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Le minimalisme : l’apport de Donald Judd et de Sol LeWitt

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La collection combinée du SFMOMA et des Fisher offre une introduction de choix sur l’art américain, particulièrement prolifique post-Seconde Guerre mondiale. Elle recèle en effet d’œuvres majeures qui ont apporté leurs pierres à la construction du patrimoine culturel des États-Unis...

Vue de l’exposition Icônes Américaines (4) scénographie Bill Katz et Nicolas Adam © Rmn-Grand Palais / photo François Tomasi

Cherchant pour certains à échapper à l’implacable étiquette du « minimalisme », formulée par la critique dans un souci de compréhension, ces artistes semblent de prime abord plus difficiles d’accès. Au delà des résistances d’esprit, cet art parfois radical tant dans son exécution que dans sa perception, exige une expérience propre à chacun. Parmi eux, Donald Judd et Sol LeWitt font figure d’emblème.

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En élaborant ses « Specific objects », pour reprendre le titre de son manifeste publié en 1965, Donald Judd nous invite à repenser l’espace dans sa globalité et bouscule la conception classique de la sculpture dont il s’émancipe volontairement. Caractérisées par une haute technicité et une perfection hors pair, ses structures murales ne présentent par exemple aucune soudure afin d’en préserver l’impact visuel global. En jonglant sur l’horizontalité, la verticalité, les variations d’échelles et de couleurs, Donal Judd crée ainsi l’interaction.

Élancées dans le vide et ne reposant parfois que sur un seul point d’appui, ses œuvres se font alors le repère inouï d’une vague d’illusions et d’effets d’optique à laquelle seul un œil attentif sera réceptif. Dans ce cadre, la collection Fisher et le SFMOMA possèdent des œuvres clés de l’artiste à l’image de sa première structure murale horizontale, dont il a dédié le titre à une inspirante collectionneuse d’art de Kansas City, To Susan Buckwalter, et de ses deux empilements verticaux de dix unités en petits formats, qui fidèles à la rigueur minimaliste, sont eux dénués de noms. Affinant son jugement grâce à son activité de critique d’art lors de ses jeunes années, Donald Judd a par ailleurs, contribué à repenser la figure de l’artiste, se montrant à la fois chef d’orchestre coordonnant sa production tel un architecte et commissaire d’exposition en pensant ses œuvres comme un tout cohérant dans un espace donné.

Par une exploration de la forme simplifiée et de l’objectivité, Sol LeWittt se rapproche de Donal Judd à travers des œuvres troublantes de rationalisme. Pourtant, force est de constater qu’elles sont pour la plupart la résultante d’un processus artistique privilégiant au contraire la pensée libre et le primat du concept. « Les idées elles-mêmes peuvent être des œuvres d’art. » « La perception est subjective » sont des phrases caractéristiques de son cheminement de pensée et de sa conception tridimensionnelle de l’œuvre.

Iconoclaste empreint de conceptualisme, Sol LeWitt cherche délibérément à s’extraire du label « minimaliste » dont il aura, malgré les réticences, contribué à brosser la physionomie par des travaux muraux à la géométrie hypnotique et aux couleurs brulantes de sensualité.

Article rédigé par Pauline Weber.

Retrouvez les Icônes américaines sur le site du Grand Palais.

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