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La carte politique de l'avortement aux Etats-Unis

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L'application de l'avortement Etat par Etat, corrélée à la couleur politique dominante
L'application de l'avortement Etat par Etat, corrélée à la couleur politique dominante
© Radio France - Camille Renard

carte. Donald Trump vient de signer un décret interdisant le financement d'ONG qui soutiennent l'avortement. Une mesure fidèle à l'agenda conservateur américain. Notre carte fait le point sur la possibilité d'avorter Etat par Etat, et la fracture qu'elle représente entre républicains et démocrates.

Au quatrième jour de son mandat, lundi, Donald Trump a signé un décret interdisant le financement fédéral d'ONG internationales qui soutiennent l'avortement. Cette signature a lieu le lendemain de l'anniversaire de l'arrêt emblématique qui a légalisé l'avortement aux États-Unis en 1973, le "Roe V. Wade". Il a aussi lieu deux jours après les " Women's March", alors que des millions d'Américaines et d'Américains manifestaient pour défendre les droits des femmes.

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L'avortement, élément identitaire des bases électorales républicaine et démocrate

Sujet brûlant de controverses, l'avortement n'a jamais été aussi peu pratiqué depuis sa légalisation il y a 40 ans. Jamais aussi politisée non plus, l'IVG reste la bête noire d'une droite évangélique puissante. La règle de financement des ONG internationales que Donald Trump vient d'interdire est un marqueur de l'opposition entre républicains et démocrates sur l'avortement. Introduite par Ronald Reagan en 1984, cette interdiction est levée par Bill Clinton en 1993, rétablie par George W. Bush en 2001, puis à nouveau supprimée par Barack Obama en 2009.

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Plus largement, les 288 restrictions législatives introduites localement entre 2011 et 2015 sont concomitantes à l'arrivée des républicains au pouvoir dans une dizaine de nouveaux États en 2010. Ces restrictions récentes concernent avant tout deux catégories : la loi Obama d'assurance maladie, qui sert de prétexte pour ne pas rembourser la contraception et l'avortement, et les exigences concernant les locaux où peuvent être pratiqués les avortements. Même la largeur des couloirs est précisée, ce qui conduit à la clôture de dizaines de centres ne répondant pas à ces normes drastiques.

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Les six États les plus restrictifs en matière d'avortement sont tenus par les républicains (Louisiane, Mississippi, Oklahoma, Arizona...), alors que les sept États les plus permissifs (Oregon, Washington, Vermont...) sont tous aux mains des démocrates. Cette fracture suit le clivage entre États côtiers (côte est et côte ouest) d'une part, où l'avortement est historiquement mieux protégé, et les États du centre du pays d'autre part.

"Women's March" à Washington, 21 janvier 2017
"Women's March" à Washington, 21 janvier 2017
© AFP - Samuel Corum

Les 10 catégories de mesures limitatives de l'avortement retenues concernent :

  • la couverture d'assurance maladie,
  • le terme de la grossesse,
  • l'accord parental pour les mineures,
  • les équipements hospitaliers et le statut des praticiens,
  • le temps d'attente et la consultation obligatoire,
  • le nombre de praticiens autorisés,
  • la régulation ciblée des praticiens,
  • les exigences d'ultrasons,
  • le financement public, l'interdiction de l'avortement non exécutoire par Roe.

C'est en combinant ces 10 indicateurs que le Guttmacher Institute élabore un indice de restriction de l'avortement aux États-Unis, qui permet de classer les pays selon leur respect de diverses règles hybrides.

Source : Guttmacher Institute, institut de recherche fournissant des statistiques sur le contrôle des naissances et l'avortement, qui met à jour les dernières législations par État. Taux d'équipement pour l'année 2011. État des législations au 1er décembre 2015. Couleur politique de chaque État en mars 2016.