Publicité

La primaire du PS en cinq dates

Par
La primaire du PS en cinq dates
La primaire du PS en cinq dates
© Radio France - Camille Renard

chrono. Non, les premières élections primaires du Parti socialiste ne datent pas de la victoire de François Hollande en 2011. Cinq dates clés retracent la déjà longue histoire des primaires du PS.

Par primaire on entend toute désignation d'un candidat, non par l'appareil du parti, mais par la base. Cinq dates clés pour comprendre la genèse d'un mode d'élection qui bouleverse la vie politique française :

1971 : La primaire dans les statuts du parti socialiste dès sa fondation

Au Congrès d'Epinay, l'élection du candidat à la présidence de la République par l'ensemble des membres du parti est inscrite dans les statuts. Ce n'est en principe pas à l'appareil partisan de voter, mais aux adhérents de désigner directement leur représentant à l'élection présidentielle. Cependant, François Mitterrand incarne jusqu'aux élections de 1995 un leader qui ne sera pas même contesté par Michel Rocard en 1980, lui qui renonce de justesse à sa candidature.

Publicité

A lire : "Heurs et malheurs du vote PS depuis 1971"

1995 : Première primaire fermée

Pour la première fois en France, la désignation du candidat à l'élection présidentielle se fait par la base, restreinte aux adhérents à jour de cotisation. C'est ce que l'on appelle une primaire "fermée". Lourd de sa défaite législative de 1993, François Mitterrand gravement malade, Jacques Delors ayant renoncé, le Parti socialiste se trouve en panne de leader. Lionel Jospin l'emporte des deux tiers sur Henri Emmanuelli. Il puise dans ce choix libre et transparent des adhérents et ce rassemblement de sa famille politique autour de sa personne une légitimité qui le conduira au poste de Premier ministre, de 1997 à 2002.

2002 : Le candidat socialiste évincé du second tour de l'élection présidentielle

La division de la "gauche plurielle" a raison du candidat socialiste au second tour de l'élection présidentielle : une radicale de gauche (C. Taubira), un souverainiste (J.-P. Chevènement), trois candidats d'extrême-gauche (O. Besancenot, A. Laguiller, R. Hue) et un Vert (N. Mamère) dispersent les voix de gauche. Lionel Jospin se voit finalement dépassé par le candidat frontiste. Le parti tirera les leçons de ce 21 avril en instaurant des primaires de plus en plus ouvertes et rassembleuses.

A écouter : "Des primaires, pour quoi faire ?", L'invité des Matins

2006 : Première primaire semi-ouverte

Le Parti socialiste est déstabilisé par la victoire du non au référendum européen de 2005. Il faut trouver un leader. L'organisation modernisée de cette primaire permet de médiatiser le futur vainqueur : trois débats diffusés sur la chaîne parlementaire, un seul scrutin majoritaire à deux tours calqué sur le modèle de la présidentielle française, et une relative ouverture de la "base" : certes, seuls les adhérents peuvent voter, mais la campagne attractive pour recruter des militants fait grossir le PS de 100 000 nouveaux votants (en cela, la primaire est dite semi-ouverte). Ségolène Royal l'emporte dès le premier tour avec plus de 60%, contre Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius.

A écouter : "Présidentielle 2017, et maintenant c'est plus clair ?", Le Grain à moudre

2011 : Première primaire ouverte

La primaire s'ouvre aux non-adhérents. Seules trois conditions sont nécessaires pour voter lors de ces premières élections ouvertes : l'adhésion aux valeurs de la gauche, le versement d'un euro et aller jusqu'au bureau de vote. Trois millions de votants se déplacent, pour désigner l'un des six candidats : François Hollande, Martine Aubry, Arnaud Montebourg, Ségolène Royal, Manuel Valls, Jean-Michel Baylet. Après quatre débats largement médiatisés, François Hollande est élu avec près de 40% des voix au premier tour, et 56,6% au second contre Martine Aubry.

A écouter : "La gauche : pour ne pas avoir le choix entre la peste et le choléra", Hashtag