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La lente rééducation des patients Covid-19

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Une kinésithérapeute fait faire de la rééducation à un patient convalescent à l'hôpital d'Illkirch-Graffenstaden, dans le Bas-Rhin, le 14 avril 2020.
Une kinésithérapeute fait faire de la rééducation à un patient convalescent à l'hôpital d'Illkirch-Graffenstaden, dans le Bas-Rhin, le 14 avril 2020.
© AFP - Patrick Hertzog

Les services de réanimation ont su s’adapter pour faire face à l’afflux de malades touchés par le nouveau coronavirus. Les services de soins de suite et de réadaptation sont à leur tour mis à rude épreuve, car il faut accueillir et accompagner sur la durée les patients convalescents.

Quelque 21 000 personnes sont toujours hospitalisées pour une infection Covid-19. Les services de réanimation accueillent un peu plus de 2 400 malades aujourd’hui, contre 7 000 le 10 avril. Depuis cinq semaines, il y a chaque jour plus de sorties que d’arrivées. Mais le parcours de soins des patients convalescents peut se prolonger des semaines, voire des mois. Les services de santé vont donc rester fortement et durablement sollicités.

Un défi croissant et peu médiatisé, notamment pour les patients à domicile

"On reste très sollicités et on va l’être de plus en plus" constate le professeur Jean Paysant, directeur médical de l’Institut régional de réadaptation de Nancy (Ugecam du Nord Est). "On parle beaucoup des patients en réanimation, mais ce n’est que la face émergée de l’iceberg", souligne-t-il.

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Les patients en réanimation : la face émergée de l'iceberg

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Egalement chef de pôle de l’activité de rééducation du CHRU de Nancy et vice-président de la Sofmer (Société française de médecine physique et de réadaptation), Jean Paysant mesure le défi que vont représenter les patients Covid pour l’offre de soins et de rééducation.

"On va avoir un problème de bras et de locaux"

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Et d'expliquer :

Au début de la vague, nous avons accueilli des patients pour faire de la place dans les services de réanimation. Depuis quatre à six semaines nous accueillons les malades Covid sortant des secteurs aigus et qui ont besoin de rééducation. Mais nous devons aussi reprendre nos malades habituels. On va donc avoir un problème de bras, de locaux, du même ordre que celui qui a été décrit en réanimation, d’autant plus qu’il y a le facteur démultiplication du temps, inhérent à la récupération en rééducation et réadaptation. 

Pour une personne ayant passé plusieurs semaines en réanimation, la rééducation risque en effet de durer des mois. 

Une "gradation des soins" indispensable et peut-être utile hors Covid

Les besoins de rééducation se font sentir à tous les niveaux : à l’hôpital, à domicile, chez les kinésithérapeutes libéraux… Un énorme travail est donc en cours pour construire une offre de soins adaptée aux besoins. Pour Jean Paysant, c’est au niveau des groupements homogènes de territoires ou des régions sanitaires que la réflexion doit être menée, avec une vision régionalisée. Compte-tenu des grandes disparités d’un territoire à l’autre (que l’on parle de la circulation du virus ou de l’offre de soins), c’est en s’appuyant sur les chiffres du territoire que l’on pourra définir la meilleure stratégie. Il s’agit de mettre "le bon patient au bon endroit au bon moment". 

"Le bon patient au bon endroit au bon moment"

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Un travail qui sera utile pour l'avenir, conclut-il, "ce sera une opportunité pour améliorer aussi notre façon de faire pour malades non Covid". 

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