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La Bolivie de l'après Morales va-t-elle s'épargner une nouvelle crise politique ?

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Des partisans du Mouvement vers le socialisme (MAS) font du vélo lors d'un rassemblement électoral à El Alto, en Bolivie, le 26 septembre 2020, au milieu de la pandémie de Covid-19.
Des partisans du Mouvement vers le socialisme (MAS) font du vélo lors d'un rassemblement électoral à El Alto, en Bolivie, le 26 septembre 2020, au milieu de la pandémie de Covid-19.
© AFP - Aizar Raldes

La face cachée du globe. 7, 2 millions d’électeurs boliviens sont appelés aux urnes le 18 octobre prochain. Mais si pour cause de Covid, les candidats ou leurs partisans circulent en voiture ou en vélo pour se rapprocher des électeurs, cette campagne n'est pas épargnée par la violence.

Dans un pays où la pandémie de Covid-19 a infecté 134 650 personnes et en a tué 7 931, les partis politiques ne peuvent tenir les grands défilés et rassemblements traditionnels. Mais si les candidats ou leurs partisans  circulent en voiture, voire en vélo, pour se rapprocher des électeurs, cette campagne n'est pas exempte de violences. Le bureau de l'ONU à la Paz a condamné les récents épisodes de violence qui ont entravé la campagne et visé toutes les mouvances politiques.

Les tensions politiques sont plus grandes à mesure que l'on se rapproche du scrutin présidentiel du 18 octobre. La précédente élection en octobre 2019 avait été annulée à la suite d'accusations de fraudes contre Evo Morales. L'ex Président, au pouvoir depuis 2006,  briguait un 4e mandat. Il a fini par démissionner sous la pression de la rue mais aussi lorsque l'armée et la police ont décidé de le lâcher. Il se trouve aujourd'hui en Argentine.

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À moins de quinze jours d'un nouveau rendez-vous électoral, destiné à choisir un Président, un vice-président, et à renouveler les 166 membres du parlement, son dauphin et candidat de son parti, le MAS (Mouvement vers le socialisme, Movimiento al Socialismo), l'économiste Luis Arce est en tête des intentions de vote. Un vote plusieurs fois reporté mais qui ne s'annonce pas pour autant serein.

Correspondance d'Alice Compaignolle à La Paz.

Plongée dans la crise sanitaire liée au coronavirus, la Bolivie, en campagne électorale, va-t-elle connaitre une nouvelle crise politique ?

Ce vote s'annonce agité après les événements de l'an passé qui ont été très violents et qui ont révélé un pays divisé après un an de gouvernement intérimaire entaché par des scandales de corruption. Et après six mois de quarantaine, la tension est à son comble. 

Lors des événements de campagne, par exemple, les militants des différents partis se croisent parfois et s'affrontent dans la rue avec des insultes ou des coups. 

Au sein du gouvernement intérimaire, c'est aussi la discorde, trois ministres viennent de démissionner cette semaine pour des désaccords avec la politique de la Présidente [Jeanine Áñez, Ndlr].

Et dans la rue, les gens sont inquiets, inquiets des violences qui sont à prévoir, des blocages qui auront certainement lieu et des grandes démonstrations de force des différents partis.

Revue de presse internationale
5 min

Vous décrivez une campagne agitée, une situation sanitaire et économique désastreuse, mais la Bolivie est dirigée par une présidente par intérim, non élue, qui s'est retirée de la course, or il s'agissait de ne pas reporter une nouvelle fois l'élection présidentielle. 

Les élections ont été plusieurs fois repoussées en raison de l'épidémie cette année et finalement, cette date du 18 octobre a été choisie par le tribunal électoral contre l'avis de la Présidente. En effet, la Bolivie vient de vivre le pic de l'épidémie de coronavirus. 

Mais des voix se sont fait entendre en août dernier pour réclamer des élections le plus rapidement possible, car le pays est dirigé actuellement par des autorités qui n'ont pas été élues. 

Surtout, la Covid a laissé l'économie du pays aux abois et cela influencera donc le vote. Au delà des habituels thèmes de campagne, comme la santé ou l'éducation, la question : "Que fera le candidat pour redresser le pays ?" est une question clé pour les votants.

Des tendances se dessinent déjà, ne risque-t-on pas à nouveau d'être confronté à une question de défiance vis-à-vis de ce scrutin ?

Selon les dernières enquêtes, le premier parti de Bolivie reste le MAS (Mouvement vers le socialisme). Le parti d'Evo Morales et son candidat, Luis Arce, qui a été ministre de l'économie pendant plus d'une décennie, rassemble 30,6 % des voix. 

Cela l'amènerait à un second tour face à Carlos Messa, de centre droit, qui obtiendrait 25 % des suffrages.

Enfin, il y a un outsider, Fernando Camacho, conservateur représentant l'extrême droite qui s'est fait connaître l'an passé pour avoir pris la tête des manifestations anti-Evo. Il est le nouveau venu de cette élection. Il ne faut pas oublier que les Boliviens n'ont pas confiance en leur système électoral. Beaucoup sont convaincus, peu importe leur couleur politique, qu'une fraude sera organisée.

Revue de presse internationale
4 min

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Des véhicules de la Force des Nations Unies pour le maintien de la paix (FINUL) patrouillent dans la région de Naqura, au sud de la ville libanaise de Tyr, à la frontière avec Israël, le 2 octobre 2020.
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© AFP - Mahmoud Zayyat

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© AFP - Zaid AL-Obeidi

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Avec la collaboration de Caroline Bennetot