Publicité

Le Nobel de chimie couronne un Français, père des plus petites machines du monde

Par
Jean-Pierre Sauvage, lors d'une conférence de presse à l'université de Strasbourg, mercredi 5 octobre.
Jean-Pierre Sauvage, lors d'une conférence de presse à l'université de Strasbourg, mercredi 5 octobre.
© AFP - PATRICK HERTZOG

Le prix Nobel de chimie, troisième récompense du cru 2016, a été décerné ce mercredi à trois chercheurs dont le Français Jean-Pierre Sauvage pour le développement de machines moléculaires. Les débouchés sont nombreux, du stockage d’énergie au traitement anti-cancer.

"Un petit ascenseur, des muscles artificiels, des moteurs minuscules" et autres_"machines moléculaires"_. Nous ne sommes pas dans un film de science-fiction mais bien en 2016, et ces termes sont ceux choisis par l’académie Nobel au moment d'annoncer le prix Nobel de chimie ce mercredi. Il a en effet été décerné au Français Jean-Pierre Sauvage, de l’université de Strasbourg, au Britannique Fraser Stoddart et au Néerlandais Bernard Feringa pour avoir conçu des machines moléculaires. De la mécanique de précision à l'échelle microscopique...

Xavier Martinet a pu joindre Jean-Pierre Sauvage quelques minutes après sa distinction, dans l'émission "La Méthode scientifique" sur France Culture :

Publicité

Jean-Pierre Sauvage : "Ce sont des machines parce qu’on peut les faire bouger, se déplacer, faire des engrenages, des moteurs, tout ça à l’échelle du nanomètre."

4 min

Écoutez : en 2007, l'émission "L'Eloge du savoir" présentait et diffusait une conférence de Jean-Pierre Sauvage intitulée "Machines et moteurs moléculaires : de la biologie aux moteurs de synthèse" :

"Machines et moteurs moléculaires" conférence de Jean-Pierre Sauvage

57 min

Miniaturisation et molécules contrôlables

Lors de l'annonce du prix Nobel de chimie à Stockholm, mercredi 5 octobre.
Lors de l'annonce du prix Nobel de chimie à Stockholm, mercredi 5 octobre.
© AFP - JONATHAN NACKSTRAND

Ils ont réussi à produire des molécules "dont les mouvements sont contrôlables", précisent les membres du Nobel : elles peuvent même effectuer une tâche quand on les alimente en énergie. Une miniaturisation révolutionnaire donc, qui_"conduit la chimie vers une nouvelle dimension"_.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Tout remonte à 1983 : les yeux dans son microscope, Jean-Pierre Sauvage parvient à lier deux molécules en forme d’anneau. Cet assemblage forme une chaîne, un premier pas vers une liaison mécanique.

Le premier moteur moléculaire

En 1991, son confrère Fraser Stoddart monte une bague moléculaire sur un axe (toujours moléculaire) : la bague peut coulisser sur l’axe. Là aussi, c’est un exploit. Quant à Bernard Faringa, il développe quelques années plus tard le tout premier moteur moléculaire, avec à la clé un "nanocar" (ou "nanovoiture") conçu en 2011.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

Ces découvertes ouvrent un champ immense à de futures innovations dans le domaine des nanomatériaux, des capteurs et du stockage d’énergie. Ces scientifiques ne peuvent même pas l’imaginer, se réjouit encore l’académie Nobel, qui se souvient d'une situation similaire avec "le moteur électrique dans les années 1830, quand les scientifiques ne savaient pas que leurs recherches mèneraient aux trains électriques, au lave-linge, aux ventilateurs et aux mixeurs…"

Des nanorobots pour traquer les cellules cancéreuses

L’un des trois lauréats, Bernard Feringa, a évoqué ce mercredi devant les journalistes, dans le futur, "de tout petits robots que le médecin pourra injecter dans les veines pour aller chercher une cellule cancéreuse". Ce chercheur avait du mal à descendre de son petit nuage après l'annonce des résultats : il a confié "avoir l'impression d'être un peu comme les frères Wright, qui ont pris leur envol en avion pour la première fois il y a 100 ans. Les gens ont dit (à l'époque) : pourquoi aurions-nous besoin de machines volantes ? Et maintenant, nous avons le Boeing 747 et Airbus".

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Ces trois chercheurs empochent 832.000 euros, avec en prime les félicitations de François Hollande. L’an dernier, le prix Nobel de chimie avait été décerné au Turc Aziz Sancar, à l’Américain Paul Modrich et au Suédois Tomas Lindahl pour leurs travaux sur la réparation de l’ADN.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

© Visactu

Il s’agit du troisième prix Nobel décerné en 2016, après la médecine lundi et la physique mardi, remis respectivement au Japonais Yoshinori Ohsumi pour ses découvertes sur l’autophagie et à trois Britanniques pour avoir révolutionné l’exploration de la matière.

Après ces trois prix scientifiques viendra le tour du prix Nobel de la paix ce vendredi, le Nobel d'économie lundi, avant la littérature le 13 octobre.