La diversité de la musique israélienne, selon Noa

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La diversité de la musique israélienne, selon Noa

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Noa est une chanteuse israélienne. Son parcours incarne toute la diversité de la musique de son pays : une histoire de voyages, de migrations et, surtout, de mélange des cultures, à l'heure où le prochain gouvernement de Benjamin Netanyahu s'annonce plus à droite que jamais.

Achinoam Nini (Noa) est une chanteuse israélienne connue dans le monde entier. En 1993, elle reprend en musique un recueil de poèmes en hébreu. A travers son histoire personnelle, elle incarne toute la diversité de la musique israélienne, une histoire faite de voyages, de migrations et de mélange.

Noa : "Israël est un pays qui s’est construit avec des gens venant de partout dans le monde. Chaque famille y apporte son histoire, son expérience sa langue, tout ça se retrouve dans la musique israélienne d’aujourd’hui. 

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Je viens d’une famille yéménite. Mes deux grands-mères m’ont appris des chansons yéménites. Je suis née en Israël, troisième et quatrième générations des deux côtés. Je parle hébreu mais quand j’étais enfant, mes parents ont déménagé aux États-Unis. J’ai grandi à New York. L’anglais est ma langue principale. Je suis ensuite revenue en Israël et j’ai voyagé dans le monde entier pendant des années."

La musique traditionnelle israélienne est un mélange de musique liturgique et pastorale juive et de musique du monde arabe. Ses influences d’étendent de l’Andalousie à la Russie.

Noa : "On trouve aussi en Israël des orchestres et des ensembles qui perpétuent une musique plus traditionnelle qui vient des pays orientaux, notamment des pays arabes et d’Afrique du Nord. Il y a aussi la musique juive et la musique religieuse qui peuvent se mélanger. C’est multiculturel et divers. 

Israël est vraiment connu pour ses chansons en public, des groupes de gens se réunissent et chantent des chansons traditionnelles. Parfois, il y a une personne qui dirige le groupe."

Malgré cet héritage riche, de nouvelles générations d’artistes ont les yeux tournés vers l’Occident.

Noa : "Israël est en même temps très influencé par l’Occident, une grande partie de la musique populaire contemporaine est très influencée par la musique occidentale. Tous les styles à la mode en Occident vont se diffuser en Israël, en hébreu souvent, mais aussi en anglais. Les musiciens israéliens essayent d’atteindre les publics d’autres pays autant que possible."

La musique israélienne est aussi un témoignage de la richesse de la langue hébraïque.

Noa : "La musique israélienne est très variée, elle a des influences juives mais elle n’est pas forcément juive, elle vient d’Israël et bien sûr il y a l’hébreu qui est la plus grande réussite de ce pays. L’hébreu a été ressuscité de ses origines bibliques et antiques pour devenir une langue vivante et créative. 

Il y a des compositeurs qui vivent en 2019 et qui écrivent leurs chansons dans une langue millénaire. C’est vraiment une grande fierté pour le peuple juif de voir comment cette langue ancienne est devenue si contemporaine si créative et si belle et qui lie le peuple juif à Israël à travers la musique."

Elle sort ce mois-ci un album intitulé Letters To Bach disponible chez Naïve/Believe et se produira le 19 novembre 2019 à la salle Pleyel.

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