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L'Italie récupère les 35 000 ouvrages d'Umberto Eco, "l'homme-bibliothèque"

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Umberto Eco est un penseur inclassable, qui mêle le goût des connaissances au plaisir de la lecture. Ici dans sa bibliothèque en 2000
Umberto Eco est un penseur inclassable, qui mêle le goût des connaissances au plaisir de la lecture. Ici dans sa bibliothèque en 2000
© Getty - Leonardo Cendamo

"Si Dieu existait, il serait une bibliothèque", se plaisait à dire Umberto Eco. La bibliothèque de l’intellectuel italien, décédé le 19 février 2016 à l’âge de 84 ans, riche de 35 000 titres, va être confiée à sa patrie d’origine, pour une durée de 90 ans.

Le grand écrivain italien, auteur notamment du Nom de la rose, était aussi un amoureux des livres. Il s'était même constitué une immense bibliothèque avec plusieurs dizaines de milliers d'ouvrages. Un accord vient d'être conclu avec le ministère de la Culture italien pour que ces livres soient prêtés pendant 90 ans à l'Alma Mater, l'université de Bologne où ce professeur philosophe a enseigné pendant plus de quarante ans.

"Qui ne lit pas, à 70 ans, aura vécu une vie solitaire. Celui qui lit aura vécu 5 000 ans"

"Qui ne lit pas, à 70 ans, aura vécu une vie solitaire. Celui qui lit aura vécu 5 000 ans. La lecture, c’est l’immortalité à rebours", écrivait-il. Il restait donc à organiser après sa mort la nouvelle vie de ses nombreux ouvrages. Il a fallu trois années de négociations entre la famille du "professore" et le gouvernement italien pour que tombe enfin un communiqué de presse du MiBACT, le ministère pour les Biens et Activités culturels et le Tourisme italien. "L’État garantira sa conservation, sa mise en valeur et son utilisation pour les étudiants et les universitaires. Un comité scientifique composé de cinq membres, dont deux nommés par les héritiers de Eco et deux autres par le MiBACT sera chargé d’établir les modalités de conservation. Et ce pour en assurer également l’unité dans la consultation numérique", précise le communiqué traduit par Nicolas Gary pour ActuaLitté. Direction donc l'université de Bologne.

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Son recteur, Francesco Ubertini, est fou de joie : "Je suis enthousiaste, car cela signifie que la bibliothèque et les archives fourniront tous les outils nécessaires aux universitaires et en particulier, à tous ceux qui font partie du Centre d’études lié à Eco."  dont les propos ont été traduits par Nicolas Gary pour ActuaLitté. Dans cette université fondée il y a près de dix siècles, les ouvrages qu'il a feuilletés, annotés, seront classés de la même manière que dans sa maison de Milan. Ils feront l'objet d'un grand projet d'étude pour comprendre l'esprit d'Umberto Eco. Lui, l'éternel défenseur de la lecture, expliquait deux ans avant sa mort en 2014 à la télévision italienne, que le livre était extrêmement plus avancé que les nouvelles technologies.

Depuis l'époque des papyrus, on peut conserver les livres pendant deux mille ans. Depuis qu'ils sont imprimés, on a des exemplaires d'une fraîcheur incroyable, alors qu'on ne sait pas combien de temps un support électronique peut rester magnétique. Certaines bibliothèque, comme la BNF à Paris numérisent leurs livres, mais dans le même temps, ils gardent tout sur papier. Umberto Eco

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Pour se rendre compte de l'importance de cette bibliothèque, il suffit de jeter un œil au documentaire Umberto Eco, Sulla memoria. Una conversazione in tre parti, réalisé en 2015 par Davide Ferrario. Il avait eu la chance d'accéder au domicile d'Umberto Eco et de le suivre dans le dédale de sa bibliothèque personnelle, le rêve de n'importe quel lecteur.

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Ses propres livres seront aussi numérisés. Quant à ses 1 200 ouvrages, les plus anciens et les plus rares, sa "Bibliotheca semiologica Curosa, lunatica, magica et pneumatica", ils seront, eux, vendus pour 2 millions d'euros à la Bibliothèque nationale de Brera où le public pourra les consulter également.