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L'ONG Transparency interpelle les présidentiables sur l'éthique en politique

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Cinq des 11 candidats lors du débat organisé par TF1
Cinq des 11 candidats lors du débat organisé par TF1
© AFP - PATRICK KOVARIK

L'organisation non gouvernementale a envoyé un questionnaire aux candidats à la présidentielle et formule 11 propositions pour moraliser la vie politique. Notamment sur la question du "favoritisme familial" suite aux affaires Fillon et Le Roux.

"L'Assemblée a rémunéré 52 épouses, 28 fils et 32 filles de députés en 2014" (payant). A l'époque, cet article de Mediapart n'avait pas fait réagir l'opinion publique et les médias.

Depuis que des enquêtes ont été ouvertes par la justice sur l'embauche par François Fillon (LR) et Bruno Le Roux (PS) de membres de leur famille et la réalité du travail effectué, il en va différemment.

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Ce jeudi 23 mars, Transparency France dévoile les réponses des candidats à un formulaire envoyé par l'ONG sur la question de la moralité et de la transparence de la vie publique. Par ailleurs, l'organisation fait 11 recommandations "prioritaires" pour améliorer la situation de la France dans ces domaines : renouvellement de la classe politique, encadrement du lobbying, financement de la vie politique, ou encore la prévention de la corruption au sein des collectivités locales.

Laurène Bounaud (Transparency France) : "C'est du népotisme"

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Sur l’emploi de proches par les parlementaires, la déléguée générale de Transparency France, Laurène Bounaud, estime que cette pratique est intolérable :

Ce n'est pas un problème de légalité pour le moment mais ça pose une question morale sur une pratique (…) qui jette une suspicion sur une pratique qui bénéficierait à la famille (des parlementaires) et sur laquelle on ne pourrait pas véritablement exercer un contrôle. Un système qui mènerait à des abus ou des dérives qui ne pourraient être condamnés.

Elle explique que la France est l’un des derniers pays à ne pas avoir interdit ces embauches et que les récentes affaires ont montré que cette habitude "n'est plus tolérée".

C'est une pratique qui, par le passé, était plus ou moins tolérée. On peut penser à de grands hommes politiques qui ont pu embaucher, de manière tout à fait transparente, des membres de leur famille. Et finalement, les gens ne se posaient pas la question, alors qu'aujourd'hui c'est de moins en moins admis. Surtout que d'autres voisins, qui nous sont très proches géographiquement, ont déjà légiféré sur le sujet depuis bien longtemps, et ont interdit ces pratiques qui sont appelées favoritisme familial ou népotisme. On est parmi les derniers et on est assez en retard sur la question. Généralement, on va légiférer et mettre fin à ces pratiques quand il y a un sursaut des citoyens puis de la classe politique. Et c'est ce qu'on voit aujourd'hui à l'œuvre. C'est plutôt encourageant. D'ici six mois à un an, j'imagine que ces pratiques auront totalement disparu.

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© Radio France - Camille Renard