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La mécanique des passions

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La mécanique des passions
La mécanique des passions
© Getty - Alpgiray Kelem

L'ambition des neurosciences est de faire de l’exploration du cerveau le moyen de traiter les pathologies mentales comme la dépression ou la schizophrénie, mais aussi les problèmes sociaux et éducatifs. Ces sciences sont-elles devenues le baromètre de nos conduites et de nos vies ?

Après La Fatigue d’être soi et La Société du malaise, le sociologue Alain Ehrenberg livre un troisième volet de sa réflexion sur les troubles psychiques et les problèmes de santé mentale dans le contexte de nos sociétés qualifiées d’individualistes. Prenant acte de l’engouement actuel pour les neuro­sciences cognitives, il se demande si l'homme "neuronal" est en passe de remplacer l'homme "social". Sur quelles représentations de nous-mêmes repose l'intérêt pour les sciences du cerveau ? Quelles inquiétudes ces recherches traduisent-elles ? Assistons-nous à une "scientifisation" de notre comportement ? Pouvons-nous expliquer tous nos comportements sociaux sur la base du fonctionnement cérébral ? Les neurosciences sont portées aujourd'hui par le type d'engouement qui a existé pour la psychanalyse il y a 30 ans. Et en parallèle, nous  assistons à une modification profonde de nos manières d’interagir en société. Aujourd'hui, les sciences cognitives incarnent un climat de l'opinion, il y a des attentes très fortes à leur égard, dans la résolution des problèmes psychopathologiques ou des politiques publiques, particulièrement en ce qui concerne l'éducation. Or, si la psychanalyse confronte l'homme à ses limites, à ce qu'il en est de son désir, les sciences cognitives invitent plutôt à les dépasser. Alain Ehrenberg revient sur "le mythe du  potentiel caché", et interroge ce qu’il appelle "l'autonomie comme condition", qui, d'aspiration individuelle à l’émancipation, devient une norme sociale.  

Regard critique sur l’utilisation qui peut être faite des neurosciences.

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Une discussion enregistrée en juin 2019.

Alain Ehrenberg, sociologue, directeur de recherche au CNRS.

Antoine Garapon, directeur de la rédaction d'Esprit.

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