement l’âge et la formation intellectuelle des membres de la Rose blanche. 

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Une conférence enregistrée en octobre 2019, dans le cadre du cycle des "Grandes Révoltes".

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Jean-Claude Milner, linguiste, philosophe et essayiste, auteur notamment de Les Penchants meurtriers de l’Europe démocratique (Verdier, 2003), Pour une politique des êtres parlants (Verdier, 2011), et Harry Potter. À l’école des sciences morales et politiques (PUF, 2014)