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La semaine du 08/02/13

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Commençons cette émission par un petit tour d’horizon des nouvelles liées à l’histoire puisées dans nos lectures des revues, des journaux et du Net.La semaine s’est ouverte et s’est conclue sous le régime du scoop historique. Les journaux et les réseaux sociaux aiment, adorent même, nous révéler à deux ou cinq siècles de distance une découverte. Il en a été ainsi avant-hier avec le scoop de Paris match sur la deuxième partie du tableau de Courbet, l’Origine du Monde. Scoop sérieusement remis en cause dès hier par certains spécialistes. Et en Grande Bretagne une mise en scène remarquable a été produite par l’Université de Leicester qui affirme avoir retrouvé la dépouille du roi Richard III. Et alors dit dans "Le Figaro" Aude Mairey, spécialiste de l'histoire médiévale politique de l'Angleterre. Et alors rien : ces découvertes ont peu de chances de changer quoi que ce soit au regard que les historiens portent sur les deux ans de règne du monarque haï. «Il n'y a pas vraiment d'éléments qui, à ma connaissance, justifient une réhabilitation. Les archéologues ont simplement permis de confirmer ce que nous avions déjà appris dans les chroniques de l'époque.»Et sur son blog du "Guardian", Guardian qui avait décidé de relayer en direct sur son site la conférence de presse présentant la découverte, la responsable des pages culture du journal, Charlotte Higgins se dit effrayée par le show mis en place qui, selon elle, a plus à voir avec la volonté de l’université de Leicester d’attirer des étudiants et de drainer des fonds pour l’Université. Tout cela est bien dit elle, mais ce n’est pas de l’histoire. Et Charlotte Higgins de citer un professeur d’histoire ancienne de l’université de Bristol, Neville Morley qui affirme qu’il est toujours mieux d’avoir trouvé Richard III que d’être celui qui a découvert des choses intéressantes sur les blessures à la colonne vertébrale à la fin du Moyen Age. Bref, après l’enthousiasme, le scepticisme.L’accélération des nouvelles par le Net conduit elle les journalistes à manquer de jugeotte ou d’esprit critique ? Vincent Glad , dans son blog sur Slate.fr le pense. Car, comment expliquer autrement le soudain enthousiasme de nos confrères pour le 112 ème anniversaire de Franck Zamboni. Qui est Franck Zamboni selon vous ? L’homme qui a inventé la machine à resurfacer la glace des patinoires. Et alors ? Et alors nous dit Vincent Glad, de 20 minutes au Washington Post , tout un tas de journaux à travers le monde ont appris à leur lecteur qui était ce grand inventeur. Et pourquoi ? parce que Google avait décidé de modifier, ce 16 février sa page d’accueil ; et son logo, son doodle pour rendre hommage à Franck Zamboni. Et ça n’est pas la première fois que Google nous fait le coup : ainsi le 9 novembre dernier avons-nous tous été surpris de découvrir que nous fêtions les deux cent ans de la naissance du célèbre Paul Abadie, architecte XIX eme méconnu sinon pour le plan initial qu’il établit , mais qui fut modifié par la suite , du sacré Cœur de Montmartre. Une réussite puisque le jour où Google lui rend hommage la page wikipédia de Paul Abadie passe de 40 visiteurs par jour à 324.000. Et Vincent Glad dans Slate de se demander si , en faisant cela, Google ne devient pas le red’chef d’une presse mal en point à laquelle le géant américain vient de donner 60 millions d’euros pour solde de tout compte.Mais le Net a bien sûr des vertus. Celle, par exemple de permettre aux musées de mieux communiquer avec leurs visiteurs potentiels. Sur le site de « Thot cursus » , Francine Clément nous apprend ainsi que les musées français communiquent sur Twitter et qu’un site Askacurator permet à des internautes de poser des questions aux conservateurs de musée, quitte, comme ce fut le cas récemment pour la Tate Gallery à Londres ,, d’être mise en cause pour la commandite privée d’une exposition. Mais Francine Clément nous explique aussi que le hashtag pardon le mot-dièse #jourdefermeture permet au Quai Branly, au Musée de Boulogne sur Mer ou au Musée de Cluny de montrer et d’expliquer le travail qui s’accomplit chez eux pendant le jour de fermeture.Pour finir je voudrais vous encourager si vous êtes normands ou habitez près de là à suivre à partir d’aujourd’hui la quatrième semaine de la mémoire, formidable travail pédagogique produit autour des crimes de masse du XXeme siècle des amateurs d’histoire. La semaine qui commence aujourd’hui et se termine vendredi prochain propose 21 conférences , 14 témoignages , 19 projections et 9 expositions autour des formes de représentation de la Mémoire. A venir demain soir une conférence sur les femmes dans la guerre en ex Yougoslavie, mardi une journée sur le génocide des Tutsi du Rwanda, sur la Shoah et la résistance dans les ghettos de Pologne, et mercredi un débat sur la façon de rendre la justice après les génocides.