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Le musicien Florian Schneider, fondateur du groupe Kraftwerk, est mort

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Florian Schneider (à droite) avec Kraftwerk à New York en 1975
Florian Schneider (à droite) avec Kraftwerk à New York en 1975
© Getty - Maurice Seymour/Kraftwerk/Getty Images

Le collectif continuait déjà sans lui depuis 2009, mais l’un des groupes les plus influents de la musique pop en général et de la musique électronique en particulier, a perdu il y a quelques jours l’un de ses fondateurs : l’Allemand Florian Schneider, membre de Kraftwerk, est mort.

De Bowie à David Guetta, en passant par Jean-Michel Jarre et la plupart des DJ, tous ont au moins écouté les accords électroniques que Kraftwerk propose au monde à partir des années 1970. Et sans doute pioché beaucoup d’influences, pas seulement musicales mais aussi visuelles. Florian Schneider, l’un des deux fondateurs de ce groupe extrêmement influent né sur les bords du Rhin allemand, est mort il y a plusieurs jours à l’âge de 73 ans. L’annonce a été faite ce mercredi par le groupe. 

Le flûtiste Florian Schneider rencontre Ralf Hütter à la fin des années 1960 par le biais du Conservatoire de Düsseldorf et, marqués par les musiques expérimentales, ils s’essayent d’abord à l’improvisation avant de structurer leur musique et de fonder Kraftwerk ("Centrale électrique") en 1970. Le groupe appartient au départ à une certaine avant-garde, comme le racontait l’an dernier Ralf Hütter sur France Inter à l’occasion de l’exposition Electro à la Philharmonie de Paris : "L’époque était à la suprématie de la musique anglo-américaine et de la musique classique historique allemande. Il fallait donc trouver une alternative pour jouer. Et donc pour Kraftwerk, ça a été plutôt dans les galeries d'art, les clubs de jazz, les universités". 

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Confier la musique aux ordinateurs

Mais à partir de 1974 et l’album Autobahn, leur musique répétitive, faite de sons nouveaux sur des rythmes dansants, prend un tour plus populaire avec des titres parfois raccourcis pour passer en radio. Non sans une certaine ironie, car Kraftwerk utilise en effet des technologies nouvelles, vocoder ou moog, pour évoquer avec une froide distance la modernité. Et avec des titres comme "Autoroute" ("bande-son d'un road movie allemand", dira le groupe), "Radioactivité", ou "Homme-machine", leurs morceaux renvoient à l’idéologie du progrès teintée dans le même temps d’une angoisse très mittel-Europa de la fin des Trente glorieuses. Où l’Allemagne est coupée en deux parties appartenant chacune à un "bloc", où les peurs environnementales croissent au moment où surviennent les "chocs pétroliers". C’est ce genre d’atmosphère que David Bowie – qui revendique explicitement l’influence de Kraftwerk -, ira chercher avec sa trilogie berlinoise en fin de décennie.  

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Kraftwerk enchaîne les disques et les succès jusqu’au début des années 1980, en France après l’Allemagne, puis dans tout le monde occidental, en particulier en Angleterre au moment de Computer world. Il faut dire qu’au-delà de la musique, le groupe investit aussi le champ pictural, se faisant parfois remplacer en concert par des robots ou des images de synthèse, ce qui renforce ainsi leur esthétique désincarnée. 

A partir du milieu des années 1980, des tensions d’abord, puis l’explosion des musiques électroniques, éclipsent peu à peu les travaux de Kraftwerk. Mais, partout, leurs morceaux vont être énormément samplés, les hommages se multiplier, et les concerts continuent tandis que leur trajectoire va peu à peu retrouver celle des musées et autres expos universelles. Le groupe, sans Florian Schneider, déjà, s’était produit en 2014 à la Fondation Louis Vuitton à Paris. 

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