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Le Nobel de la paix 2020 à un Programme alimentaire mondial (PAM) inquiet des conséquences du Covid-19

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En mai 2017, un convoi de camions transportant une aide humanitaire fournie par le Programme alimentaire mondial (PAM) aux réfugiés du Sud-Soudan, conduit dans l'État du Nord-Kordofan.
En mai 2017, un convoi de camions transportant une aide humanitaire fournie par le Programme alimentaire mondial (PAM) aux réfugiés du Sud-Soudan, conduit dans l'État du Nord-Kordofan.
© AFP - Ashraf Shazly

Le Programme alimentaire mondial des Nations unies est distingué pour son combat contre la faim, notamment dans les zones de conflit. Et au moment où la pandémie due au nouveau coronavirus a fortement augmenté le nombre de victimes de famines à travers le monde, a souligné le comité Nobel.

Fondé en 1961 avec son siège à Rome et financé intégralement par des contributions volontaires, le Programme alimentaire mondial des Nations unies a été récompensé ce vendredi pour "ses efforts de lutte contre la faim, pour sa contribution à l'amélioration des conditions de paix dans les zones touchées par les conflits et pour avoir joué un rôle moteur dans les efforts visant à empêcher l'utilisation de la faim comme arme de guerre", a déclaré la présidente du comité Nobel, Berit Reiss-Andersen.

"Le lien entre la faim et les conflits armés est un cercle vicieux"

C'est la douzième fois depuis la naissance de l'Organisation des Nations unies en 1945 que l'ONU est distingué par un Nobel de la paix. Après par exemple le Haut commissariat pour les réfugiés (HCR) en 1954 et en 1981, l'UNICEF, en 1965, ou le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) en 2007.

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Le Comité Nobel norvégien souligne notamment que :

Le lien entre la faim et les conflits armés est un cercle vicieux : la guerre et les conflits peuvent provoquer l'insécurité alimentaire et la faim, tout comme la faim et l'insécurité alimentaire peuvent provoquer l'éclatement de conflits latents et déclencher le recours à la violence. Nous n'atteindrons jamais l'objectif de la faim zéro si nous ne mettons pas également fin à la guerre et aux conflits armés.

Le directeur exécutif de l'organisme onusien, l'Américain David Beasley, s'est dit "sans voix" pour la première fois de sa vie : "Nous sommes profondément honorés. C'est une incroyable reconnaissance du dévouement de la famille du PAM."

Le récit d'un choix politique vis-à-vis du multilatéralisme. Par Jérémie Lanche, depuis Genève

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7 min
Le Programme alimentaire mondial
Le Programme alimentaire mondial
© Visactu

Une personne sur 11 souffrait de sous-alimentation chronique, avant la pandémie...

Opérant aussi bien par hélicoptère qu'à dos d'éléphant ou de chameau, le PAM se présente comme "la plus grande organisation humanitaire au monde". Organisation qui insiste via Twitter sur le fait que "Paix et éradication de la faim sont indissociables". Selon ses estimations, 690 millions de personnes - une sur 11 - souffraient sous-alimentation chronique en 2019

Le PAM dit avoir distribué 15 milliards de rations et assisté 97 millions de personnes dans 88 pays l'an dernier. Un chiffre vertigineux mais qui ne représente qu'une fraction du besoin total. Malgré les progrès enregistrés ces trois dernières décennies, l'objectif établi par l'ONU d'éradiquer la faim d'ici 2030 semble hors d'atteinte si les tendances actuelles se poursuivent, selon les experts.

Dans ses projections mises en avant en avril dernier, l'organisme estimait que "le nombre de personnes souffrant sévèrement de la faim pourrait doubler en raison de la pandémie de Covid-19, atteignant alors plus de 250 millions d’ici la fin de 2020." Et d'ajouter que "dans les 55 pays en crise alimentaire couverts par le rapport, 75 millions d’enfants ont souffert d’un retard de croissance et 17 millions d’émaciation en 2019".

Principales données sur la sous-alimentation dans le monde, par région, et évolution depuis 2005. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture
Principales données sur la sous-alimentation dans le monde, par région, et évolution depuis 2005. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture
© AFP - Jean-Michel Cornu, Cléa Péculier
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L'an dernier, c'est le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed qui avait été distingué, tout comme en 2018 le médecin congolais Denis Mukwege et la Yazidie Nadia Murad.

Avec AFP