La romancière russe Ludmila Oulitskaïa reçoit le Prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes 2011

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La romancière russe Ludmila Oulitskaïa reçoit le Prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes 2011

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Ludmila Oulitskaïa
Ludmila Oulitskaïa

Ce prix a été créé en 2008, à l’occasion du 100e anniversaire de la naissance de l’auteure Simone de Beauvoir, il est doté d’une récompense de 30 000 euros. Un jury composé d’une vingtaine de philosophes, écrivains et féministes engagés se réuni pour récompenser l’œuvre ou l’action d’une personnalité en faveur de la liberté des femmes dans le monde. Cette récompense est remise le 10 janvier 2011 au café Les deux Magots  à Paris.

L’édition 2008 avait distingué la politicienne néerlandaise d’origine somalienne Ayaan Hirsi et la romancière bangladaise Taslima Nasreen, menacées de mort à cause de leurs dénonciations de la condition féminine dans le monde islamique. En 2009, le jury avait récompensé le collectif « Un million de signature » pour l’abrogation des lois discriminatoires envers les femmes en Iran. Et en 2011, les lauréates étaient deux militantes chinoises engagées pour le combat des femmes dans leur pays.

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Cette année, le prix a été décerné à la romancière russe Ludmila Oulitskaïa dont l'œuvre témoigne « d'un sens aigu de la justice et de la démocratie » selon les membres du jury 2011. Le choix s’est porté sur une écrivaine « mettre l'accent sur la créativité des femmes, dans laquelle se manifeste et s'affirme leur émancipation » a déclaré la présidente du jury, Julia Kristeva.

Agée de 67 ans, l’auteure suit des études de biologie à Moscou avant de choisir les lettres suite à la perte de sa chair de génétique à cause de ses relations et sa proximité avec les dissidents. Elle commence à écrire pour la radio et le théâtre avant de se lancer dans des nouvelles et des romans. Mais elle ne sera véritablement éditée qu’après le démantèlement de l’Union soviétique et traduite dans une vingtaine de langues. En France, ses premiers écrits seront publiés par Gallimard à la fin des années 1980.

*Sonietchka * reçoit le prix Médicis étranger en 1996, en 2001 *Le Cas du docteur Koukotski * est récompensé du prix Booker russe et en 2005 elle est distinguée par l'Académie allemande de littérature pour la jeunesse. Elle est notamment l’auteur de Sincèrement vôtre, Chourik  et De joyeuses funérailles .

Très engagée dans des actions humanitaires, elle n’hésite pas à prendre position contre le gouvernement russe, encore récemment lors du procès Khodorkovski. « La difficulté d'être femme en Russie irrigue son œuvre et les femmes restent les principales figures de ses romans » a complété Julia Kristeva. Elle est l’un des auteurs russes les plus lus dans le monde.

Invitée des Matins ce lundi 10 janvier en fin d’émission, écoutez Ludmila Oulitskaïa au micro de Marc Voinchet.


La romancière russe est également interviewée par Hervé Gardette et Caroline Broué pour la Grande Table ce même lundi 10 janvier, jour de la remise officielle du prix.

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