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Le politique se danse et se chante aussi à Avignon

Par
Ordinary People
Ordinary People
- Christophe Raynaud de Lage

Chinois et Tchèques se rencontrent sur scène pour partager les récits de leurs oppressions.

Quand une chinoise et une tchèque se rencontrent, qu’est-ce qu’elles se racontent ? C’est en effet la question que l’on pouvait se poser en allant découvrir “Ordinary People”, co-signé par Jana Svobodova et Wen Hui.

La première est diplômée de l’Académie des arts du spectacle de Prague, où elle vit. Son théâtre est résolument engagé, politique, et elle dirige aussi le Festival International du Théâtre Documentaire d’Akcent. La seconde a étudié la danse traditionnelle chinoise et ensuite la chorégraphie à l’Académie de danse de Pékin. Elle a également suivi les cours de Trisha Brown et ceux de la compagnie de Pina Bausch. Elle a ouvert le premier studio de danse indépendant en Chine, en 1994, le Living Dance Studio. Ses spectacle mêlent danse, texte et film documentaire. Revenons donc à notre question initiale : quand une chinoise et une tchèque se rencontrent, qu’est-ce qu’elles se racontent ? Mais en fait, on aurait du demander : qu’est-ce qu’elles nous racontent ?

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Une fraternité nouvelle prend naissance sous nos yeux

Et bien elles nous parlent, comme l’indique le titre, “Ordinary People”, des gens ordinaires. Des femmes, des hommes, des artistes, mais aussi des ouvriers, des autodidactes, de tous âges. Ce sont elles et eux qui viennent nous raconter comment elles et ils ont traversé l’histoire tumultueuse de leurs pays, et comment les systèmes totalitaires communistes, dont elles et ils sont issus, ont modifié le cours de leurs vies, dans leur intimité comme dans leurs vies sociales. Alors on voit se tisser sur scène des liens entre des individus qu’on n’aurait pas imaginé aussi proches. Récits, danses, images projetées, les mains se tendent et une fraternité nouvelle prend naissance sous nos yeux. Si le théâtre est toujours politique, comme le rappelle souvent Olivier Py, le directeur du Festival, disons qu’il l’est plus évidemment dans certains spectacles que dans d’autres. Et le fait que les protagonistes et interprètes de “Ordinary People” aient réellement éprouvés dans leurs corps ce que peut produire un système coercitif donne à leur création plus de force, plus de nécessité.