L'homosexualité est-elle un choix ?

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L'homosexualité est-elle un choix ?

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Est-ce qu'on choisit notre orientation sexuelle ? C'est la question au cœur des Idées Claires, notre programme hebdomadaire produit par France Culture et franceinfo destiné à lutter contre les désordres de l'information, des fake news aux idées reçues.

Au cours des derniers mois plusieurs personnalités, dont Pascal Brindeau, député UDI, et le polémiste Éric Zemmour ont déclaré que l'homosexualité était un choix. Éric Zemmour a même poursuivi, sur la chaîne CNews, en ajoutant : "On assume ses choix: soit on couche avec l’autre sexe et on fait des enfants, soit on ne couche pas avec l’autre sexe et on n’a pas d’enfants.” Des propos qui ont provoqué de nombreux débats.

Dans 12 pays, dont le Qatar et l'Iran, l'homosexualité est passible de la peine de mort. Elle est illégale dans 70 pays. Le Maroc, la Malaisie, la Syrie, le Sri Lanka ou encore la Tanzanie pénalisent les relations homosexuelles. 

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Nous avons décortiqué les idées reçues sur l'homosexualité avec Stéphane Clerget, psychiatre et auteur de l'ouvrage “Comment devient-on homo ou hétéro ?”. 

À lire : D'où vient l'idée de l'existence d'un gène gay ?

L’homosexualité est-elle un choix ?

Stéphane Clerget : "L’homosexualité, c’est-à-dire le désir pour une personne de son sexe n’est pas un choix, pas plus que nos préférences alimentaires, nos préférences musicales ou nos préférences sportives. Ça n’est pas quelque chose que l’on peut décider, comme on ne peut pas décider de tomber amoureux de quelqu’un, on ne décide pas du plaisir physique que l’on va ressentir au contact de telle ou telle personne. C’est quelque chose qui nous dépasse."

L’homosexualité est-elle génétique ?

Stéphane Clerget : "L’homosexualité est-elle génétique ? Aucune étude ne conclut qu’il y a un gène qui définirait l’orientation sexuelle, qu’elle soit homosexuelle, hétérosexuelle ou bisexuelle. Et notamment, les études sur des jumeaux, qui ont a priori le même capital génétique, montrent que l’un des deux peut devenir homosexuel et l’autre hétérosexuel. Donc, il n’y a pas de vérité génétique et il n’y a pas non plus d’explication hormonale. On a cru au XXe siècle que les homosexuels masculins manquaient d’hormones mâles, de testostérone. Or, on a fait des mesures et il n’y a pas de différence, en termes de taux d’hormones. C’est bien plus compliqué que ça. L’orientation sexuelle, chez nous les humains c’est dans la tête et quand on aime quelqu’un ou qu’on désir physiquement quelqu’un, eh bien ça met en jeu des milliards de neurones et des connexions entre la zone du raisonnement, le néocortex, la zone des émotions le système limbique, le comportement moteur pour avoir un comportement érotique, et les zones sensorielles, l’odorat, l’ouïe, qui vont être plus ou moins stimulées par certains aspects de la personne que l’on va désirer."

L’homosexualité est-elle une maladie occidentale ?

Stéphane Clerget : "L’homosexualité n’est pas une maladie occidentale, d’abord parce que ce n’est pas une maladie, ensuite parce que c’est présent dans toutes les sociétés depuis la nuit des temps. Ça a toujours été décrit, même dans l’Antiquité, et dans toutes les cultures. Alors, certaines cultures vont autoriser voire valoriser l’homosexualité, quand d’autres vont l’interdire voire la pénaliser. Et il existe aujourd’hui certains pays où l’homosexualité est passible de mort. Donc il est évident que dans ces pays-là, les personnes homosexuelles vont se retenir de comportements homosexuels. Et quand bien même elles tomberaient amoureuses d’une personne de leur sexe, elle vont renoncer à faire couple tout simplement pour sauver leur peau.     

L’homosexualité se guérit-elle ?

Stéphane Clerget : "On ne peut pas guérir de l’homosexualité puisque l’homosexualité n’est pas une anomalie, c’est quelque chose de normal, c’est un comportement érotique humain, naturel, qui fait partie de la nature humaine, qui n’est pas pathologique. Quand on aime quelque chose, eh bien on ne peut pas provoquer une aversion. Il y a eu des thérapies d’aversion qui ont été tentées au 20e siècle et qui ont toutes échoué. C’est-à-dire qu’on ne peut pas faire disparaître quelque chose qu’on aime ou qu’on désire.         

L’identité de genre et l’identité sexuelle sont-elles liées ? 

Stéphane Clerget : "L’orientation sexuelle, c’est un comportement sexuel plus ou moins associé à des sentiments parce que nous les humains on associe les deux. L’identité sexuelle c’est se sentir garçon, se sentir fille ou être garçon et être fille sur le plan anatomique. A priori l’identité est plutôt figée dans le temps, l’orientation sexuelle c’est quelque chose qui peut évoluer, mais ce n’est pas une identité. Il y a autant de personnalités différentes chez les homosexuels que chez les hétérosexuels, autant d’aspects physiques différents chez les homosexuels, que chez les hétérosexuels. Il y a beaucoup plus de points communs entre homosexuel et hétérosexuel que de différences. Mais ça ne doit pas être considéré comme une identité. D’ailleurs ça ne l’a pas été pendant des siècles parce qu’on ne parlait pas d’homosexualité au Moyen Âge, ni à l’âge classique.             

Les parents homosexuels influencent-ils leurs enfants ?

Stéphane Clerget : "Des études ont été menées dans les pays anglo-saxons et ont conclu qu’il n’y a pas plus d’enfants homosexuels issus de parents homosexuels et même il y en avait moins. Pourquoi ? Sans doute parce que ces enfants sentaient une espèce de pression sociale et étaient peut-être dans le désir d’une espèce de conformité, de montrer justement que ce n’est parce qu’on avait des parents homosexuels qu’on était homosexuel. En revanche ce qui est démontré, c’est que le fait d’avoir des parents homophobes augmentent la chance sur le plan statistique d’être homosexuel. Parce que les enfants peuvent ressentir cette homophobie et avoir donc envie de la questionner, aussi dans des expériences homosexuelles.

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Les idées claires : L'homosexualité est-elle un choix ?

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