La vraie histoire de Pocahontas

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La vraie histoire de Pocahontas

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Connue comme une héroïne romantique de Disney, la vraie Pocahontas a eu un destin beaucoup plus funeste. Voici sa vraie histoire.

Héroïne de Disney, princesse du “Nouveau Monde”, le mythe Pocahontas s’est construit comme un récit positif de la colonisation. Sa véritable histoire est pourtant beaucoup plus tragique.

Pocahontas est née vers 1595 près de la colonie anglaise de Virginie. Elle est l’une des filles du chef de la grande tribu des Powhatans. Son vrai nom, Matoaka, signifie “petite plume de neige”. Elle est surnommée “Pocahontas”, “petite impudique” à cause de son caractère espiègle.

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La légende du sauvetage

En 1607, elle croise la route des colons anglais qui s’établissent à Jamestown, sur le territoire de sa tribu. L’un des colons, l’explorateur John Smith est un jour capturé par les indiens Powhatans. Selon la légende, il est mis à mort par le chef de la tribu, mais il est sauvé in extremis par la jeune Pocahontas qui demande d’épargner l’étranger.

Une belle histoire, mais une histoire inventée a posteriori par John Smith pour accroître sa propre légende.

C’est le cliché romanesque du sauvetage de l’explorateur par la belle autochtone, comme Ariane venant en aide à Thésée.

John Smith et Pocahontas n’ont jamais entretenu de liaison. Au mieux se sont-ils croisés aux abords du fort de Jamestown.

Pocahontas captive

A cette époque, la colonie de Jamestown est décimée par le froid, la famine et les épidémies. Les Powhatans apportent néanmoins de la nourriture à leurs voisins colons.

Pourtant les tensions grandissent entre les deux camps. Un jour, Pocahontas est capturée par un capitaine anglais pour faire pression sur les indiens. Elle est retenue comme otage dans Jamestown. Elle est forcée de s’habiller comme une européenne, d’apprendre la langue.

Elle est aussi convertie au christianisme et rebaptisée Rebecca.

John Rolfe, un Anglais de la colonie tombe amoureux d’elle et la demande en mariage. Le mariage sert en fait plusieurs intérêts. Pour le père de Pocahontas, chef de la tribu, il s’agit d’apaiser les tensions.

Pour la compagnie de Virginie, l’apaisement est bon pour les échanges commerciaux. Pour les Anglais le mariage montre le triomphe de la “civilisation” sur les autochtones. Pocahontas accouche d’un fils, Thomas.

La cour d’Angleterre

En 1616, Pocahontas et son époux quittent le continent pour venir se présenter à la cour d’Angleterre.

Elle est traitée comme “une princesse du Nouveau Monde” mais elle est surtout exhibée comme un objet de curiosité exotique. Elle participe à une mascarade, en présence du roi Jacques 1er.  Elle est immortalisée par un peintre hollandais, qui lui blanchit les traits et la présente comme une européenne.

Son histoire sert la propagande coloniale du royaume d’Angleterre. Pour les Anglais, c’est la princesse vertueuse qui a renoncé à sa culture pour la civilisation chrétienne. Mais Pocahontas, malheureuse, ne s’accoutume pas à la vie londonienne et tombe malade, probablement d’une dysenterie épidémique.

Elle meurt le 21 mars 1617, sur le bateau qui la ramenait en Virginie. Elle est enterrée sur les bords de la Tamise, bien loin de sa terre natale.

Pocahontas est l’une des seules femmes amérindiennes dont l’histoire est parvenue jusqu’à nous.

Dans le folklore, elle incarne la virginité originelle de la civilisation américaine. Une histoire alternative pacifiée où les indiens n’auraient pas été exterminés mais se seraient mélangés aux colons et assimilés dans la nation.

Beaucoup de grandes familles de Virginie vont se réclamer de Pocahontas, notamment l’ancienne première dame Nancy Reagan. En 2018, Trump a traité la candidate démocrate Elizabeth Warren de “Pocahontas”, un surnom ironique pour moquer les origines amérindiennes de l’ex-sénatrice.

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