Le professeur Luc Montagnier est mort

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Le professeur Luc Montagnier est mort

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Luc Montagnier en janvier 2008
Luc Montagnier en janvier 2008
© Getty - Ulf Andersen

1932-2022. Le professeur Luc Montagnier, prix Nobel de médecine 2008 (avec la professeure Françoise Barré-Sinoussi) pour ses travaux sur la découverte du virus du sida en 1983, est mort à 89 ans. Son décès faisait l'objet de nombreuses interrogations depuis son annonce mercredi par le site de FranceSoir.

Le codécouvreur du virus du sida, le professeur Luc Montagnier, est mort mardi soir à l'hôpital américain de Neuilly à l'âge de 89 ans. La mairie de Neuilly a confirmé à Franceinfo ce jeudi après-midi avoir enregistré son certificat de décès. Ce prestigieux virologue et biologiste aura reçu de nombreux prix, dont la médaille d’argent du CNRS. Professeur Emérite à l’Institut Pasteur, où il a dirigé, de 1972 à 2000, l’unité d’Oncologie virale, directeur de recherches honoraire au CNRS et membre des Académies des sciences et de médecine, il est l’auteur ou le co-auteur de 350 publications scientifiques et de plus de 750 brevets d'après l'Institut Pasteur. Ses travaux sur le VIH le mèneront au sommet : le Prix Nobel de Médecine qu'il partagera en 1988 avec Françoise Barré-Sinoussi. Ses dérives et affirmations à l'emporte-pièce lui vaudront une fin de carrière riche en controverses, mis au ban progressivement de la communauté scientifique. 

Des années de polémique avant de recevoir en 2008 le Nobel de médecine pour la découverte du virus de l’immunodéficience humaine (VIH)

Né dans l'Indre et très tôt attiré par les sciences, Luc Montagnier adolescent vit Hiroshima et Nagasaki comme un choc et se tourne vers la médecine, d'abord à Poitiers puis à Paris. Puis ce fut le CNRS et les premiers contacts avec la virologie en Angleterre, où il découvre, en 1963, le mécanisme de réplication des virus à ARN et où il met en évidence une nouvelle propriété spécifique des cellules cancéreuses : leur capacité de croître en suspension dans un milieu gélifié. De retour à Paris, à l'Institut Curie, il travaille à la fois sur le mécanisme d'action et de purification des interférons et sur celui de la cancérisation par les virus. 

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Il est aussi à cette époque l'un des rares chercheurs à s'intéresser à ces mystérieux agents transmissibles non conventionnels que l'on désigne aujourd'hui sous le terme de prions 2008, le Graal. Ses travaux sur la découverte du virus du sida en 1983 seront récompensés par le prix Nobel de médecine, qu’il partage avec la Pr. Françoise Barré-Sinoussi. Jean-Claude Chermann est injustement exclu du palmarès. Et il n'est plus question, comme pendant des années, d'une découverte réalisée par l'Américain Robert Gallo, grand spécialiste des rétrovirus. 

En mars 2009, le professeur Montagnier revenait dans l'émission "Science Publique" de Michel Alberganti sur ses travaux sur la cause du sida

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A voix nue
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Des prises de position répétées contre les vaccins et des propos très décriés sur le Covid

Après avoir enseigné au Queens College de New York jusqu'en 2001, la suite est moins brillante. La gloire s'effiloche. Le milieu médical français tance la suffisance avec laquelle Luc Montagnier multiplie les conférences à l'étranger et dénonce ses dérives. Parmi lesquelles le soutien à la théorie controversée de la "mémoire de l'eau", sa charge contre 8 des 11 vaccins obligatoires à l'école, ou encore, il y a peu, sur la base d'une prépublication d'une étude de 2 chercheurs indiens, cette affirmation : le virus du Covid a été artificiellement fabriqué en injectant du virus VIH dans un coronavirus. La sphère complotiste applaudit et le porte aux nues. Luc Montagnier accuse "le cartel" de l'industrie pharmaceutique de le prendre pour cible lui "l'homme qui fait peur".

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Avec la collaboration d'Éric Chaverou