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La mort de Dieu est peut-être une fiction, au même titre que Dieu

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L'écriture du Néant hors de la mort de Dieu
L'écriture du Néant hors de la mort de Dieu
© Getty - Geraint Rowland Photography

Si Nietsche affronte en philosophe la mort de Dieu, Mallarmé nous permet d'appréhender la possibilité que cette mort n'ait pas eu lieu, pas plus que Dieu.

Depuis sa mort, c'est-à-dire depuis sa vie posthume particulièrement polymorphe, Mallarmé ne cesse de nous hanter : revenant, survenant. Plus de cent vingt ans de lectures, de relectures, de réécritures, de recréations, conduisent à réinterroger l'œuvre, comme la relation critique à cette même œuvre...

Dans son étude de 1953 sur Mallarmé, Sartre écrit, à propos de l'auteur du Coup de dés  : "Plus et mieux que Nietzsche il a vécu la mort de Dieu". Nous soutiendrons une thèse opposée : car, contrairement à ce que l'on a pu avancer, on ne peut faire de la fameuse lettre de Mallarmé sur le Néant du 28 avril 1866, dont procèdent toutes ses recherches ultérieures, une découverte d'un tel topos. L'expérience du Dieu mort avait en effet déjà nourri son écriture avant cette date, et conduit celle-ci à une forme d'impasse. L'originalité profonde de la crise de 1866 consiste  bien plutôt en une épreuve du Néant qui constitue une rupture avec ce thème de jeunesse, par l'instauration d'une nouvelle écriture, centrée sur cette découverte, Mallarmé évitera à la fois le retour à la transcendance religieuse, et la reconduction de la mort de Dieu comme lieu commun poétiquement épuisé.

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L'écriture du Néant hors de la mort de Dieu.

L'écriture du Néant hors de la mort de Dieu, par Quentin Meillassoux

1h 23

Une conférence enregistrée en juillet 2019, dans le cadre du colloque intitulé Spectres de Mallarmé, sous la direction de Bertrand Marchal, Thierry Roger et Jean-Luc Steinmetz..

Quentin Meillassoux, maître de conférences en philosophie à Paris-1 (Panthéon-Sorbonne).

En savoir plus : Splendeurs de Mallarmé
59 min
1h 01