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La relocalisation des réfugiés en Europe piétine

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Depuis l'accord entre les ministres de l’Intérieur et de la Justice de l'Union européenne, 4 134 personnes ont été accueillies depuis la Grèce en Europe.
Depuis l'accord entre les ministres de l’Intérieur et de la Justice de l'Union européenne, 4 134 personnes ont été accueillies depuis la Grèce en Europe.
© AFP - PANAYIOTIS TZAMAROS / NurPhoto

CARTE. Il y a un an, l'Union européenne s'est engagée à relocaliser 160 000 réfugiés présents dans des "hot spots" en Italie et en Grèce pour soulager la pression migratoire de ces deux pays membres. Aujourd'hui, seulement 3% de ces réfugiés ont pu rejoindre d'autres pays européens.

L'année passée, sur proposition du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le Conseil des ministres extraordinaire de Bruxelles, réunissant les ministres de l’Intérieur et de la Justice de l'Union européenne, a adopté le projet d’accueillir 160 000 réfugiés au cours des deux prochaines années.

Aujourd'hui, c'est seulement 3% des réfugiés que l'Europe s'est engagée à accueillir qui ont pu s'établir sur le vieux Continent. Parmi les réfugiés reçus, 4 134 viennent de Grèce et 1 156 d'Italie. Pour la Grèce, le chiffre de réinstallation des 66 000 demandeurs d'asile n'est que de 6%.

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« À ce rythme, cela prendra 18 ans pour que soient respectés les engagements en matière de relocalisation pris il y a un an. Il est honteux que l'Europe n'arrive pas à laisser de côté les considérations politiques afin de résoudre cette crise humanitaire en partageant équitablement les responsabilités pour un nombre relativement faible de réfugiés », a déclaré Monica Costa, chargée de campagne sur les questions de migration à Amnesty International.

Une situation qui se ressent au sein des camps de réfugiés dans les deux plus importants "hot spots" d'Europe que sont l'Italie et la Grèce. Selon le rapport d'Amnesty International intitulé "Our hope is broken", l'insécurité au sein des camps de réfugiés et les conditions de vie sont nettement en dessous de ce qu'elles devraient être et imputables au manque de volonté politique des gouvernements européens.

A l'échelle de l'Union, les pays qui accueillent le plus de réfugiés relocalisés sont la France, les Pays-Bas ainsi que la Finlande. Les mauvais élèves qui n'ont accueilli aucun de ces réfugiés sont l'Autriche, le Danemark, la Hongrie, la Pologne, le Royaume-Uni, la Norvège, le Liechtenstein et l'Islande.

Circulez dans la carte, passez ou cliquez sur les pays pour obtenir des précisions sur le nombre de réfugiés relocalisés :

Source : Commission européenne

La France, qui s'était engagée à accueillir 24 000 migrants, a revu ce chiffre à la hausse dans le cadre du programme de relocalisation d'urgence. Depuis la mise en place de ce plan, 1 812 réfugiés ont été relocalisés dans l'Hexagone. Parmi eux, 87% viennent de Grèce et 13% d'Italie. 64% sont Syriens, 18% Irakiens, 16% Érythréens et 2% Palestiniens.

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Cliquez sur le déroulant pour voir les origines des réfugiés venus de Grèce et d'Italie :

Pour cette prise en charge des réfugiés, la France prend de nouvelles mesures. Même s'il aura fallu attendre 6 ans après le début de la crise migratoire, le législateur a adopté une charte qui prévoit "des conditions dignes et adaptées à leurs situations et leur parcours". En matière législative, il y a un an déjà, la loi relative à la réforme du droit d'asile prévoyait des délais plus courts pour enregistrer les demandes d'asile auprès de l'office concerné.

A écouter : les politiques du droit d'asile par Pascal Brice, directeur de l’Ofpra

Et : les Matins sur le thème « Accueillir les migrants », émission spéciale en direct de Saint-Brévin-Les-Pins