Le Camp Nou, orgueil du club du Barça, le 1er mai 2013, lors d'une demi-finale de la ligue des Champions contre le Bayern de Munich.
Le Camp Nou, orgueil du club du Barça, le 1er mai 2013, lors d'une demi-finale de la ligue des Champions contre le Bayern de Munich.

Le Camp Nou, stade de légende du FC Barcelone et siège du catalanisme

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Le Camp Nou, stade de légende du FC Barcelone et du catalanisme

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"Més que un stade", pourrait-on dire au sujet de l'une des plus célèbres enceintes de foot au monde. Le Camp Nou est indissociable des stars blaugranas du Barça, d'une région et de son identité. Symbole de matches d'anthologie, de trophées à gogo et de la ferveur et l’indépendantisme de ses socios.

Si la pelouse du Camp Nou savait parler, elle pourrait raconter quelques-uns des plus beaux matches de l’histoire du football ou bien les arabesques de certains des plus grands joueurs. Le stade du FC Barcelone, le plus grand d'Europe, possède une charge mémorielle considérable : le Camp Nou est sans aucun doute une enceinte qui compte et sa rénovation qui vient de débuter pourrait encore ajouter à sa légende.

Tout aurait commencé pour le Hongrois László Kubala

Le Camp Nou a été inauguré en 1957. Jusque-là, le FC Barcelone évoluait au stade de Les Corts, dans le quartier du même nom. Un "petit" stade de 60 000 places, trop petit pour servir les immenses ambitions du fleuron catalan et de Francesc Miró-Sans, son président de 1953 à 1961, grand instigateur du projet.

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Mais la légende veut que si Miró-Sans a eu l’idée de ce Camp Nou, ce nouveau stade de 100 000 places, c’était surtout pour satisfaire les fans du Barça qui n’en pouvaient plus de s’entasser à Les Corts pour admirer leur idole : László Kubala. Un seul joueur aurait donc été à l’origine de la construction du Camp Nou. Mais pas n’importe lequel : László Kubala, la star hongroise du FC Barcelone.

Arrivé en Catalogne en 1950, Kubala aura été le symbole du renouveau "blaugrana" avec son compatriote Sándor Kocsis, débarqué quelques années plus tard, et le milieu de terrain espagnol Luis Suárez, ballon d'or en 1960, dans une équipe entraînée par le franco-argentin Helenio Herrera.

László Kubala ou 4 titres de champion d’Espagne 1952, 1953, 1959, 1960. Vainqueur de la Coupe d’Espagne en 1951, 1952, 1953, 1957 et 1959. 194 buts en 256 matchs. Finaliste de la Coupe d’Europe des Clubs Champions en 1961 contre le Benfica Lisbonne Coupe d'Europe des clubs champions en 1961 avec le FC Barcelone.

Inauguration le 24 septembre 2009 au Camp Nou d'une statue en hommage à László Kubala (1927 - 2002).
Inauguration le 24 septembre 2009 au Camp Nou d'une statue en hommage à László Kubala (1927 - 2002).
© Maxppp - Alberto Estevez / EPA

Le Camp Nou, siège du catalanisme

Grâce aux titres remportés par Kubala et ses coéquipiers, le FC Barcelone brise enfin l’hégémonie du Real Madrid, le club de cœur du dictateur Francisco Franco et le Camp Nou devient le siège du catalanisme, le symbole de la lutte contre le pouvoir central.

C’est Narcís de Carreras qui résume le mieux ce qu’est en train de devenir le FC Barcelone à cette époque : en 1968, lors de son discours d’investiture en tant que président de l’institution, il explique que le Barça est "Més que un club" : plus qu’un club. La phrase est relevée, répétée par tous les Catalans, jusqu’à devenir la devise du club, écrite en lettres d’or dans les tribunes du Camp Nou.

Comble d’ironie, Narcis de carreras, s’il était catalan, était également un franquiste convaincu. La devise du Barça a donc été inventée par un franquiste.

Des supporters en 2019 derrière l'"Estelada", le drapeau de revendication de l'indépendance, et une revendication de libération de prisonniers politiques.
Des supporters en 2019 derrière l'"Estelada", le drapeau de revendication de l'indépendance, et une revendication de libération de prisonniers politiques.
© AFP - Lluis Gene

Manuel Valls a composé l’hymne du Camp Nou

Après sa devise, le FC Barcelone devait avoir sa chanson, un hymne qui puisse résonner dans les tribunes du Camp Nou avant chaque rencontre. Ainsi est né "El cant del Barça", chanté pour la première fois dans le stade le 27 novembre 1974 dans le cadre des célébrations du 75e anniversaire du club, par 3 500 voix dirigées par le chef de cœur Oriol Martorell.

Les paroles, en catalan évidemment, sont de Jaume Picas, écrivain, réalisateur et acteur, et Josep Maria Espinàs, écrivain et journaliste, alors que la musique a été composée par… Manuel Valls. Pas l’ancien Premier ministre de la France, mais presque… puisque ce Manuel Valls là n’est autre que le cousin du père de l’homme politique, lui-même grand supporter du Barça.

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Une tête de cochon pour Luís Figo

Même s’il était l’un des stades les plus modernes au monde au moment de sa création, même s’il est encore aujourd’hui le plus grand stade d’Europe avec ses presque 100 000 places, le Camp Nou est d’abord connu pour les matches qu’il a accueillis, à commencer par les "Classicos" contre le Real Madrid, l’éternel rival. Si le Barca est plus qu’un club, les affrontements contre le Real sont plus que des matchs. Un exemple au début des années 2000 : le Portugais Luís Figo est le capitaine et le chouchou du public du Camp Nou, mais il décide de rejoindre le Real Madrid en échange d’un énorme contrat. Pour son retour au Camp Nou avec le maillot du Real, il est la cible des supporters Bleu et Grenat qui lui jettent un nombre incalculable de projectiles. Des briquets, des bouteilles, d’eau ou de whisky et même une tête de cochon grillé.

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Le "Classico" est le match de toutes les passions et donc celui de toutes les vilénies. À chaque fois, il est question de suprématie, de catalanisme, de Castillan, d’économie et de politique… et ce n’est donc pas un hasard si Johan Cruyff a été vénéré dès son arrivée à Barcelone, en 1973. Sincère ou habile, le Néerlandais avait expliqué qu’il avait choisi le Barça plutôt que le Real pour ne pas porter les couleurs d’un club soutenu par Franco.

Des matches mythiques dans un stade mythique

Certain affirment qu’il y a un microclimat au-dessus du Camp Nou, un fluide qui flotte dans l’air et inspire les joueurs. Parce qu’on ne compte plus le nombre de matches joués dans ce stade qui sont entrés dans l’imaginaire collectif. Deux finales de la Coupe d'Europe des clubs champions se sont ainsi jouées au Camp Nou. Deux matchs de légende ! En 1989, d’abord, le Milan AC écrase les Roumains du Steaua Bucarest 4 buts à 0 pour ce qui restera comme l’un des sommets du grand Milan, sublimé par son trio néerlandais Frank Rijkaard, Ruud Gullit, Marco van Basten.

En 1999, ensuite, Manchester United renverse le Bayern Munich. Les Allemands mènent 1 à 0, mais grâce à deux buts dans les arrêts de jeu, les Anglais finissent par l’emporter, le Norvégien Ole Gunnar Solskjær inscrivant le but de la victoire à la 93e minute…

Mais le match le plus incroyable du Camp Nou, celui qui a marqué l’histoire récente du stade, c’est la "remontada", le 8 mars 2017. Une remontée déjà légendaire : en 8es de finale retour de la Ligue des champions, après avoir perdu le match aller 4 à 0 au Parc des Princes, le Barça reçoit le PSG au Camp Nou. Et contre toute attente, Paris sombre avec une défaite 6 buts à 1 dans un stade en ébullition.

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Le Camp Nou aime les étoiles

Peu de stades au monde peuvent se vanter d’avoir vu évoluer autant de stars. La liste pourrait ressembler à un véritable inventaire à la Prévert, notamment avec les Brésiliens Romário, Neymar, Ronaldo, Rivaldo, ou Ronaldinho.

Au sommet de cette liste, il y aurait deux Argentins de génie : Diego Maradona et Lionel Messi. Maradona n’a joué que deux saisons au Camp Nou : 58 matchs sous les couleurs du Barça pour 38 buts et une coupe du roi. Un bilan honnête, mais c’est à Naples que Diego Maradona est devenu une idole, pas à Barcelone. Lionel Messi, lui, est arrivé en Catalogne à 13 ans et il a évolué 17 saisons sous le maillot blaugrana pour un total de 778 matchs, 672 buts et 268 passes décisives… avant de partir, en larmes, au Paris Saint Germain.

Messi, le Barça et le Camp Nou, ou 10 titres de champion d’Espagne, 7 coupes du Roi, 4 Ligues des champions, 3 coupes du monde des clubs.

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Un nouveau Camp Nou pour 2025

Le Camp Nou aura finalement vécu 65 ans : 1957 - 2022. Les travaux du futur stade viennent de débuter. Ce sont les socios du Barça, les abonnés du stade, qui l’ont décidé au terme du premier référendum en ligne de l’histoire du club : près de 88 % des socios ont voté pour le financement d’un nouvel "espace Barca", une rénovation de très grande envergure à hauteur d’1,5 milliard d’euros.

La capacité du nouveau stade sera portée à 110 000 places. Un toit abritera toutes les tribunes, un toi recouvert de panneaux solaires. Parce que le nouveau Camp Nou bénéficiera des dernières technologies environnementales : les bureaux seront chauffés par géothermie et l’eau de pluie sera recyclée. En attendant, malgré ces travaux colossaux, cette saison, le Barça continuera de jouer dans un ½ Camp Nou. La saison prochaine, en revanche, le FC Barcelone ira s’exiler au stade olympique, sur la colline de Montjuic.

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