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Lawrence Lessig, penseur d'un Internet libre, prêt à être candidat à la présidentielle américaine

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Il pourrait y avoir un candidat de plus à la primaire démocrate, avant l'élection présidentielle américaine de 2016. Après avoir récolté plus d'un million de dollars via une campagne de financement participatif, Lawrence Lessig, l'un des pionniers de l'Internet libre, envisage de se lancer, avec pour combat, la lutte contre la corruption du système.

Lawrence Lessig
Lawrence Lessig
- capture d'écran de la vidéo de précampagne

Il l'a fait. Lawrence Lessig s'était donné jusqu'au 7 septembre pour collecter auprès de particuliers un million de dollars (via la campagne de financemen t participatif qu'il a entamée 11 août dernier). Une somme dépassée ce dimanche 6 septembre. C'était la condition pour se lancer dans la bataille pour l'investiture démocrat e.

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*"Cette campagne ne porte pas sur un individu mais sur un principe * ", insiste ce professeur de droit à Harvard. "Nous devons faire en sorte que réparer le système devienne la première priorité du prochain Président, sans quoi aucune réforme significative ne sera possible ", explique-t-il. Le principal problème, dit Lessig, c'est la manière dont l'argent définit les priorités des législateurs. En cause, la possibilité pour les entreprises de financer les campagnes électorales. Lawrence Lessig avait déjà - sans franc succès - lancé l'initiative May Day, destinée à convaincre les politiques de réformer ces règles de financement.

Cette fois, son plan de bataille est le suivant : être un **"candidat-référendum". ** C'est-à-dire celui d'une seule promesse, celle de défendre l'égalité des citoyens, que le poids des lobbies ne permet plus d'assurer. Au moins Lawrence Lessig souhaite-t-il porter le sujet dans les débats. "Nous devons défier ce système truqué, de la même manière que McCarthy avait défié la guerr e", explique Lessig, se référant au sénateur démocrate Eugene McCarthy : en 1967, ce dernier s'était présenté à la primaire du New Hampshire "*parce qu’il craignait que la question morale la plus importante de l’époque, la guerre du Vietnam, soit invisible dans cette élection". * Son objectif, Lawrence Lessig le détaille dans son appel à candidature, que le site Rue 89 a traduit en français.

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S'il était candidat et élu - hypothèse hautement improbable - Lessig explique qu'une fois adoptées les réformes nécessaires pour «répare r » le système, il démissionnera au profit du Vice-président, qui peut aussi bien être «Hillary, ou Bernie, ou Joe, ou quelqu’un d’autre  ».

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Un penseur du web
Si Lawrence Lessig reste assez peu connu du grand public, pour beaucoup, c'est une référence, parfois presque une icône. Car dans l'histoire d'Internet, il est incontournable. Dès les années 90, il est l'un des premiers intellectuels à se saisir du sujet. Il s'intéresse à la vie privée, et surtout à la propriété intellectuelle à l'heure du numérique. Cela aboutir à la publication dès 1999, de Code et autres lois du cyberespace . Il y développe l'idée que le code informatique, loin d'être neutre, constitue la principale loi du cyberspace. D'où cette phrase célèbre, "code is law " (Le code est loi ).

C'est à ce partisan d'un Internet ouvert, libre et libéré des pressions économiques , que l'on doit la création de Creative commons. L'organisation propose des licences qui permettent à un auteur de partager ses créations en ligne en les libérant des droits de propriété intellectuelle.

Il mène des années de combat législatif contre le copyright avant de se saisir à partir de 2007 de ce qui deviendra son nouveau cheval de bataille, la lutte contre la corruption.

**Une campagne avec les codes du web **
15 jours après le lancement de sa pré-campagne, Lawrence Lessig a déjà collecté plus de la moitié du million de dollars qu'il espère. Pour cela, et convaincre les internautes, il peut compter sur l'aide de Jimmy Wales : le cofondateur de Wikipédia, préside désormais son comité de pré-campagne. Et à ce jour, 40 % de la somme a déjà été réunie. S'il continue à ce rythme, Lessing pourrait donc bien comme il dit "hacker la présidentielle " américaine.