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Le bouddhisme : une religion très diverse, mais mal connue

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Les bouddhistes représentent aujourd’hui la quatrième religion de France, bien implantée maintenant avec une vingtaine de temples, petits et grands, répartis sur le territoire.

Le grand mouvement de mode pour le bouddhisme date des années 1990, essentiellement dû à l’attribution du prix Nobel de la paix au Dalaï Lama. Face à la « Bouddha mania », l’Institut des Etudes Bouddhiques a été créé pour répondre aux questions du grand public sur le bouddhisme dans son ensemble, son histoire, son développement, sa pensée ou encore son implication en occident. Pour son directeur Dominique Trotignon, il est difficile d’être rigoureux sur les statistiques citées autour du bouddhisme.

Le chiffre fréquemment évoqué en France est de 1 million de bouddhistes. Mais il est à relativiser car basé sur la communauté asiatique, or tous les membres de ces pays, majoritairement bouddhistes, ne le sont pas forcément. Pour les Français de souche, le directeur de l’Institut des Etudes Bouddhiques annoncerait plutôt 20 à 25 000 personnes contrairement aux 200 à 300 000 souvent annoncés. Un seul sondage, daté de plus de 20 ans, fait état de 5 millions de sympathisants mais ce chiffre n’a pas été réactualisé. Une seule certitude, la grande mode du bouddhisme des années 1990 a reculé.

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Dominique Trotignon
Dominique Trotignon

Non pas un bouddhisme, mais des bouddhismes

La diversité du bouddhisme peut se comparer avec la complexité du monothéisme. Il existe trois grands courants dans le monothéisme : les juifs, les chrétiens et les musulmans. De la même manière, trois grands courants composent le bouddhisme : celui du sud-est asiatique, celui d’extrême orient et le bouddhisme himalayen. Chacun a sa structure, sa façon de fonctionner, ses canons d’écritures et sa hiérarchie. Et au sein de ces trois courants, il y a autant d’écoles et de lignées qu’il en existe dans le christianisme entre les orthodoxes, les catholiques et les protestants. Dominique Trotignon détaille les trois types d’associations bouddhistes présentes en France.

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Les implantations de ces centres sont très variables selon les communautés d’origine. Lorsque les associations sont liées à des populations immigrées, les implantations sont circonscrites à des régions précises. C’est le cas de Marseille car son port est un lieu d’arrivée, c’est également la situation de Paris, du Nord ou de la Bretagne pour des raisons économiques. Mais généralement les Français fréquentent peu ces centres. Le directeur de l’Institut des Etudes Bouddhiques revient sur les temples qui s’adressent précisément aux Français avec des différences sociologiques dans le public.

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De fausses idées sur le bouddhisme

Les raisons de l’intérêt pour le bouddhisme sont très variées et il y a encore beaucoup de malentendus. Le discours fondamental du bouddhisme, « c’est d’essayer de régler le problème de la souffrance ». Nous faisons tous partie d’une civilisation qui souffre mais cette souffrance peut être regardée à plusieurs niveaux comme l’explique Dominique Trotignon .

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Il existe un petit noyau de Français réellement pratiquants du bouddhisme, comme des Asiatiques l’entendraient. Et autour de ce groupe réduit, il y a une vaste population de sympathisants à des degrés divers. Cette sympathie peut aller d’un intérêt intellectuel et spirituel très profond à une simple impression d’être en accord avec des idées générales. L’ensemble des personnes intéressées par le bouddhisme est à la fois très large et très divers, tout comme en Asie.

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En France, un bouddhisme à l’occidentale

mai 2009. Les reliques du bouddha historique sont transférées à la Grande pagode du bois de Vincennes.
mai 2009. Les reliques du bouddha historique sont transférées à la Grande pagode du bois de Vincennes.
© Maxppp

L’occident, et notamment l’occident chrétien, porte une influence très réelle sur le bouddhisme moderne. Le directeur de l’Institut des Etudes Bouddhiques précise que depuis le milieu du 19e siècle et surtout depuis le milieu du 20e siècle, tout un mouvement du bouddhisme en Asie a ressenti un manque d’engagement social, en comparaison des missions chrétiennes.

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Étant donnée la tradition de laïcité « à la française », lorsque des personnes s’engagent par exemple dans l’accompagnement aux mourants ou aux malades, elles le font à titre individuel sans étiquette « bouddhiste ». Mais les choses changeront dès que l’Union Bouddhiste de France mettra en place des aumôneries bouddhistes. Ces structures existent déjà pour les autres religions, chrétienne, juive et musulmane, implantées depuis beaucoup plus longtemps en France.

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Il existe malgré tout une grande communauté dans les pratiques des différents bouddhismes. La première est celle du don : le soutien à la communauté, à l’élite qui pratique la méditation. Certains textes de référence sont également communs et donne une unité sans doute plus grande qu’entre les différentes religions monothéistes. Enfin, tous les bouddhistes se réclament du Bouddha historique, Gautama Shākyamuni , qui a vécu en Inde.

L’Union Bouddhiste de France œuvre en ce sens, pour une réunion des bouddhismes de France, particulièrement autour des activités de la grande pagode du bois de Vincennes à Paris. Plusieurs manifestations ces dernières années ont montré une réelle envie de collaboration, notamment il y a deux ans, quand la France a accueilli des reliques du Bouddha historique. C‘est d’ailleurs le seul pays d’occident honoré de ce don de la Thaïlande. A cette occasion, les bouddhistes français ont affirmé le rassemblement d’une communauté bouddhique qui tisse des liens entre ses différents courants.