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Le Péruvien Mario Vargas Llosa, Nobel de littérature 2010

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Mario Vargas Llosa
Mario Vargas Llosa
© AFP - OSCAR GONZALEZ / NURPHOTO

Le comité Nobel récompense Mario Vargas Llosa pour "sa cartographie des structures du pouvoir et ses images marquantes de la résistance individuelle, la révolte et la défaite".

Une reconnaissance unanime et immédiate

Écrivain engagé, l’auteur péruvien est né en 1936 à Arequipa, il est élevé à Cochabamba (en Bolivie) puis au Pérou. Il suit des étudesà l'Université San Marcos de Lima et s’exerce parallèlement aux fonctions de correcteur et collaborateur de revues littéraires. Grâce à une bourse, il obtient un doctorat à Madrid puis s’installe à Paris où il sera successivement traducteur, professeur d’espagnol et journaliste à l’Agence France-Presse. De sa grande érudition, de son goût pour le journalisme et la littérature naitront très vite une série de romans salués par la critique et le public, La ville et les chiens (La Ciudad y los Perros) en 1963 reçoit le Prix de la Biblioteca Breve et le Prix de la Crítica et il est traduit dans une vingtaine de langues. Le roman s’inspire de sa propre expérience à l’Académie militaire Leoncio-Prado et dénonce une discipline de fer imposée aux cadets dont le quotidien n’est qu’une succession de brimades, de sévices, de dénonciations et d’exactions. « Je suis convaincu que la littérature est intrinsèquement scandaleuse », déclare Mario Vargas Llosa. Après Ricardo Palma, César Vallejo, José María Argüedas et Ciro Alegría, l’auteur impose son nom en tête des écrivains péruviens. En 1966, La maison verte recevra le Prix de la Critique et le Prix International de Littérature Rómulo Gallegos. L’action se déroule à Piura, une ville du nord entourée d’une immense forêt vierge et donne à voir un nouvel aspect de la société péruvienne. Les chiots en 1967 offriront une peinture des enfants de la bourgeoisie dans les beaux quartiers de Lima qui conclut à la même cruauté et la même violence que le monde des adultes.

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L’écriture de Mario Vargas Llosa s’affine, emprunte à la langue parlée et s’enrichit jusqu’à son apogée dans le dernier roman de ce premier cycle, Conversation à la Cathédrale en 1973. Le roman retrace une conversation dans un bistrot des faubourgs de Lima et permet à Mario Vargas Llosa de contester les valeurs conformistes de la société et la loi de la corruption qui y règne. Dans cette oeuvre documentaire, l’auteur ne ménage rien ni personne. D’autres succès suivront comme Pantaleon et les visiteuses (1973) une critique du fanatisme militaire, La tante Julia et le scribouillard (1977) inspiré directement de son premier mariage et La guerre de la fin du monde (1982) qui évoque la politique brésilienne. L’écrivain signe également des essais et des études comme celle sur Gabriel García Márquez (1970) et L'Orgie perpétuelle (1975) sur Flaubert. En 1995, Mario Vargas Llosa reçoit en Espagne le prestigieux Prix Cervantes.

Réaction à l'annonce de l'attribution du Prix Nobel de littérature dans la Grande Table, ce jeudi 7 octobre à 13h25 :

L'annonce du prix puis la réaction d'Albert Bensoussan, l'un des traducteurs de Vargas Llosa, spécialiste de la littérature sud américaine

6 min

Une très forte conscience politique

Marqué par l'idéologie marxiste et révolutionnaire, il est séduit par la révolution cubaine et commence par soutenir le gouvernement de Fidel Castro. Peu à peu sa position va évoluer à l’opposé de ses idéaux de jeunesse. En 1988, il fonde un mouvement de droite libérale, Libertad, et s'associe au Front démocratique qui œuvre dans la même direction idéologique.En 1990 il est candidat malheureux à l’élection présidentielle au Pérou à la tête d’une coalition de centre-droit, le Frente Democrático, défendant la mise en place de réformes néolibérales. Il demande et obtient la nationalité espagnole en 1993 et commente régulièrement la vie politique de l’Espagne dans les pages du journal El País.

Son prochain livre, El sueno del celta est consacré au diplomate britannique Roger Casement qui a vivement critiqué les atrocités commises dans le Congo de Léopold II. Il sortira début novembre en espagnol. Le combat continue pour cet écrivain qui considère la littérature « non comme un passe-temps de luxe, mais comme une des activités les plus stimulantes et les plus enrichissantes pour l'esprit, une démarche irremplaçable pour la formation du citoyen dans une société moderne et démocratique composée d'individus libres ».

Mario Vargas Llosa
Mario Vargas Llosa
© Reuters

A écouter, la Revue de Presse de Cécile de Kervasdoué ce vendredi matin autour de Mario Vargas Llosa :

RDPI Mario Vargas Llosa, Nobel de littérature 2010 ok

5 min

Vendredi 8 octobre de 12h à 12h30, La Grande Table consacre la première partie de l'émission à l'auteur Péruvien :

Grande Table Mario Vargas Llosa, Nobel de littérature 2010

1h 28

Affinités électives

Mario Vargas Llosa Affinités 9 10 2010

1h 49

Site officiel de Mario Vargas Llosa