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La Commune de Paris en 10 émissions

Barricades érigées par les communards pendant la Semaine Sanglante du 22 au 28 mai 1871 durant laquelle les troupes versaillaises de Thiers et Mac Mahon réprimeront l'insurrection
Barricades érigées par les communards pendant la Semaine Sanglante du 22 au 28 mai 1871 durant laquelle les troupes versaillaises de Thiers et Mac Mahon réprimeront l'insurrection
© Getty - Universal History Archive/Universal Images Group

France Culture éducation. 72 jours chaotiques d'incendies et de barricades ? Un bouleversement social, politique, moral ? Une tentative pour administrer la ville autrement ? A l'occasion du 150e anniversaire de la Commune de Paris, 10 émissions pour plonger dans l'histoire de l'insurrection du printemps 1871.

Pour son 150e anniversaire, la Commune de Paris est toujours vivante. Dernière révolution française en date, elle est aussi l'une des plus sanglantes guerres civiles de l’histoire contemporaine. Convoquée par des mouvements sociaux, Nuit Debout en France, les Indignados en Espagne, ou aux États-Unis par le mouvement Occupy, elle est devenue une référence politique dans le monde entier. Quand on la nomme, surgissent les figures de Louise Michel, Eugène Varlin ou Gustave Courbet. Mais aussi des images de barricades, de l'incendie des Tuileries, l’air du Temps des cerises et la plaque du cimetière du Père Lachaise sur le Mur des Fédérés. Mais que s'est-il passé à partir du 18 mars 1871 ?

Paris voit ses arrondissements populaires se soulever et faire front contre le pouvoir central, pendant les 72 jours que durera cette insurrection populaire. Mais la Commune est aussi un moment d’intense bouleversement, tant au plan politique, moral, et quotidien. Avec cette révolution, c’est l’ordre social qui s’ébranle, et que les communards et les communardes entendent réinventer. Si la vision chaotique de cet épisode historique - liée aux représentations des barricades et de la Semaine sanglante, du 21 au 28 mai 1871, qui verra la défaite des communards - a longtemps prévalu, la Commune ne fut pas pourtant pas qu'une longue bataille. Elle fut aussi un régime d'administration des Parisiens et des Parisiennes ; une "Ville libre" qui chercha à s'inventer sur des bases improvisées. 10 émissions pour retracer l'histoire d'une guerre civile, mais aussi d'un programme politique révolutionnaire qui nous interpelle encore aujourd'hui.

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En mars 1871, les Parisiens sortent d’un sale hiver, une année terrible celle de la guerre franco-germanique qui s’achève par un siège de la ville de quatre mois. Napoléon III a perdu cette guerre et l’empire s’est effondré avec lui. Une république a été proclamée à la va-vite qui tarde à démontrer ses vertus protectrices et démocratiques, mais signe la capitulation le 28 janvier face au gouvernement impérial allemand. Alors que l’armée de Bismarck l’encercle encore, la ville lumière ne contient plus sa colère. Le 18 mars, une émeute éclate à Montmartre alors que l’armée tente de s’emparer des canons de la Garde nationale. La Commune de Paris est déclarée dans la foulée tandis que le gouvernement et l’Assemblée nationale fuient Paris pour s’installer à Versailles. Une guerre civile commence entre deux conceptions de la République en France…

À réécouter : La commune, une vraie guerre civile

Née le 18 mars 1871, la Commune de Paris organise aussitôt des élections municipales pour désigner ses représentants et met en place des réformes d’une subversion sociale inédite tout en se référant aux révolutions précédentes : celle de 1789, mais aussi celles de 1830 et de 1848. Les communards et les communardes n’auront que 72 jours pour esquisser leur société idéale : la bonne République, la Sociale, celle qui rend la vie plus belle, et pas seulement pour quelques-uns.   

À réécouter : La Commune, plus belle la vie

Qui sont les communardes et les communards qui ont signé de leur sang cette dernière révolution française ? Ce documentaire propose un portrait de ceux qui ont animé la Commune de Paris à travers leurs procès et la légende noire que leurs vainqueurs ont tissée après "la Semaine sanglante" et qui comptent peu de héros ou héroïnes à l’exception de Louise Michel, devenue la figure sensationnelle d’une insurrection qui vouait un culte à l’action collective.

À réécouter : La Commune, une photo de famille

D'origine hongroise, Léo Frankel fut le seul élu étranger de la Commune de Paris et le plus jeune des communards. Défenseur obstiné de la cause des travailleurs, il joua un rôle de premier plan durant les 72 jours de l'insurrection. Cette émission du Cours de l'histoire se penche sur le parcours et la pensée politique d'un jeune militant du socialisme international dont la mort prématurée a fait un symbole et un martyr, parfois au prix de dangereuses récupérations.

À réécouter : Léo Frankel, trajectoires d’un communard

Institutrice, militante anarchiste et socialiste, Louise Michel (1830-1905) pris une part active à la Commune en 1871. Celle qui fut en son temps une célébrité, un symbole, une icône, et même l’objet d’un véritable culte au point que 120 000 personnes se pressèrent à son enterrement en 1905, eut une vie foisonnante et mouvementée. Cette conférence de Xavière Gauthier, biographe et éditrice de plusieurs textes de Louise Michel, tente de faire découvrir la vérité du personnage derrière sa légende, au prisme de l'œuvre poétique d’une écrivaine qui très tôt, sut faire le lien entre les différentes formes d’oppression, celle du peuple et celle des femmes notamment.

À réécouter : "Le fol et unique espoir de Louise Michel jeune fille, c’était d’être poète, comme son idole, Victor Hugo"

A partir de 1871, après les incendies de la Commune, les voyageurs se pressent par milliers pour visiter les ruines des Tuileries ou de l’Hôtel de Ville. Paris apparaît alors à une partie de l’Europe comme une sorte de Pompéi moderne.

À réécouter : Paris en ruines, attraction touristique de l'été 1871

Drapeaux rouges, barricades, Parisiens et Parisiennes en godillots, uniformes de la Garde nationale, canons, cadavres ensanglantés, colonne Vendôme abattue et jusqu'au visage sévère de Louise Michel : les images de la Commune sont nombreuses, certaines sont devenues de véritables clichés de l'événement. Cette émission du Cours de l'histoire explore cette iconographie foisonnante, composée de gravures, lithographies, imprimés, dessins, photographies, sculptures, etc.

À réécouter : Clichés de la Commune

Après l'écrasement de la Commune de Paris en mai 1871, des milliers d'insurgés sont déportés en Nouvelle-Calédonie : c'est ce que l'on appelle la "guillotine sèche". Parmi eux, Louise Michel connaîtra l'exil dans cette toute jeune colonie française.

À réécouter : La déportation des communards

Comment la mémoire de la Commune a-t-elle été construite ? Comment expliquer la capacité mobilisatrice, aujourd'hui encore, d'une insurrection écrasée dans le sang ? Quels ont été les acteurs de cette construction mémorielle ? Cette émission du Cours de l'histoire explore les ruines de la Commune de Paris afin de comprendre ses usages mémoriels de 1871 à nos jours.

Longtemps reléguée à un passage obligé de la commémoration de gauche, la Commune de Paris resurgit dans les mouvements sociaux qui veulent rompre avec les intermédiaires traditionnels, les partis politiques et les syndicats fondés au XXe siècle. Ce documentaire propose de revenir sur la postérité changeante qu'a connu la Commune au cours du XXe siècle et analyse la façon dont celle-ci se trouve convoquée aujourd’hui au sein de nombreux mouvements sociaux contemporains.

À réécouter : La Commune, ruines et postérité