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La semaine du 01/02/13

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Commençons d’abord cette émission, comme tous les vendredis, par un petit tour d’horizon des nouvelles puisées sur le net, les revues et les journaux.Notons d’abord que cette semaine femmes et hommes politiques de France, de Suisse et d’Italie ont eu recours à l’histoire pour expliquer le présent.En Italie d’abord où, tout à sa campagne, Silvio Berlusconi a provoqué une tempête médiatique en affirmant : « Les lois raciales représentent la pire faute d’un leader, Mussolini qui en revanche a fait de bonnes choses dans d’autres domaines ». Une déclaration prononcée en marge d’une cérémonie consacrée, dimanche, à la mémoire de l’Holocauste.Ce même jour, tout près de là, en Suisse, à l’occasion de cette même journée en mémoire de l’Holocauste du 27 janvier, le président de la Confédération helvétique évoquait l’attitude de la Suisse pendant la seconde guerre mondiale. Et que disait-il ? "Durant cette période sombre pour le continent européen, la Suisse est restée un pays de liberté régi par le droit grâce à l'engagement d'une génération entière de femmes et d'hommes courageux. Le peuple suisse a trouvé la force de poursuivre sur sa voie et de maintenir l'indépendance du pays malgré les pressions extrêmes exercées par les Etats étrangers. La Suisse est ainsi devenue un refuge pour de nombreuses personnes menacées et traquées."Une déclaration jugée « grave et cynique » par l’historien Hans Ulrich Jost, spécialiste de la Seconde guerre mondiale en Suisse, qui accuse celui qui est en charge cette année de la Confédération d’ « escamoter » une partie de la vérité historique. En particulier la façon dont le Conseil fédéral de l’époque a restreint sa politique d’asile en 1942. Un débat qui sera sans doute au cœur des discussions des journées suisses d’histoire qui se tiennent à Fribourg à partir de jeudi prochain.Chez nous c’est le débat sur le mariage pour tous qui a permis aux parlementaires et à Christiane Taubira de convoquer le passé dans l’hémicycle. Et qui a donné lieu à une passe d’arme entre un député martiniquais du front de gauche, Bruno Azerot, et la ministre. Il a usé, dans la nuit de mercredi à jeudi, de la référence à l’esclavage pour justifier son opposition à la loi. Car selon lui outre mer « la quasi totalité de notre population est opposée à ce projet qui bouscule toutes les coutumes, les valeurs, sur lesquelles reposent nos sociétés ultramarines » Et Bruno Azerot de poursuivre : « Notre responsabilité est grande devant l’histoire. Moi, homme issu d’un peuple opprimé, réduit en esclavage, où le système social était un système qui refusait à un homme et à une femme de pouvoir avoir un enfant et de se marier légitimement, où le mariage était interdit et fut une conquête de la liberté, j’affirme le droit à l’égalité dans la différence et non dans le même, le semblable, l’unique. Comment voulez-vous qu’un homme dont les ancêtres ont été vendus et « chosifiés » ne soit pas inquiété par cela ? ». http://unionrepublicaine.fr/la-brillante-intervention-du-depute-communiste-bruno-nestor-azerot/ Un discours auquel Christiane Taubira , Garde des sceaux , a répondu en faisant référence à l’histoire des Outre-mers. « Mr Azerot disait qu’il y avait là un risque de rupture du pacte républicain (…) et qu’au temps de l’esclavage les couples n’avaient pas le droit de se marier, ils n’avaient pas le droit de se marier c’est parce qu’ils étaient des biens meubles tels qu’énoncé dans le Code Noiret faisaient partie en cette qualité du patrimoine de leur maître. Il est certain qu’on ne marie pas les meubles. (…)Il ne peut y avoir de rupture du pacte républicain entre la France et les Outre- mers sur la liberté. Les esclaves ont détruit le système esclavagiste au nom des libertés individuelles. » Du difficile usage de la référence à l’histoire dans un débat politique contemporain.On a encore parlé archives cette semaine dans vos tweets et vos messages sur les autres réseaux sociaux. L’ Unesco a annoncé le sauvetage en cours au Guyana, des archives de la compagnie néerlandaise des Indes occidentales. Elles datent du XVII e et du XVIII e siècle et sont menacées de disparition en raison du climat tropical. Elle vont être numérisées, nous dit l’Unesco, pour être consultables dans le monde entier.On a beaucoup parlé cette semaine de l’incendie par des islamistes d’un bâtiment abritant à Tombouctou de précieux manuscrits anciens.Les nouvelles contradictoires ont circulé à ce sujet et,d’après le site de «Livres Hebdo» qui cite un universitaire sud-africain spécialiste du sujet, 90 % des manuscrits de cette bibliothèque avaient été mis à l’abri avant l’arrivée des islamistes.Archives toujours mais plus récentes. Le journal «La Montagne» nous apprend que la fédération du Cantal du PCF a décidé de confier ses archives aux Archives départementales. Un fonds qui remonte au congrès de Tours. Et l’actuel secrétaire du parti pour le département, de s’expliquer « Je préfère que ce soit des étudiants, des chercheurs plutôt que des rats qui s’intéressent à nos archives ! ».