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Le Nobel de Littérature est décerné au Chinois Mo Yan

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Mo Yan
Mo Yan
© AFP - ULF ANDERSEN / Aurimages

L’auteur Mo Yan faisait office de favori avec le japonais Haruki Murakami. L'écrivain chinois compte parmi les auteurs les plus réputés dans son pays et à l'étranger.

Mo Yan
Mo Yan

Selon le comité du Nobel, l'écrivain chinois Mo Yan « *unit avec un réalisme hallucinatoire conte, histoire et contemporain * ». Il se plait à aborder très librement tous les thèmes comme le sexe, le pouvoir ou la politique en faisant une peinture précise de la Chine contemporaine.

Il use d’un style sans détours mais très souvent teinté d’humour pour décrire la face cachée, psychique et physique, de son pays. A l’exception de quelques passages dans les premières éditions de Beaux seins, belles fesses , sa grande intelligence l’a jusqu’à aujourd’hui préservé de la censure.

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Réalisme et attachement au terroir
Ce romancier de 57 ans est souvent comparé l'Américain William Faulkner _* ou au Colombien *_Gabriel Garcia Marquez _* pour le réalisme de son écriture et l’attachement à sa terre de la Chine orientale. Portrait de l'écrivain par *_Philippe Reltien à Pékin :

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Sylvie Gentil, l’une de se premières traductrices le raconte, « Il prend le même plaisir à décrire, en long en large et en travers, aussi bien un grand banquet qu'un grand massacre * ». Mo Yan accède à la notoriété avec son livre *Le clan du sorgho , porté à l'écran sous le titre Le sorgho rouge par le célèbre réalisateur Zhang Yimou . Ses œuvres sont souvent de véritables pavés qui séduisent ses concitoyens et figurent régulièrement parmi les best-sellers en Chine.

Une enfance paysanne
Né en 1955 au sein d'une famille paysanne du Shandong, Mo Yan vit une jeunesse marquée par les privations, une scolarité perturbée et vite interrompue, en pleine révolution culturelle. Enfant renfermé, c’est paradoxalement l’embrigadement qui lui permettra de s’épanouir. « *Il fait partie de ces paysans de familles illettrées qui ont été plus ou moins sauvés par l'armée, en y étant enrôlé et en réussissant à y faire carrière en devenant écrivain * » précise la traductrice Sylvie Gentil.

Gros lecteur, Mo Yan apprécie les écrivains occidentaux, mais aussi la littérature russe, américaine et sud-américaine. Il varie son style à chacun de ses romans et multiplie les thèmes qu’il aborde : du conflit sino-japonais aux tortures chinoises, ou de l'abattage des porcs à la corruption des cadres communistes…

Un auteur habile pour éviter la censure
Un écrivain se doit d'exprimer des critiques et son indignation face au côté sombre de la société et à la laideur de la nature humaine.

Mo Yan est devenu vice-président de l’Association des écrivains chinois, une organisation officielle. Depuis, on lui reproche parfois de manquer de solidarité avec la dissidence. « *Il y a des gens qui lui reprochent de ne pas se démarquer du pouvoir * », confirme Noël Dutrait, l’un de ses traducteur, « *mais en tout cas il écrit et il dit ce qu'il pense * ».

Certaines réactions immédiates ont été moins que modérément enthousiastes à l'annonce du prix Nobel en Chine. La réaction d'Ai Weiwei appelé chez lui, à Pékin, au micro de *Xavier Martinet * :

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La déclaration très critique de l'écrivain Bei Ling _* exilé à Taiwan et qui s'était déjà fait entendre cette année pour critiquerle rôle de l'Association des écrivains chinois dans la sélection des auteurs admis à la Foire du livre de Londres, propos recueillis par *_Xavier Martinet :

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31 sec

Pour Eric Abrahamsen, expert américain en littérature chinoise, Mo Yan est un « *grand auteur (...) qui rédige le Grand roman de la Chine * », mais c’est aussi un écrivain « *très malin quant à ce qui peut ou ne peut pas être écrit * ».

Mo Yan à La Grande table
Mo Yan à La Grande table
© Radio France

►►► De passage à Paris en septembre 2014, La Grande table (1ère partie) et La Grande table (2ème partie) de Caroline Broué étaient excéptionnellement consacré à Mo Yan.