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"La matière première qui m'a été donnée, c'est celle d'observer les êtres", disait Abbas Kiarostami

Abbas Kiarostami en 2013
Abbas Kiarostami en 2013
© Sipa - AGF s.r.l. / Rex Featur / REX

Figure du cinéma iranien, maître incontesté du cinéma mondial, le réalisateur Abbas Kiarostami est mort ce lundi 4 juillet à Paris. Il avait 76 ans.

Star des plus grands festivals de cinéma du monde, Palme d'or à Cannes en 1997, le réalisateur iranien n'en restait pas moins, derrière ses lunettes noires, une personnalité discrète, auteur d'une oeuvre riche de près de 30 longs-métrages mais également de photos et de poésie.

Né en 1940 à Téhéran, venu des beaux-arts, passé par le monde de la publicité, il se tourne vers le cinéma au début des années 1970 et réalisera ensuite sous tous les régimes politiques, le règne du Shah comme la Révolution islamique, avec plus ou moins de difficultés. Très contemplative, son oeuvre met souvent en scène l'enfance, parfois aux prises avec des dilemmes moraux comme dans "Où est la maison de mon ami", film de 1987 qui lui permet une première fois d’accéder à la reconnaissance internationale. Ensuite, viendront l'éblouissante mise en abyme de "Close-up" (1990), "Au travers des oliviers" (1993), "le Goût de la cerise" (1997), ou l'extraordinaire "Ten" (2002) qui se déroule entièrement dans une voiture. Puis quelques expériences hors de l'Iran, "Copie conforme" (2010) tourné en Toscane avec Juliette Binoche, et "Like someone in love" (2012) dont l'action se déroule au Japon.

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En 2012, invité de Hors-champs, le réalisateur revenait sur ses premières amours artistiques, Ozu, Bresson, et racontait comment les films pour enfants l'avaient amené aux plus grandes distinctions internationales du 7e art :

Abbas Kiarostami invité de Hors-champs en septembre 2012

45 min

"Vingt ans ont passé, et je me suis rendu compte que j'avais commis une vingtaine de films pour enfants. Donc, sans que je le veuille, ou sans que j'en sois conscient, je me suis rendu compte que j'avais appris un métier qui était celui de cinéaste."

"Au cinéma, pour le spectateur, il est bon de faire le vide, de faire table rase des images qui leur sont proposées pour leur donner une fraîcheur nouvelle, une innocence de la redécouverte de l'image et du son."

Ce mardi 5 juillet en deuxième partie des Matins d'été, Agnès Devictor, Michel Ciment et Jean-Michel Frodon détaillaient le génie cinématographique d'Abbas Kiarostami. Un mélange de beauté visuelle et d'apparente simplicité pouvant révéler en fait des réalités beaucoup plus complexes. Son influence aura été considérable et, dans la mondialisation en marche au début des années 1990, il aura été le premier réalisateur à acquérir une dimension universelle, bien au-delà de l'Iran auquel il n'a jamais cessé d'être attaché :

Hommage à Abbas Kiarostami dans les Matins d'été

6 min

Hommage à Abbas Kiarostami (suite)

20 min