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Le corps à l'ère numérique

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Le corps à l'ère numérique
Le corps à l'ère numérique
© Getty - gremlin

Le corps, machine à recevoir, traiter et produire des traces ? À partir d'une telle définition, le parallèle semble évident entre corps et ordinateur.

Au rebours d'une vision du corps comme un tout strictement séparé de son environnement, on peut définir le corps par les relations qu'il entretient avec ce qui l'entoure, le traverse et le transforme. Les corps sont affectés, ils affectent en retour, et l'échange de ces affections produit des traces : depuis les traces de pas, le CO2 recraché, les paroles prononcées, les SMS envoyés..., jusqu'aux livres publiés, aux entreprises fondées, aux maisons bâties et aux enfants conçus. Des plus infimes (la respiration) jusqu'aux plus grandes (leur reproduction biologique), les corps laissent des traces. Ils sont eux-mêmes le produit d'une multitude infinie de traces : un corps reçoit du dioxygène et rejette du dioxyde de carbone, il est issu du corps de ses parents et il peut en engendrer de nouveaux. Le corps, machine à recevoir, traiter et produire des traces ? À partir d'une telle définition, le parallèle semble évident entre corps et ordinateur. Quand nous appelons ces traces "données", nous faisons comme si nous savions réduire le corps à une longue série de 0 et de 1. Pourtant, le réel ne se limite pas aux "données" récoltées sur son compte. Pourquoi certains réduisent-ils les traces infinies aux "données" numériques ? Quelles en sont les conséquences politiques ? Est-il possible de s'y soustraire, et pour dessiner quelle alternative numérique ?  

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Une rencontre enregistrée en mars 2019.

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Yves Citton, professeur à l’université Paris 8, co-directeur de la revue "Multitudes", auteur notamment de Pour une écologie de l’attention (Seuil, 2014), Médiarchie (Seuil, 2017) et Contre-courants politiques (Fayard, 2018).

En savoir plus : Au temps des médias avec Yves Citton