Publicité

La vie, tout simplement

Par

Écouter

1 min

Le niveau a beau être plutôt bon, cette année à Cannes, on attendait encore un vrai choc cinématographique. C'est chose faite, avec LA VIE D'ADELE, qui fait décoller la compétition. Le film, adapté d’une bande dessinée, "Le bleu est une couleur chaude", et sous-titré "Chapitre 1 et 2", suit en effet le début de la vie d'une jeune femme, lycéenne de 15 ans au début, jeune institutrice à la fin. Mais c'est surtout l'histoire d'une passion, sublime, torride, puis finissante, forcément. Il se trouve que cet amour dévastateur, c'est chez une femme, incarnée par l'excellente Léa Seydoux, qu'Adèle va le rencontrer. Mais n'allez pas chercher un discours militant ou sulfureux, l'homosexualité n'est pas le sujet de ce film : comme toujours, comme jamais chez Abdellatif Kechiche, il s'agit de la vérité d'un sentiment, d'une émotion, d'une personne, de donner à voir la vie, tout simplement, et à cet égard, les nombreuses et longues scènes de sexe du film, très crues, qui lui vaudront certainement une interdiction aux moins de 16 ans, permettent surtout au cinéaste, avec son goût du gros plan, de montrer la beauté d'une émotion, d’un geste, de la chair, à la manière des plus grands peintres. Un véritable chamboule-tout émotionnel que ce film de 3h qui passe en un instant. On voudrait qu’il ait tout : la Palme d'Or, les prix de mise en scène et du scénario, mais c'est évidemment celui de la meilleure interprétation féminine qui attend l’extraordinaire Adèle Exarchopoulos, nouvelle découverte du magicien Kechiche, après Sarah Forestier dans L'ESQUIVE et Hafsia Herzi dans LA GRAINE ET LE MULET. Adèle Exarchopoulos, souvenez-vous de ce nom : aujourd'hui, une star est née à Cannes.
Après le film de Kechiche, le NEBRASKA d’Alexander Payne fait forcément bien pâle figure. C’est un road-movie anémié, emblématique d'un cinéma américain pseudo indépendant à bout de souffle, sur des thématiques éculées : l'Amérique vieillissante des petites villes, le retour aux racines, l'importance pour un fils de passer du temps avec son père, surtout quand il perd la boule. Un film anodin, inutile, pour rien..