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La progression régionale du Front national en 4 cartes électorales

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Carte. Le score obtenu par les listes FN lors du premier tour des élections régionales 2015 est historiquement élevé. Démonstration en quatre cartes, avec les résultats obtenus lors des scrutins de 1998, 2004 et 2010.

Ces quatre cartes représentent la progression du FN au premier tour des élections régionales depuis 1998. Survolez ou cliquez sur chaque région pour obtenir des précisions sur les résultats.

Elections régionales de 2015 : 27,73%, soit 6 018 672 voix

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Elections régionales de 2015 : 27,73%, soit 6 018 672 voix
Elections régionales de 2015 : 27,73%, soit 6 018 672 voix
© Radio France - Antoine Guerrier

Elections régionales de 2010 : 11,42% au premier tour, soit 2 223 800 voix

Réalisant un score supérieur à celui que les instituts de sondage lui promettait, le FN dépasse la barre des 10 % permettant de se maintenir au second tour dans 12 régions, contre 17 en 2004. En recul de 3 points par rapport à son résultat de 2004, Nicolas Sarkozy ayant attiré depuis 2007 une partie de l'électorat frontiste, les listes FN réalisent cependant deux performances importantes en PACA (plus de 20 % des voix en 2010, après 23 % en 2004 et 27 % en 1998), et dans le Nord-Pas-de-Calais (18 %, talonnant l'UMP).

Elections régionales de 2004 : 14,70 % au premier tour, soit 3 564 059 voix

Elections régionales de 1998 : 15,01%, soit 3 273 549 voix

Marquées par l'abstention de deux électeurs sur cinq, les élections de 1998 voient seulement deux Régions détenir une majorité absolue au premier tour (Limousin et Pays-de-la-Loire). L'alliance avec le FN peut faire basculer douze régions à droite. La stratégie de "dédiabolisation" de Bruno Maigret, alors secrétaire général du FN, va porter ses fruits puisque finalement quatre Régions vont accepter les voix de l'extrême droite : Languedoc-Roussillon, Picardie, Bourgogne, et Rhône-Alpes, lors d'une journée électorale qualifiée de "vendredi noir".

_Lors des deux premières élections régionales, le FN avait obtenu 13,6% des voix (soit 3.375.079 voix) en 1992 et 09.5% (soit 2.658.500 voix) en 1986.
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  • Source : Ministère de l'Intérieur

L'analyse de Stéphane Robert, éditorialiste politique à France Culture, dans le journal de 12h30 le 7 décembre 2015:

"Petit à petit, au fil des scrutins, le Front national a toujours su retrouver une sorte de dynamique qui l'a emmené encore plus loin, encore plus haut que le niveau atteint précédemment. A chaque fois, on a parlé d'un plafond de verre infranchissable et à chaque fois, le FN, comme avec ce premier tour des régionales, l'a franchi allègrement.

Et on s'aperçoit aujourd'hui qu'il bénéficie, techniquement, sur un scrutin en particulier, de ce qu'on appelle une dynamique électorale, c'est à dire un effet d'entrainement. Dans les Régions où il y a un espoir de victoire, on assiste à une surmobilisation de son électorat. C'est ce qui s'est passé, hier, dans le Nord, dans l'Est et dans le Sud Est...

Alors maintenant, si l'on observe les résultats du vote en fonction des tranches d'âge, on s'aperçoit que les 18/25 ans votent à plus de 40% pour le FN et les 35/60 ans à 37%. C'est nettement moins pour les électeurs âgés de 25 à 35 ans et pour les plus de 60 ans (les retraités). Et ça, c'est très révélateur sur les motivations du vote. Car les moins de 25 ans et les plus de 40/45 ans jusqu'à l'âge de la retraite sont les personnes les plus précarisées sur le plan économique...

La motivation du vote frontiste est donc, sans doute, à chercher peut être moins dans les questions d'identité et d'immigration que dans la crainte de perdre son emploi ou de ne pas en trouver. Il ne faut pas voir, dans cette progression du vote Front national un effet "migrants" et un effet "attentat terroristes", en tous cas pas seulement. Cela vient de beaucoup plus loin...

> Retrouvez tous les résultats du premier tour des élections régionales 2015 sur notre carte interactive