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"Le bulldozer" Jacques Chirac est mort

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© AFP

Disparition. "Le bulldozer", c'est ainsi que Georges Pompidou surnommait le jeune et fougueux député de Corrèze qui avança méthodiquement vers l’Élysée pendant trente ans. Retour sur le parcours politique de celui qui est mort ce jeudi matin, à 86 ans, "au milieu des siens, paisiblement".

Malade depuis plus de dix ans, l'ancien président de la République Jacques Chirac est mort ce jeudi matin à l'âge de 86 ans, a annoncé son gendre Frédéric Salat-Baroux à l'AFP. "Le président Jacques Chirac s'est éteint ce matin au milieu des siens. Paisiblement", a déclaré M. Salat-Baroux, époux de Claude Chirac. Retour sur son parcours politique.

Portrait de Jacques Chirac par Louise Bodet et Stéphane Robert et analyse du politologue Pascal Perrineau

6 min

En savoir plus : Quelle place pour Jacques Chirac dans l'Histoire ?

Le plus jeune ministre de France sous De Gaulle

En 1967, après des engagements de jeunesse nettement à gauche, allant jusqu'à vendre L'Humanité, celui qui s'était formé à Louis-Le-Grand puis Sciences Po et l'ENA devient le plus jeune ministre de France sous De Gaulle. Sa longue carrière ministérielle débute, faite d'amitiés et de trahisons, qui le conduira à Matignon sous Giscard en 1974. Un poste dont il démissionnera d'un coup d'éclat à la fin de l'été 76, pour lancer son RPR (Rassemblement pour la République). Il y reviendra sous Mitterrand, en Premier ministre de la cohabitation, en 1986.

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En 1977, à 45 ans, sur sa lancée de reconquête de la droite et en guerre ouverte avec Giscard, il décroche la Mairie de Paris, sa ville natale, et en restera le visage et la voix pendant dix-huit ans. Réélu en 1983 et en 1989, avec à chaque fois un grand chelem : ses listes s'imposent dans tous les arrondissements. Récit de Samuel Aslanoff et archive de Jacques Chirac candidat, qui cumulera d'ailleurs avec son poste de député de la Corrèze :

Maire de Paris, une place en or pour asseoir son pouvoir politique.

55 sec

"Faire en sorte que la capitale de la France ne tombe pas entre les mains des socialo-communistes."

59 sec

Il visera ensuite directement l’Élysée, après deux échecs en 1981 et 1988. Avec une "remontada" d’anthologie lors de sa troisième campagne, enfin gagnante.

En savoir plus : Jacques Chirac et sa "remontada" de 1995

Avant de se faire élire, Jacques Chirac a dû franchir les haies d'obstacles érigées par ses amis de trente ans, comme Édouard Balladur. Et il a dû s'assurer le soutien de l'aile dure de la droite, via le puissant Charles Pasqua. C'était l'époque du "bruit et [de] l'odeur." Des propos sur l'immigration prononcés le 19 juin 1991 qui sèment le trouble et provoque des remous dans la classe politique :

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À lire : Ainsi parlait Jacques Chirac : retour sur dix déclarations marquantes

Il partagera avec le "parrain du RPR" le fait d'être maintes fois cité dans des affaires politico-financières, devenant le premier président condamné par la justice - en l'occurrence à 2 ans de prison avec sursis dans l'affaire des emplois fictifs de la ville de Paris :

Retour sur sa condamnation historique en 2011, en son absence. Récit de Florence Sturm

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Il aura aussi noué des relations serrées avec tous les poids lourds de la Françafrique. Écoutez les précisions de Ludovic Piedtenu :

Jacques Chirac l'Africain

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 Jacques Chirac élu nouveau président de la République au balcon de sa permanence électorale, avenue d'Iéna, à Paris, le 7 mai 1995
Jacques Chirac élu nouveau président de la République au balcon de sa permanence électorale, avenue d'Iéna, à Paris, le 7 mai 1995
© AFP - Pierre Boussel

En douze ans de mandat présidentiel, il s'installe dans le rôle paternaliste de chef de l’État, formant au moins à l'écran un couple des plus traditionnels avec sa femme Bernadette.

La France découvre sa passion pour le Japon ou les Arts premiers :

Jacques Chirac, homme de cultures. Par Cécile de Kervasdoué

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À lire : Quand Jacques Chirac racontait la "spatule vomitive" et les indiens Tainos

Le monde le voit tenir tête aux États-Unis, avec Dominique de Villepin, contre la guerre en Irak et George Bush. 

Une politique étrangère d'inspiration gaulliste pour singulariser la voix de la France. Analyse d'Olivier Poujade

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Et devenir écologiste ("Notre maison brûle et nous regardons ailleurs", en 2002) ou marquer l'Histoire avec le discours du Vel d'Hiv :

Les Français le voient aussi perdre comme un débutant son pari de 1997 : quand il décide de dissoudre l'Assemblée nationale pour élargir sa majorité et se retrouve à son tour à devoir cohabiter avec un Premier ministre de gauche, Lionel Jospin pendant cinq ans.

L'homme de deux cohabitations. Récit et analyse de Stéphane Robert

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Le président Chirac sera sans concession avec l'extrême-droite, avec qui il refusera toute alliance. Et même tout débat en 2002, quand il se retrouve face à Jean-Marie Le Pen au second tour de l'élection présidentielle. Ce séisme politique d'alors a résonné lors des élections régionales de décembre 2015, avec ce front républicain que Chirac avait lui-même expérimenté à l'époque, sans qu'il n'empêche l'histoire de se répéter.

Instantanés : de la conquête du pouvoir au président qui refuse la guerre en Irak

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© Visactu