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La viande rouge serait cancérogène selon l'OMS

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Selon l'Organisation Mondiale de la Santé, la consommation de viande rouge est « probablement cancérogène » . Les produits carnés « transformés » le seraient eux à coup sûr. Il s’agit du jambon, de la charcuterie, des saucisses ou des viandes en conserve. Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, met en garde contre toute panique.
Le document publié ce lundi par le Centre international de recherche sur le cancer, agence de l’OMS, porte sur 800 études, examinées par 22 experts de 10 pays (lire ci-dessous et voir ici les vidéos).

Publié aussi dans la revue médicale "The Lancet Oncology", il ne dit pas qu'il faut arrêter de manger de la viande, mais confirme les recommandations de santé publique actuelles appelant à limiter sa consommation.

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Détail des produits concernés avec Aurélie Kieffer, à commencer par les viandes transformées par salaison, maturation, fermentation ou fumaison.

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Une boucherie
Une boucherie
© Fotolia

Un lien de causalité établi entre la consommation de charcuterie et principalement le cancer colorectal
Pour la viande rouge, mais aussi pour le porc et le veau, il existe des indices concordants : le risque augmente avec la quantité de viande consommée. « Une portion de 50 grammes de viande transformée consommée tous les jours augmente le risque de cancer colorectal de 18 % » détaille l'agence onusienne.

Mais l’existence d’un risque n’a rien à voir avec le niveau de risque, précise toutefois le Centre international de recherche sur le cancer. Et les dangers de la viande rouge sont loin derrière les risques liés au tabac et à l’alcool. Ainsi, selon les estimations les plus récentes de l'organisme de recherche indépendant Global Burden of Diseases Project, chaque année dans le monde 34.000 décès par cancer seraient imputables à une alimentation riche en charcuteries , contre un million de décès imputables au tabac, 600.000 à l'alcool et plus de 200.000 à la pollution atmosphérique.

Que retenir de cette étude sur les dangers de la viande rouge ? Réponse d'Aurélie Kieffer. Elle a interrogé une responsable de l'Institut national du cancer, qui recommandait déjà entre autres de limiter la consommation de viandes rouges à moins de 500 g par semaine (1 steak pèse entre 100 et 150 g) :

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Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a mis en garde contre toute panique. « Au-delà d'un certain niveau de consommation, on peut avoir un cancer. On le savait déjà. On peut et on doit consommer de la viande, mais on doit le faire de manière raisonnable », a-t-il précisé.

Dans un communiqué, l’Association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes (Interbev) « souligne qu’il ne s’agit pas d’une nouvelle étude scientifique mais d’un jugement d’experts ayant fait un état de l’art d’études existantes. De plus, aucune étude scientifique à date n’a permis d’affirmer qu’un aliment pouvait être à lui seul la cause d’un cancer, une maladie complexe et multifactorielle ». Et d'estimer que ces conclusions sont « impérativement à remettre en perspective par rapport aux niveaux réels de consommation de viande rouge en France et à l’équilibre global de l’alimentation. »

Une consommation déjà à la baisse

Composition du panier alimentaire en 1960, 1990 et 2014, selon l'INSEE
Composition du panier alimentaire en 1960, 1990 et 2014, selon l'INSEE

Une très récente étude de l'INSEE sur notre panier alimentaire révélait notamment que « la part de la viande diminue depuis les années 1980 et n'atteint plus que 20 % en 2014, contre 26 % à son apogée en 1967 ». Mais « la viande reste toutefois la principale dépense du panier alimentaire l'an dernier ». En question : les prix, mais aussi bien sûr des crises sanitaires récurrentes, comme celle de la vache folle, et plus récemment de la viande de cheval de selle (Spanghero, voir notre Droit de suite). Désormais, le porc est la première viande consommée en France, avec 30 kg par an et par habitant. Et la charcuterie est l'un des rares produits à ne pas avoir pâti de la crise économique, pour même légèrement augmenter depuis 2007.

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Les conséquences de la consommation de viande selon l'agence cancer de l'Organisation mondiale de la santé.

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