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La sélection Un Certain Regard du 65e Festival de Cannes

Tim Roth
Tim Roth

Pendant parallèle – mais tout aussi prestigieux – à la compétition officielle, la sélection Un Certain Regard 2012, présidée cette année par Mr Orange aka Tim Roth, ne déroge pas à sa règle, à savoir la mise en perspective de projets singuliers, peut-être un tantinet plus aventureux que la programmation du théâtre Lumière.

Pendant parallèle – mais tout aussi prestigieux – à la compétition officielle, la sélection Un Certain Regard 2012, présidée cette année par Mr Orange aka Tim Roth, ne déroge pas à sa règle, à savoir la mise en perspective de projets singuliers, peut-être un tantinet plus aventureux que la programmation du théâtre Lumière.

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Miss Lovely d’Ashim Ahluwalia** Qui ? Jeune réalisateur indien, Ashim Ahluwalia représentera le cinéma de Bollywood à Cannes. Enfin, un Bollywood comme on n’en a encore jamais vu. Loin des clichés et des conventions. Celui qui a commencé à faire du cinéma en retravaillant les films amateurs réalisés par son grand-père dans les années 1950 (il en a fait son premier court-métrage The Dust en 1993) est devenu un des cinéastes les plus originaux de sa génération. Remarqué en 2005 au festivals de Toronto et de Berlin pour son premier long-métrage John et Jane , un documentaire aux airs de fiction – ou l’inverse – sur la fièvre consumériste à Mumbai, il reçut à cette occasion le prix du cinéma national indien en 2007. Un cinéma audacieux, entre tradition bollywoodienne et exploration avant-gardiste. Le monde de l’art contemporain s’intéresse d’ailleurs beaucoup à son travail. Ses courts-métrages ont été diffusés à la Tate Modern, au centre Pompidou et à la Biennale d’architecture de Venise.

Quoi ? L’histoire de Miss Lovely se passe dans l’industrie cinématographique de Mumbai, dans les années 1980. Portant un regard sans concession sur le monde de Bollywood, le film suit deux frères, producteurs minables de films d’horreur, qui se lancent à la recherche de l’histoire la plus gore. Quant à Pinky (interprétée par une ancienne Miss Inde, Niharika Singh), jeune femme qui aspire à devenir actrice, elle va vite se retrouver plongée dans l’enfer du film porno. Bienvenue dans le monde merveilleux de Bollywood !

La Playa D.C. de Juan Andrés Arango** Qui ? Colombien d’origine, canadien d’adoption, Juan Andrés Arango ne cesse de faire des va-et-vient entre ces deux pays pour parfaire son apprentissage du cinéma. Après un cursus à l’université de cinéma en Colombie qu’il clôt par la réalisation d’un film de fin d’études, Eloisa y las Nieves , il retourne au Canada pour travailler sur son second film, son premier long-métrage, La Playa D.C. . Une plongée réaliste au cœur d’une Bogota brutale et dangereuse qu’il réussit à faire financer par une aide du fonds colombien pour le développement cinématographique. Le film est par ailleurs retenu pour participer au Festival du cinéma en construction de San Sebastian.

Quoi ? Tourné dans les quartiers populaires de Bogota, La Playa D.C. dépeint cette ville où s’installent aujourd’hui des réfugiés afro-colombiens en quête d’une vie meilleure. La chute est souvent rude quand ils sont contraints de devenir au mieux coiffeurs de rue, et au pire, dealers, à l’image de Tomas, le héros de cette fiction. Ce jeune a dû fuir son village à cause de la guerre et il se retrouve à Bogota, une ville de « Blancs » stigmatisante et violente. Le film raconte ses errances dans la capitale à la recherche de son frère Jairo.

Les Chevaux de Dieu de Nabil Ayouch** Qui ? Nabil Ayouch : avec Jilali Ferhati ou la réalisatrice Farida Benlyazid, ce réalisateur né à Paris incarne la dimension sociale du cinéma marocain des années 1990, une cinématographie hélas réputée alors pour ses conditions de production difficiles. Avec Mektoub et Whatever Lola Wants , Ayouch s’est approprié le thème du retour au pays et a fait connaître son cinéma aux milieux cinématographiques internationaux. C’est aussi le réalisateur qui a fait débuter Jamel Debbouze au cinéma, en 1992.

Quoi ? Les Chevaux de Dieu semble rejoindre thématiquement Ali Zaoua prince de la rue , autre film d’Ayouch évoquant les petites gens des villes marocaines. Mais si le métrage de 2001 rendait compte d’une solidarité entre enfants de la balle, le cru 2012 s’annonce plus sombre, puisque à travers le destin de deux frères issus des bidonvilles de Sidi Moumen, Ayouch entend retracer le parcours qui les a menés au terrorisme et au sanglant attentat de Casablanca, en 2003.

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