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La lutte des Palmes

Troisième jour de compétition à Cannes. Deux anciennes Palme d’Or, Nanni Moretti et Gus Van Sant, deux mélodrames hantés par la mort, Mia Madre et La Forêt des songes . Qui va gagner ?

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MIA MADRE par Nanni MORETTI
MIA MADRE par Nanni MORETTI

A ma gauche, Nanni Moretti, Palme d'Or en 2001 avec La Chambre du fils . A ma droite, Gus Van Sant, Palme d'Or 2003 pour Elephant . L'un comme l'autre sont en compétition aujourd'hui à Cannes pour essayer de décrocher un deuxième trophée suprême, et tous deux utilisent les armes du mélodrame, autour de la mort d'un proche. Là s'arrêtent les ressemblances : avec Mia Madre , Nanni Moretti fait profil bas, ça faisait longtemps, et ça lui va bien. C'est une femme qui tient le premier rôle, l'excellente Margherita Buy, en réalisatrice de films engagés en plein désarroi, entre la star américaine mythomane et incompétente qu'elle doit diriger, et sa mère en fin de vie à l'hôpital. Très drôle dans sa satire subtile des artifices du cinéma, très émouvant dans l'évocation pudique des angoisses familiales, on sait gré à Moretti de la sobriété et de l'humilité de son film, qui vu l'état de la compétition à ce jour, pourrait bien lui valoir une seconde Palme, et pas seulement parce que joue dans son film un acteur fétiche des frères Coen, le toujours excellent John Turturro.

Gros moyens pour pas grand-chose

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THE SEA OF TREES (LA FORÊT DES SONGES) par Gus VAN SANT
THE SEA OF TREES (LA FORÊT DES SONGES) par Gus VAN SANT

On est beaucoup plus réservé sur La Forêt des songes de Gus Van Sant. Là encore, c'est la mort d'un proche, en l'occurrence sa femme, qui pousse un Américain à rejoindre une mythique forêt japonaise, au pied du mont Fuji, pour s'y suicider. Musique envahissante, flash-backs surexplicatifs et embarrassants, le film ne recule devant aucun gros moyen pour émouvoir ses spectateurs, et c'est dommage, car les scènes d'errance de Matthew McConaughey dans cette forêt habitée par des esprits sont souvent superbes et brillamment filmées. Bilan de la journée : Moretti a fait rire et sangloter, Gus Van Sant s'est fait huer. C'était sans doute cruel de les mettre face à face...

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