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Le harem et le rôle politique des femmes

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Le Harem, choix de la concubine
Le Harem, choix de la concubine
- Giulio Rosati / Wikimedia Commons

Le rôle des femmes dans la sphère politique, au Maroc et dans l'empire ottoman. Les écarts sont profonds entre les représentations occidentales du harem et les perceptions locales. Penser le harem sultanien et la place des femmes dans une histoire islamique, du XVIe au XIXe siècles.

Si je dis le mot "harem", on a tout de suite en tête deux images différentes, tout d’abord et spontanément, l’image d’un monde érotisé et érotique, on pense immédiatement aux peintures du XIXe siècle, à des femmes dénudées qui se baignent ensemble avec des esclaves à l’arrière-plan… Et puis, sur un plan politique, on a en tête lorsque l’on prononce le mot harem, les complots de harem, un monde d’intrigues, de secrets d’alcôves, de révolutions de palais. Cela nous renvoie à une vision du politique dans le monde islamique qui serait dominée par le harem, un monde de favorites. Voilà deux images qui nous viennent spontanément à l’esprit, depuis un arrière-plan européen.

Depuis Les lettres persanes de Montesquieu, l’Europe lie étroitement la question du despotisme oriental à celle du harem, pourquoi ?

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Le sultan est vu comme un sultan faussement puissant, dominé par ses passions et qui est prisonnier de son entourage, en grande partie féminin, qui complote pour confisquer son pouvoir. Cet ensemble de représentations nous donne a priori une image d’altérité absolue du fait politique dans le monde oriental et dans le monde islamique.

A quoi renvoie cette altérité ?

A un héritage très ancien, à un schème d’altérités qui recoupe l’opposition entre la démocratie athénienne et le despotisme perse (…) on pourrait simplement partir du fait qu’on a là une forme de projection sur le temps long, une sorte de construction de l’antithèse de la liberté politique de l’Occident, de l’esclavage des orientaux contre la liberté et la démocratie des occidentaux.

Penser le Harem Sultanien

57 min

Une conférence enregistrée en 2016

Jocelyne Dakhlia, Directrice d'études à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales.

En savoir plus : Ralentir travaux : Jocelyne Dakhlia - [3/5] Entre harem et sérail