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Le Corbusier enfin au patrimoine mondial de l'humanité

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Le Corbusier face au plan de la ville ultra-moderne qui s'appellera Chandigar et dont le Complexe du Capitole est désormais patrimoine mondial de l'humanité
Le Corbusier face au plan de la ville ultra-moderne qui s'appellera Chandigar et dont le Complexe du Capitole est désormais patrimoine mondial de l'humanité
© AFP - Film / Stf

Charles-Edouard Jeanneret-Gris, dit Le Corbusier (1887-1965), a enfin obtenu ce dimanche la reconnaissance de l'Unesco. Après deux dossiers rejetés en 2009 et 2011. Sur la base cette fois de 17 sites choisis dans sept pays qui illustrent son apport au "Mouvement moderne" et à une oeuvre sociale.

L'union fait la force. Pas moins de sept pays ont enfin réussi à proposer le dossier Le Corbusier qui a convaincu l’Unesco (à lire ci-dessous). La France, en tête, la Suisse, la Belgique, l’Allemagne, l’Argentine, le Japon et l’Inde viennent d’être récompensés à Istanbul lors de la 40e session du Comité du patrimoine mondial. Session un temps suspendue au devenir du pays pris dans une tentative de coup d’État.

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La candidature d'oeuvres de l'architecte suisse naturalisé français avait en effet déjà été retoquée en 2009, puis en 2011 !
Le directeur de la Fondation Le Corbusier, Michel Richard, reconnaît qu'"il y avait eu peut-être un peu d'arrogance dans les premières candidatures". Cette fois, "On a fait un peu de pédagogie" et "on a revu le coeur du dossier, ce que l'Unesco appelle la valeur universelle exceptionnelle."

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Les clés de la réussite du troisième dossier Le Corbusier présenté à l'Unesco

3 min

"On a retravaillé autour de la notion d'influence. C'est à dire qu'on s'est efforcé de démontrer comment l'oeuvre de Le Corbusier, l'oeuvre matérielle, ses bâtiments, avaient eu une influence prépondérante, avec d'autres évidemment. Il ne s'agit pas de prétendre que Le Corbusier a tout fait. D'ailleurs, le sous titre du dossier est bien : Une contribution au modernisme."

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Une candidature sans frontières, à l'image de ce visionnaire

Pour enfin convaincre, le site de Chandigarh, en Inde, a rejoint une liste déjà très internationale. Et Michel Richard souligne qu'elle reflète l'esprit pionnier de Le Corbusier.

Car le célèbre urbaniste, mais aussi décorateur, peintre et homme de lettres, a "construit, projeté, dans une trentaine de pays. Mais il a réalisé in fine des bâtiments dans onze pays et sur quatre continents !"

"Un pionnier dans sa pensée d'une architecture sans frontières"

1 min

Les 17 sites choisis dans le monde entier, dont 10 en France
Les 17 sites choisis dans le monde entier, dont 10 en France
© Radio France

**"On s'est efforcé de construire une série qui ne serait pas que monumentale, pas que les icônes." **

Le directeur de la fondation qui a coordonné ce dossier Le Corbusier affirme aussi en quelque sorte ne pas avoir cédé à la facilité. Avec une grande diversité dans les sites représentatifs proposés. Contrairement aux recommandations d' Icomos, l'organe consultatif officiel de l'Unesco, disposé à une simple liste des icônes de celui dont les proximités avec Vichy, voire selon certains le fascisme, ont fait polémique l'an dernier.

"Ce que l'on a essayé de montrer, (explique Michel Richard), c'est que, du cabanon de Roquebrune-Cap-Martin, qui fait 15 m2, au Capitole de Chandigarh, il y a une continuité de pensée, de travail et de liberté. Et à quelques exceptions près, comme la Villa Savoye ou la maison La Roche,  à Paris, ce sont des bâtiments qui ont conservé leur usage d'origine. Si l'on prend par exemple l'usine Duval, à Saint-Dié, c'est toujours un atelier de passementerie."

Une majorité de sites à vocation sociale et un "patrimoine vivant" qui pour l'essentiel a conservé son usage d'origine.

3 min

A écouter > Les modes de vie vus par Le Corbusier

L'usine Duval, à Saint-Dié-des-Vosges, dessinee par Le Corbusier en 1947 pour la bonnetterie Duval, et aussi connue comme usine verte.
L'usine Duval, à Saint-Dié-des-Vosges, dessinee par Le Corbusier en 1947 pour la bonnetterie Duval, et aussi connue comme usine verte.
© Maxppp - Thierry Gachon

A lire > Le cabanon de Roquebrune : face à un site exceptionnel, le minimum

Manifestation en mai 2011 d'habitants de Roquebrune-Cap-Martin pour obtenir le classement au Patrimoine mondial de l'humanité du cabanon du Corbusier
Manifestation en mai 2011 d'habitants de Roquebrune-Cap-Martin pour obtenir le classement au Patrimoine mondial de l'humanité du cabanon du Corbusier
© Maxppp - Eric Dulière / Nice matin

Un gage de pérennité

On peut se demander ce que le célèbre logo de l'Unesco peut apporter en 2016 à la reconnaissance de l'oeuvre de Le Corbusier. Lui qui avec Guimard est déjà l'architecte qui a en France le plus grand nombre d'oeuvres protégées. Pour Michel Richard, "c'est se donner des moyens supplémentaires de préserver cette oeuvre. Parce que, quoi qu'on en dise ou en pense, il y a toujours des menaces. La fondation Le Corbusier ne sera pas toujours là. Il peut y avoir des évolutions dans les villes, des changements de politique." Et de rappeler qu'au début des années 60, le ministère de l’Éducation nationale envisageait de détruire la Villa Savoye, et que "c'est grâce à Malraux que pour la première fois en France l'oeuvre d'un architecte a été protégée de son vivant."

Découvrir > Immersion à la Villa Savoye de Le Corbusier

A Firminy, près de Saint-Étienne, l'essentiel des visiteurs vient déjà du monde entier pour découvrir ce quartier préservé avec des habitations, un stade, une église, une piscine, et surtout la maison de la Culture, réalisée et inaugurée par Le Corbusier, et toujours en activité. Des touristes australiens et beaucoup de Japonais, raconte Géraldine d’Abrigeon, la directrice conservatrice du lieu.

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A lire > Firminy-Vert ou l'urbanisme de Le Corbusier comme "re-création du corps et de l'esprit"

Malgré tout, Géraldine d’Abrigeon estime que cette entrée au patrimoine de l'humanité va encore renforcer ce rayonnement à l'international. Et elle évoque aussi le gain de fréquentation sur la base d' une publication de l'Icomos en 2011. Michèle Prats, vice-présidente d'Icomos France, y écrivait ainsi que "Les études sont encore insuffisantes pour apprécier les impacts directs et indirects de cette inscription. Néanmoins, il est communément admis qu’elle se traduit généralement par une augmentation de la fréquentation, de l’ordre de 20 à 30%. C’est ce qui s’est passé pour l’Ile de la Réunion et pour la ville d’Albi. Cette dernière a connu une augmentation de 40% du nombre de visiteurs, et en progression constante, dans les 4 mois qui ont suivi son inscription".

La "marque" Unesco va s'ajouter à celle du Corbusier, déjà internationale

4 min

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