Ballet Arépo de Maurice Béjart à l'Opéra de Paris, avec une maquette de l'Opéra Garnier, en mars 1986
Ballet Arépo de Maurice Béjart à l'Opéra de Paris, avec une maquette de l'Opéra Garnier, en mars 1986

Il était une fois l'Opéra Garnier

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L'Opéra Garnier, un monument d'avant-garde qui a fait école

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L'origine des mondes culturels | Un quartier de Paris porte son nom. Mais le rayonnement de l’Opéra Garnier dépasse très largement les frontières françaises. Retour sur les premiers pas d'une salle devenue mythique, fondée en 1875, classée monument historique en 1923 et marquée par des traditions encore très fortes.

"Charles Garnier invite à la féerie" en réussissant à "créer un univers allégorique" confiait récemment Claude Lévêque, artiste chargé des installations temporaires pour l’anniversaire des 350 ans de l’Opéra de Paris. Un journaliste des années 1960 a même qualifié de "palais de l’imaginaire" l’édifice, tant le nombre de ses couloirs et les mythes autour du bâtiment sont nombreux. L’architecte a voulu créer une véritable frontière visuelle entre la vie quotidienne et le monde de la rêverie et de l’imagination. Il a ancré son style au point qu’on appelle "Palais Garnier" son œuvre. Mais ce n’est pas seulement une prouesse architecturale. Cet opéra historiquement lié à la haute société et à la richesse a réussi à s’imposer comme un modèle incontournable qui a inspiré jusqu'à l'Opéra de Sydney. Pourtant, sa pérennité impressionnante aurait pu s’arrêter dès la genèse du projet. Retour sur la création d'une salle de légende, où a notamment été lancé le Boléro de Ravel, et réputée pour ses traditions toujours d'actualité.

Un attentat, un concours de génies et un incendie… 

14 janvier 1858, rue Le Peletier, plusieurs "machines infernales" explosent devant ce qui est encore à l’époque l’Opéra de Paris. Des opposants italiens, avec à leur tête Orsini, provoquent un carnage en voulant atteindre l’empereur. Bilan de l’attentat : 8 morts et environ 142 blessés. Le couple impérial s’en sort et Napoléon III décide dès le lendemain la construction d’un nouvel édifice. Ce drame a précipité le projet d'une nouvelle et plus grande salle de spectacle, au moment où Paris est bouleversé par les réformes du baron Haussmann. Ce nouveau lieu de rassemblement de la haute société se situera à un embranchement entre deux grands boulevards, pour éviter une nouvelle tentative d’attentat. 

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L'ancien opéra de Paris rue Le Peletier
L'ancien opéra de Paris rue Le Peletier

En 1860 est lancé le concours pour l’édification d’une "Académie impériale de musique et de danse". Le terrain en losange n’est pas adéquat mais il ne décourage pas les 171 prétendants venus de l’Europe entière. Ce concours attire les Parisiens et les provinciaux, et les médias suivent avec attention la compétition. Et c’est à la surprise générale que les favoris sont éliminés dès le premier tour. Après un an d’émulation, un jeune Parisien de 35 ans, prix de Rome mais très peu connu, l'emporte à l’unanimité : Charles Garnier

"On ne savait pas qui était Charles Garnier. Il avait très peu construit, un peu restauré.", explique le fin connaisseur du lieu Gérard Fontaine

3 min

On s'est aperçu que l'on ne pouvait pas laisser le chef de l’État arriver à l'Opéra au milieu de la foule. Il fallait construire du définitif et un des points principaux de la construction a été la sécurité, l’accueil du chef de l’État. (...) Pour la première fois à ma connaissance dans l'édification des monuments importants de Paris, on a organisé un concours. On murmure que Viollet-le-Duc avait inspiré cette idée pour éliminer celui qui était un peu prédésigné : l'architecte ordinaire de l'Opéra Le Peletier, Charles Rohault de Fleury. Toujours est-il qu'ils ont concouru tous les deux et qu'ils ont été éliminés au premier tour tous les deux. Cinq présélectionnés sont restés pour le deuxième tour et Garnier l'a emporté alors que l'on ne savait pas qui il était.                                                                                                                                                                      
Gérard Fontaine, auteur de plusieurs livres sur l'Opéra Garnier, interrogé sur France Musique par Philippe Venturini 

Dès la première pierre posée en 1862, le chantier ne va pas se dérouler comme prévu. Alors que le projet a été choisi avec un budget initial de 29 millions d’euros, le ministre des Finances impose une restriction budgétaire suivie d’une autre encore plus sévère par le Conseil des bâtiments civils. Il ne reste plus que la moitié de l’enveloppe originelle. En 1868, le projet s’arrête avant la fin par manque de fonds et deux ans plus tard la défaite de Sedan l'enterre. Le bâtiment est alors utilisé pendant trois ans comme entrepôt pour stocker de la nourriture. Mais surgit un autre drame qui va relancer l'idée. En 1873, l’opéra rue Le Peletier brûle. Cet incendie force les autorités à trouver une solution, et c’est sous la IIIe République que Charles Garnier voit son œuvre terminée. On lui donne dix-huit mois et une nouvelle enveloppe pour terminer son idée. Malgré la dispersion de ses anciens collaborateurs, l’augmentation des prix des matières premières, la mort d’artistes et les dommages subis par le bâtiment, il réussit à livrer l’Opéra Garnier pour 1875. Même si le rendu n’est pas identique à celui du plan de 1860, l’Opéra est né après quinze années de difficultés.

Retour sur la vie et l'oeuvre de Charles Garnier (1825-1898). Emission "Le mardi des auteurs", de janvier 2008, par Matthieu Garrigou-Lagrange et Annie Douel

58 min

Vue aérienne du quartier de l'opéra en 1906
Vue aérienne du quartier de l'opéra en 1906
© Getty - Paul Blondel

Un édifice se démarquant du nouveau Paris haussmannien

Charles Garnier prétendait aller à l’encontre de "la tristesse de l’urbanisme haussmannien". Il fait pour cela le choix d’une technique qui lui est propre. Les diversités chromatiques, matérielles et décoratives sont de mises. Son bâtiment est extrêmement chargé mais il garde une finesse suffisante pour permettre un ressenti d’élégance et de raffinement. À l’extérieur, l’or est déposé minutieusement pour souligner le travail des artistes sculpteurs. Ces nombreux détails architecturaux font de l'Opéra de Paris une perle pour les avertis des détails architectoniques. 

Dès que l’on passe les portes du Palais, on entre dans une autre dimension. L'Opéra n’est constitué que de pièces uniques et spectaculaires. Le Grand Escalier à double révolution en est peut-être l’exemple le plus connu puisqu’il est le symbole de la magnificence du monument. 

Le grand escalier
Le grand escalier
© Getty

Si l’on descend ce dernier, on peut se retrouver face au bassin de la Pythie : un petit théâtre dans un théâtre où deux silhouettes féminines accueillent chaque soir les spectateurs. Toujours dans cet esprit du rêve et de l’imagination, l’artiste Garnier a multiplié les pièces uniques en leur genre comme le plafond du soleil qui recouvre une salle elle-même couverte d’or. On pourrait également ajouter le Salon du glacier, la Rotonde des abonnés ou encore le Grand Foyer et son plafond classique d'origine signé par Paul Baudry.

"Un bâtiment qui contient jusqu'à Le Corbusier" et a inspiré le monde entier 

Sur le plan architectural, le bâtiment a été imaginé et dessiné pour ressortir du paysage urbain environnant. Charles Garnier a même modifié sa hauteur quand il a appris que les immeubles alentour grandissaient d’un étage. Le pari fut réussi car il est devenu un des lieux artistiques incontournables de la ville lumière. 

L'opéra s'élève au dessus du 9ème arrondissement de la capitale
L'opéra s'élève au dessus du 9ème arrondissement de la capitale

Mais la prouesse de Garnier est d'en avoir fait une référence. L'Opéra a en effet eu une influence incontestable sur ses compères construits dans les années suivantes. On peut citer le Théâtre Amazonas de Manaus, au Brésil, le projet initial du Théâtre Colón de Buenos Aires, le Théâtre Juliusz-Slowacki de Cracovie, en Pologne, l’Opéra de Lyiv, en Ukraine, ou l’Opéra de Hanoï, au Vietnam. Sans oublier l'oeuvre de Jørn Utzon à Sydney.

Cet écrin dessiné par Charles Garnier inscrit un peu plus encore la France et Paris dans une dimension artistique mondiale.

Teatro Amazonas de Manaus
Teatro Amazonas de Manaus

"C'est un bâtiment à l'avant-garde de beaucoup de choses, précise Gérard Fontaine. Il contient jusqu'à Le Corbusier. Quand vous analysez l'édifice, vous trouvez les cinq principes de Le Corbusier dans cette démarche, cinquante ans avant !" Et d'ajouter : "C'est aussi un bâtiment conçu pour la première fois comme l'accompagnement du spectacle qu'il contient. La salle fait partie du spectacle et réciproquement. C'est particulièrement nouveau et une des dimensions de visionnaire de Garnier. Avec comme objectif une oeuvre d'art totale.__"

"Il avait une vision perceptible de tous, les gens s'y inscrivaient, même les plus grand artistes". Charles Garnier vu par Gérard Fontaine

3 min

En 2015, l’architecte en chef et le directeur de l'Opéra de Paris ont mal calculé l’attachement à la maison, entraînant "l’affaire des loges". Les deux hommes se retrouvent poursuivis en justice pour "destruction de monuments historiques" après la création de 30 places supplémentaires qui ont supprimé des cloisons séparant les différentes loges.

La salle de Garnier comprend près de 2 000 places, contre 2 700 à l'Opéra Bastille
La salle de Garnier comprend près de 2 000 places, contre 2 700 à l'Opéra Bastille
© Maxppp - Xavier de Torres

Un ADN ancien et créateur d'une tradition unique

L'Opéra Garnier repose aussi sur une forte hiérarchie et des traditions bien particulières. Son organisation et l’accession à ses plus hautes marches se font suivant un parcours très établi. L'école de danse de l'Opéra national de Paris en est un des piliers. Elle a été créée en 1713 par Louis XIV sous le nom de Conservatoire de danse, et a évolué dans les locaux du Palais Garnier jusqu’en 1987. Malgré son déménagement à Nanterre, le lien est encore très fort : 95% de l’effectif de l'Opéra de Paris est issu de l’école. Les élèves appelés "petits rats" sortent après une formation qui se caractérise par sa rigueur et son professionnalisme. "Petits rats" car au XIXe siècle les jeunes élèves de l’école de danse avaient toutes des silhouettes très maigres et n’arrêtaient pas de courir en petits groupes dans les couloirs à la recherche de nourriture. De plus, les entraînements se faisaient dans les combles et les pas des jeunes enfants rappelaient les bruits que les rats faisaient en se déplaçant.

"Le Foyer de la danse à l'Opéra de la rue Le Peletier", peinture à l'huile d'Edgar Degas de 1872 exposée au musée d'Orsay
"Le Foyer de la danse à l'Opéra de la rue Le Peletier", peinture à l'huile d'Edgar Degas de 1872 exposée au musée d'Orsay
© Getty - Corbis Historical

Le premier à avoir employé ce terme, Nestor Roqueplan, journaliste et ancien directeur de l’Opéra de Paris, dira même : 

Le rat est enfant de l’école de danse, et c’est peut-être parce qu’il est enfant de la maison, parce qu’il y vit, qu’il y grignote, y jabote, y clapote, parce qu’il ronge et égratigne les décorations et troue les costumes. Parce qu’il cause une foule de dommages inconnus.

Les toiles et certaines statues d'Edgar Degas ont rendu compte d' un quotidien d'efforts et de souffrances.

Considérée comme l’une des meilleures écoles de ballet au monde, elle permet de se produire sur la scène de Garnier avant le concours d’admission et d’acquérir une technique inéluctable pour monter les échelons. La montée de grade dans cette hiérarchie immuable se fait par étape. De l’entrée dans le corps de ballet au titre d’étoile, il existe 5 titres : quadrille, coryphée, sujet, premier danseur et enfin étoile. 

Malgré certaines similitudes avec les autres ballets internationaux, cette classification est unique à l’Opéra de Paris, qui comprend le palais Garnier et l’opéra Bastille. Le ballet compte environ 150 danseurs dont 35 étoiles, femmes et hommes confondus.

Un lieu fantasmé

Un tel lieu a aussi vu se développer des rumeurs à son propos. Des mythes et des fantasmes qui servent une légende, indispensable à pareil monument historique. 

La première rumeur date de la construction même de l’édifice. Pour beaucoup, une rivière coulerait sous l'Opéra Garnier. Il existe en effet une vaste étendue d’eau sous le palais. Cette particularité architecturale n’a pas été conçue dans le but de rafraîchir les danseurs après les représentations, c’est une nécessité territoriale. Charles Garnier a aménagé les sous-sols parce qu’un bras de la Seine inondait régulièrement le terrain le rendant marécageux. Mais il ne s’est pas arrêté là. Il s’est servi de l’eau pour favoriser une meilleure répartition des poids du bâtiment. Le lac souterrain étant sous la scène, il fait office de lest. "La Grange-Batelière", comme on l’appelle, sert maintenant aux sapeurs-pompiers de Paris.

Le second mythe est le plus connu puisqu’il a un retentissement international. Les préludes datent de 1873, le jour de l’incendie de l’ancien Opéra de Paris : un pianiste aurait perdu dans les flammes sa fiancée, une ballerine du conservatoire. Défiguré, il aurait fini ses jours dans les souterrains de l’Opéra Garnier.

Cette fiction va acquérir une notoriété inespérée grâce à la publication en 1910 du roman de Gaston Leroux : Le Fantôme de l’Opéra. L’auteur s’inspire des tragédies se déroulant étrangement à la même période pour écrire son récit. C’est alors que la mort d’un spectateur due à la chute du grand lustre, le suicide d’un machiniste et la mort d’une danseuse dans les escaliers deviennent le centre de son intrigue, en les associant à la responsabilité d’Ernest, le fantôme. Une légende en a entraîné une autre. Les directeurs de l’époque recevaient des revendications particulières d’un individu : avoir la loge numéro 5 réservée et 20 000 francs par mois. Cette anecdote a définitivement ancré la légende du fantôme de l’Opéra. Le livre s’exportera sur tous les continents à des millions d’exemplaires, avec depuis la création de dizaines de musiques, comédies musicales, films, ou bandes dessinées et d'un ballet.

Une volonté de modernisation ancrée dans l’identité de l’institution

Le 8 rue Scribe se veut un savant mélange entre la promotion des traditions et l’anticipation des futures tendances artistiques, pour moderniser l’art total que représente l’opéra. Cette prétention est à la hauteur du rang que l’institution se vante d’occuper dans l’échelle des théâtres lyriques mondiaux. 

La première modernisation est probablement la plus marquante : le changement de plafond de la salle de spectacle. En 1964, le ministre des Affaires culturelles, André Malraux, confie au peintre soviétique installé en France Marc Chagall la mission de refaire le plafond principal. Le plafond est livré un an après et offre à l’institution un souffle de modernité. C’est une fresque de 220 m² révélant un panaché de couleurs flamboyantes qui surplombe la salle et ses célèbres sièges de velours rouge. 

Plafond peint par Marc Chagall
Plafond peint par Marc Chagall
© Getty - Kenneth POULSEN/Gamma-Rapho

Accusé de rompre l’unité architecturale du bâtiment et de bafouer l’œuvre imaginée par Charles Garnier, Marc Chagall fut soutenu par la direction de l’Opéra et le gouvernement qui ne lui verseront pas un seul franc pour sa réalisation. L'artiste a en effet œuvré bénévolement, avec pour seul objectif d’embellir la salle par son art. Les accusations de destruction du patrimoine sont vaines puisque le plafond d’origine est conservé sous des plaques de polyester sur lesquelles l’artiste a peint. Le plafond d’origine de Jules-Eugène Lenepveu existe donc toujours. Le bâtiment a su s’offrir une dose de modernité sans renier son passé, qui plus est en lui rendant hommage. Effectivement, Marc Chagall était mélomane et sa fresque a été pensée pour sublimer et rappeler 14 œuvres et leurs artistes, entourés des monuments de la capitale comme la Tour Eiffel, l’Arc de Triomphe ou l’Opéra lui-même. La fresque mélange ainsi elle-même tradition et modernité puisque son style novateur est en décalage avec le reste du mobilier et n’est en réalité qu’une ode à l’art lyrique fondateur du lieu. Les années ont passé et la fresque ne fait plus qu’un avec l’Opéra.

Ce plafond introduit dans l'Opéra la couleur et la lumière. Il s'intègre admirablement dans le cadre de la vieille salle et il y introduit quelque chose de neuf qui rendra à cette salle un attrait plus vivant. A vrai dire, je me demande des fois depuis que j'ai vu ce plafond si auparavant il y avait un plafond à l'Opéra ? Qui le sait ?                                                                    
Georges Pompidou

Le pari audacieux Noureev

Garnier a également su évoluer avec son temps en opérant des choix artistiques audacieux sans jamais risquer de perdre son socle d’abonnés. La maison a donc su prendre avec brio le virage artistique qu’imposait le développement de la danse contemporaine, et a même été un moteur de son développement. Le choix de nommer Rudolf Noureev au poste de maître de ballet et directeur de la danse en est l’illustration parfaite. De 1983 à 1989, le prodige soviétique réfugié en France va se voir offrir le poste le plus prestigieux pour un chorégraphe et danseur. À la tête du ballet, il va revisiter tous les plus grands classiques en y intégrant des variations pour hommes conséquentes. Il bouscule la hiérarchie du corps de ballet. De plus, le savoureux mélange entre la danse classique et la danse contemporaine rend ses compositions scéniques uniques et transforme l’image de l’Opéra de Paris. 

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Des chorégraphes comme Maguy Marin ou bien William Forsythe font leur entrée, non sans contestations internes, mais sont soutenus par le "seigneur de la danse". Ils participent à rendre le ballet de l’Opéra de Paris connu et reconnu internationalement grâce à une possibilité chorégraphique multiculturelle et polyvalente. De nos jours, la scène contemporaine est associée à l’opéra Bastille, pourtant c’est bien à Garnier que le début de l’histoire s’est écrit et les nouvelles compositions contemporaines ne manquent pas. 

Aurélien Poidevin, historien et écrivain du livre "Opéra Garnier" publié en 2014

"La capacité de rayonner de l'Opéra Garnier n'est pas acquise et elle a été remise en question"

3 min

Ce qui caractérise l’institution Opéra de Paris, c’est que c’est un théâtre de répertoire. […] Ce « fond d’œuvre » à l’Opéra de Paris est amené à être questionné dans la société du temps présent, et donc il faut le réactualisé. […] Il arrive qu’on ait recours à la création. C’est une des missions de l’établissement de faire du répertoire, de se positionner comme un conservatoire vivant du spectacle et par ailleurs de passer commande à des artistes qu’ils soient compositeurs ou metteurs en scène, pour des œuvres nouvelles afin d’enrichir ce répertoire.

Le directeur actuel de l’Opéra de Paris, Stéphane Lissner, a souhaité dès son arrivée ouvrir au plus grand monde les portes de la salle aux velours rouges. En 2017, 4% seulement de la population s’est rendue à l’opéra, d'après lui. C’est dans cette optique de modernisation et de démocratisation que la « Troisième Scène » a été créée en 2015 . Ce site internet entièrement composé de contenus gratuits a enregistré 4 millions de vues en 2 ans. 

>> Découvrez aussi sur le site de France Musique la série d'été L'Opéra de Paris, toute une histoire