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La Commune et Nuit Debout : le jeu des 7 différences

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Dans le métro, "République" est remplacée par "La Commune"
Dans le métro, "République" est remplacée par "La Commune"
- Christian Rodriguez (@christianpdg)

À Nuit Debout, la Commune de Paris, qui s'est terminée par la Semaine sanglante il y a 145 ans, est régulièrement invoquée. Dans le métro, la station République a même été recouverte par un autocollant "La Commune - Jour et Nuit Debout". La filiation est-elle historiquement pertinente ? Entretien.

Spécialiste de la Révolution et de la citoyenneté, elle connaît l'histoire de la Commune de Paris sur le bout des doigts. Mathilde Larrère est historienne (enseignante chercheuse à l'université de Paris-Est Marne la Vallée) et nuit-deboutiste. Également participante active au mouvement Nuit Debout, elle a accepté de décrypter celui-ci à l'aune des événements de la Commune, dont Nuit Debout se réclame souvent. Avec quelques réserves cependant : "Le contexte est tellement différent que la comparaison est forcément faussée, ou au moins très artificielle. Après, on peut dégager des grandes catégories, mais ça ne veut pas dire grand chose." En tout cas, l'occasion est belle de prendre le prétexte de ces revendications pour se remémorer l'Histoire de la Commune.

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1. Les assemblées générales

24 mai, incendie de l'Hôtel de Ville -
24 mai, incendie de l'Hôtel de Ville -
- Lithographie de Léon Sabatier et Albert Adam pour Paris et ses ruines, 1873

Pas d'assemblées générales pendant la Commune, qui élit assez rapidement un Conseil municipal, sur demande du comité de la Garde nationale, et l'établit à l'Hôtel de Ville. L'essentiel des discussions s'y tient, et les décisions y sont prises à l'issue de très longues délibérations : "On dit parfois que la Commune a fait peu de choses, mais c'est parce qu'elle discutait énormément de ce qu'il y avait à faire, recevait des délégations..." Le débat est donc très centralisé, même si l'on trouve, dans les différents arrondissements, des lieux où la parole politique est vivante : dans des associations de femmes qui prodiguent des soins aux blessés par exemple, ou dans les compagnies de la Garde nationale. L'idée d'une reprise de la parole par le peuple est présente, même si... "les communards ont beau critiquer l'Assemblée qui avait été élue par la nation dans son ensemble en février 1871, il ont recours à l'élection pour former le Conseil municipal, donc on n'est pas non plus concrètement dans une forme de démocratie directe."

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"Il y a dans les deux cas cette idée de prendre le pas sur une représentation dont on n'a plus l'impression qu'elle représente quoi que ce soit, en dehors d'elle-même."

La Commune de Paris doit régler l'urgence sociale. Car la Ville sort du siège prussien (hiver 1870-1871) et se voit de nouveau prise en étau par les Versaillais. Il s'agit de prendre à bras le corps des problèmes de logement détruits par les Prussiens : "Une grande partie de l'oeuvre sociale de la Commune est une oeuvre d'urgence face à une situation qui s'est dégradée du fait de la guerre, et du fait que Paris est isolée du reste de la France à ce moment là."  Les discussions sont donc très pragmatiques, et ont lieu dans l'urgence, dans un contexte de pression : "La gestion de la guerre, c'est ça qui va terriblement occuper les communards. Par ailleurs il y a aussi la volonté de créer des institutions nouvelles, de séparer l'Eglise de l'Etat, de rendre l'école gratuite, laïque et obligatoire... un programme républicain en fait."

Quant au mouvement Nuit Debout, s'il fonctionne davantage sur un principe de démocratie directe, il ne prend pas de décisions impactant directement l'ensemble de la vie des Parisiens. Il s'illustre par sa grande plurivocité, d'une assemblée à l'autre, d'une commission à l'autre, avec des discussions aboutissant à des actions concrètes, comme venir en aide aux réfugiés à Stalingrad ou s'occuper de problèmes de logement ("Au début, Nuit Debout était assez liée avec le Droit Au Logement, pour régler les problèmes immédiats d'un certain nombre de personnes"), mais aussi, l'absence de pression le permettant, à des considérations plus vastes et beaucoup plus abstraites, comme réfléchir à une nouvelle Constitution, "construire un monde nouveau".

2. L'essaimage

La Commune de Paris, aux départements
La Commune de Paris, aux départements

En 1871, les nouvelles circulent très vite grâce au télégraphe, et la Commune gagne quelques localités à partir des 19, 20, 21 mars (dans les deux-trois jours qui suivent celle de Paris) : Lyon, Saint-Etienne, Narbonne, Toulouse, Le Creusot... En effet, lorsque les groupes républicains radicaux, ou les socialistes internationalistes, ont vent du mouvement et apprennent que les armées ont quitté Paris, qu'un pouvoir issu du peuple a été proclamé, cela fait des émules : "On a des communes de province dans les grandes villes, ou les villes ouvrières, des villes qui ont des traditions de résistance ouvrière et qui étaient déjà assez radicalisées depuis la chute de l'Empire. En septembre 1870, elles ont déjà connu des épisodes quasi-insurrectionnels."

Mais ces Communes de province sont très vite écrasées et ne durent pas plus d'une dizaine de jours (au maximum), car elles sont complètement coupées de la base rurale, qui ne se mobilise pas : les mouvements sont réprimés par les forces de l'ordre, ou s'effondrent d'eux-mêmes, faute de pouvoir rallier à leur cause.

Hotel de Ville de Saint-Étienne, le 24 mars 1871
Hotel de Ville de Saint-Étienne, le 24 mars 1871

Nuit Debout essaime bien davantage. "Mais c'est beaucoup moins insurrectionnel, donc ça reste dans des cadres qui sont beaucoup plus tolérables par le pouvoir." Dans les grandes villes, des Nuits Debout appliquent le modèle parisien, avec des commissions importantes. Certaines d'entre elles ont des traditions radicales comme Rennes, Nantes, Toulouse... "La nouveauté de Nuit Debout qui était impensable au moment de la Commune tout simplement parce que la banlieue n'existait pas à cette époque, c'est aussi l'essaimage à Vitry, Créteil, Saint-Denis... Certaines de ces villes étaient déjà des villes ouvrières, mais la grande majorité étaient des villages ruraux."

Des Nuits Debout fleurissent également un peu partout en Europe, et ailleurs sur le planisphère : Buenos Aires, Montréal etc."Mais là c'est plus la forme qui est reprise, ce n'est pas exactement la même chose non plus. Maintenant, en Algérie, en Espagne, il y a eu des mouvements communaux, qui pouvaient s'inspirer de la Commune aussi."

L'instantanéité des réseaux sociaux favorise-t-elle une mobilisation à grande échelle ? "Oui et non. Ne pas savoir, c'est aussi donner beaucoup plus de place à l'imaginaire. Imaginer que Paris est tout entière gagnée à la révolution, ça nourrit les enthousiasmes. Les réseaux sociaux montrent aussi que Nuit Debout n'est pas une révolution, ça peut aussi décourager..."

"Dans tous ces espaces, français ou internationaux, où des groupes ont des désirs de radicalité, savoir que quelque part, quelque chose est en train de se dérouler, donne envie du passage à l'acte. C'est pour ça que la grande majorité des révolutions se diffuse très vite. 1848, c'est une révolution qui essaime dans toute l'Europe."

3. Détruire les symboles de l'oppression

Les ruines de la colonne Vendôme, par Disdéri
Les ruines de la colonne Vendôme, par Disdéri

Dans les destructions marquantes de la Commune, celle de la colonne Vendôme, symbole de l'Empire, et celle de l'hôtel particulier du chef du gouvernement et de l'exécutif versaillais, Adolphe Thiers : "ll est d'abord pillé. Les communards prennent tout le linge de la maison de Thiers et le donnent aux ambulances et hôpitaux de la Commune."

Côté Nuit Debout, les symboles de l'oppression malmenés sont tout autres : les casseurs ou tagueurs s'en prennent surtout aux vitrines de banque. Des destructions qui ne sont pas nouvelles, pas propres à Nuit Debout, et qui s'inscrivent dans une critique beaucoup plus vaste du capitalisme. De son côté, la Commune "n'a même pas pris l'argent de la Banque de France, elle lui a fait un prêt, donc il n'y a pas du tout cette dimension de la critique du système bancaire à cette époque." Notons aussi que le scandale des Panama Papers, qui a éclaté au moment de la mise en place de Nuit Debout, a accru le ressentiment contre les banques.

"La Commune est essentiellement un mouvement républicain, né après l'effondrement d'un Empire, et qui s'oppose à une Assemblée monarchiste."

A écouter : l'histoire des ruines de la Commune de Paris

4. La réaction des forces de l'ordre

Le 18 mars 1871, le matin, les troupes chargées de récupérer les canons de la Ville de Paris prennent du retard et se font coincer par le peuple à Montmartre. Parmi cette population qui les encercle, des femmes et des enfants. Le général Lecomte demande à ses troupes de tirer sur le peuple, mais les gardes nationaux refusent de s'exécuter. Dans l'après-midi, Thiers, craignant les fraternisations, retire toutes les troupes de Paris. Seule la Garde nationale reste dans la ville, mais il s'agit d'une garde citoyenne, issue du peuple, et qui se bat à ses côtés. "Mais lors de la Semaine sanglante, il n'y a pas une seule fraternisation. C'est une boucherie, au point que les chefs militaires, pour s'assurer que les soldats tiraient bien sur le peuple, les renouvelaient toutes les demi-heures, temps au bout duquel les soldats pouvaient commencer à avoir des scrupules."

Cadavres de Communards fusillés par les Versaillais, disposés dans des cercueils
Cadavres de Communards fusillés par les Versaillais, disposés dans des cercueils
- Disdéri

Quid, pour Nuit Debout ? D'un côté, la violence policière est dénoncée, au point que la France a été récemment mise à l'amende par l'ONU pour son niveau de violence "excessif" dans la répression. De l'autre, les réseaux sociaux croient parfois voir des signes de fraternisation de la part des CRS. Certains, par exemple, auraient enlevé leurs casques devant l'Assemblée nationale lors de la manifestation du 12 mai. Mais Mathilde Larrère, qui était présente au moment des faits, les nuance. "Du côté de l'Assemblée nationale, les CRS n'ont jamais enlevé leurs casques, ils ont gazé et lancé des grenades. De l'autre côté du Pont de la Concorde, les militants étaient très peu nombreux et tellement non-violents qu'à un moment, les policiers ont retiré leurs casques et remis leurs calots. Des tweets s'en sont félicités. Après, ce sont aussi des stratégies de communication pour appeler les autres CRS à fraterniser. Mais il aurait suffit qu'on se remette debout et qu'on manifeste pour qu'ils remettent leurs casques..." En revanche, certains membres de la police ont pris leur distance avec la répression policière,  via la presse : "Le secrétaire général de la CGT police a accordé une interview à L'Humanité, il y a aussi un CRS qui a témoigné de son mal-être dans le journal Politis... Certains doutent mais ils sont pris dans des chaînes de commandement qui sont difficiles."

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5. La place des femmes

Commune de Paris : la barricade des femmes, Place Blanche
Commune de Paris : la barricade des femmes, Place Blanche

Pendant la Commune, les femmes sont actrices. Elles jouent un rôle important, mais très genré, comme traditionnellement à cette époque. On leur confie les tâches d'assistance, de ravitaillement, de secours aux blessés... "Elles s'occupaient des cantines et de l'aide sociale. Certaines ont pu aussi monter des écoles." Elles réclamaient le droit de porter des armes, de former des bataillons de la Garde nationale, ce qui leur était refusé. Certaines l'ont pris malgré tout, constituant même une barricade de femmes lors de la Semaine sanglante. Mais lors de l'élection du Conseil communal, elles n'obtiennent pas le droit de vote. "Les femmes ont tu leurs revendications féministes dans le souci de faire passer d'abord les revendications sociales et politiques de la Commune. Malgré tout, elles obtiennent la reconnaissance du statut des filles-mères, des enfants illégitimes... Et dans les ateliers gérés par la Commune, a été proclamée l'égalité des salaires hommes/femmes, mais pas d'obtention de droits politiques."

A Nuit Debout, les femmes ont été rapidement présentes et une Commission féministe s'est créée, essayant d'imposer la parité dans les prises de parole. "On a beaucoup glosé parce qu'il y avait des réunions non-mixtes... Mais c'est une tradition du mouvement féministe. Le MLF était un mouvement non-mixte depuis les années 1970, il y a ce discours d'autonomie et de séparation conçu comme provisoire, mais nécessaire à l'expression des femmes."

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6. La musique

Si le lieu de pouvoir était l'Hôtel de Ville, les communards avaient assez logiquement occupé les Tuileries. S'y organisaient fréquemment des concerts à la fois patriotiques, et destinés à récupérer des dons. Car contrairement à de nombreux écrivains, les musiciens voyaient plutôt la Commune d'un bon œil.

Commune de Paris : concerts aux Tuileries
Commune de Paris : concerts aux Tuileries

Le principal organisateur de ces concerts était le citoyen docteur Rousselle, "directeur des ambulances de la République universelle", très fameux à l'époque : "Il organise aux Tuileries, dans le salon des maréchaux, trois grands concerts, avec des chants, des lectures, des petites pièces. Le premier, le 6, se fait au profit des veuves et des orphelins. Une célèbre chanteuse de l'époque, la Bridas, y chante 'La Canaille', une chanson populaire révolutionnaire écrite en 1865. Elle est bissée plusieurs fois."

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"Comme on avait refusé du monde le 6, Rousselle fait un autre concert le 11, pour les blessés de la Garde nationale cette fois. On lit du Hugo, et on rechante 'La Canaille'. Le 14 mai a lieu un autre concert célèbre, mais cette fois au café-concert des Porcherons. Le 21 mai, on assiste à un dernier grand concert patriotique accompagné d'une collecte de fonds."

A Nuit Debout, la musique joue aussi un grand rôle, la création d'Orchestre Debout le prouve, qui a réuni le 20 avril trois cent cinquante musiciens amateurs et professionnels, et a fait résonner la Symphonie du Nouveau monde de Dvorák sur la Place de la République. Un événement très médiatisé sur les réseaux sociaux, et qu'il était possible de suivre en direct sur l'application vidéo Périscope. Depuis, Orchestre Debout a réitéré la performance, le 30 avril avec des choristes (Chœur des Esclaves de Verdi et Hymne à la joie de Beethoven) et le 15 mai (Boléro de Ravel et "Bella ciao").

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7. La représentation politique et les revendications sociales

La Commune s'oppose à une Assemblée monarchiste élue en février 1871 : l'Assemblée de Versailles, qui a signé la paix avec l'Allemagne. Son cheval de bataille est la défense de la République. "Ceux qui défendent la Commune défendent UNE République, car il y a toujours eu plusieurs Républiques : la République sociale." Sociale... et plutôt internationaliste : l'Internationale s'est créée en 1864 et elle est marxiste, même si en France elle est plutôt de tradition anarchiste, proudhonienne.

"Il y a une dimension patriotique dans la Commune, qui n'a plus aucun sens aujourd'hui, et à Nuit Debout : on ne sort pas de deux mois de siège où on a bouffé des éléphants du Jardin d'acclimatation."

Les éléphants du jardin d'acclimatation Castor et Pollux sont abattus, déc 1870
Les éléphants du jardin d'acclimatation Castor et Pollux sont abattus, déc 1870
- originellement publié dans la Gazette des Absents

Difficile de définir aussi facilement la représentation politique de Nuit Debout, mouvement extrêmement plurivoque. La succession des prises de parole ne dit pas la représentation. "Il y a tout un imaginaire de Nuit Debout, que l'on trouve dans les médias dominants, qui n'est pas la réalité. C'est quand même très généralement une gauche radicale. On n'est absolument pas dans les marqueurs, les valeurs et les principes de la droite. On est dans une critique de l'évolution droitiste du PS. Il y a dans Nuit Debout, une critique de l'ordre libéral, de la politique d"austérité, et de l'acceptation des deux par le parti socialiste."

Né de la lutte contre la loi El Khomri, qui touche directement les travailleurs, le mouvement a une dimension sociale. Comment ne pas penser aux Indignés de la place de la Puerta Del Sol, à Madrid (2011), ou ne pas convoquer la figure de Yanis Varoufakis, le pourfendeur grec de l'austérité - qui a d'ailleurs passé une nuit à République avec les nuit-deboutistes ?

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"Dans les deux cas il y a la contestation d'un pouvoir qui est celui d'une Assemblée, dans lequel les gens, et dans Nuit Debout, et au moment de la Commune, ne se reconnaissent pas, ne reconnaissent pas la légitimité du suffrage universel. Depuis la Révolution française, on a toujours opposé à la légitimité de l'Assemblée à une légitimité issue des quartiers, de la rue, des assemblées locales."

La Commune de Paris est présente dans les imaginaires des Nuit-deboutistes, et en bonne place dans les références mémorielles qui servent à son auto-identification. Mais pour Mathilde Larrère, "si on voulait vraiment jouer le jeu des comparaisons, il y a plus de liens avec la situation de 1848, très méconnue" : il s'agit des quelques mois, entre février et juin, où s'est jouée une lutte entre des formes possibles de démocratie directe, et l'imposition de la démocratie représentative.