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Le programme climato-sceptique très controversé de Donald Trump

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Donald Trump : "Je vais annuler l’accord de Paris sur le climat."
Donald Trump : "Je vais annuler l’accord de Paris sur le climat."
© AFP - JIM WATSON

CARTE. En choisissant le candidat républicain, les Américains ont indirectement voté en faveur d'un candidat climato-sceptique, mais surtout en faveur d'un programme écologique rétrograde. Un futur président pour qui "le réchauffement climatique est un canular" et qui a mis en cause l'accord de Paris.

La présidence de Donald Trump concernant le climat risque fort de dénoter avec son prédécesseur Barack Obama qui en avait fait une de ses priorités. Le futur 45e président des États-Unis s'inscrit en effet dans la droite ligne du parti républicain, selon Dick Howard, professeur de philosophie politique :

Chez les républicains, on est au mieux climato-sceptique. Pour certains, le réchauffement climatique est une fiction d'une élite qui se sert de la science pour faire passer des lois, des réglementations qui empêchent la libre entreprise de se développer.

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Une analyse du camp républicain qui se confirme avec le profil de Donald Trump que l'on peut au mieux qualifier de climato-sceptique, au pire de complotiste. Lors de sa campagne, le magnat a pris des positions sur le changement climatique remarquées et fortement critiquées par la communauté scientifique. Ainsi, selon lui, ce phénomène serait “des conneries”, ou encore un “canular”, voire que “le concept du réchauffement climatique a été créé par la Chine pour rendre l’industrie américaine non compétitive”.

Ecoutez "La Méthode scientifique" à ce sujet

Déni de réalité climatique

Cette théorie du complot a été reprise et assumée par le candidat républicain d'alors, au mépris des rapport des rapport du GIEC reflétant la réalité et le danger qui s'en suit du changement climatique. Dans son cinquième rapport sur le climat, révélé à Copenhague, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat appelle, encore une fois, les États à éviter une accélération catastrophique du réchauffement climatique dans le monde.

A écouter : Nouveau rapport alarmant du GIEC sur le climat

La complexe sortie de l'Accord de Paris

Au delà du déni de réalité sur la situation actuelle du climat, Donald Trump a pris position pendant la campagne sur l'avenir qu'il réserve à la ratification de l’accord de Paris. En mai dernier, le candidat a promis qu'il allait annuler l'accord de Paris sur le climat qui doit, selon lui, "tuer l’emploi et le commerce" dans le pays. Néanmoins, cette sortie de l'accord de Paris tient davantage du coup de communication que d'une réalité juridique, selon Pierre Radanne, expert en climat :

Dans l'accord de Paris, il a été dit qu'un pays qui a ratifié l'accord, ne peut pas sortir de l'accord avant trois ans. Ensuite, il y a une procédure de sortie, ce qui amène le délai à quatre ans : soit le mandat actuel de Donald Trump.

Pourquoi il n'est pas si simple de sortir de l'Accord de Paris sur le climat ?

1 min

Et ce jeudi soir, des agences de presse comme Reuters ont constaté que la dénonciation de l'accord de Paris n'était plus mentionnée sur le site du candidat Trump. Personne de son équipe n'en disant plus…

Au delà de la complexité de cette procédure de sortie, nombreux sont ceux qui craignent une politique proche de celle de George W. Bush. Soit une paralysie des avancées climatiques mondiales. Alors que les États-Unis est le 12e pays le plus émetteur de CO2 par habitant dans le monde.

A écouter : Les responsabilités de la Chine et des États-Unis, les deux plus grands pollueurs

Et même si ses émissions de CO2 par habitant ont tendance à baisser depuis le début des années 2000.

Retour aux énergies fossiles

Alors que les principaux pays développés se tournent vers les énergies renouvelables, le candidat Trump a proposé de revenir aux énergies fossiles en dérégulant le secteur pour exploiter au maximum les ressources présentes dans le sous-sol américain et rendre les États-Unis indépendants sur le plan énergétique.

Celui qui est encore homme d'affaires a également pour projet de relancer le projet d’oléoduc Keystone XL, de 3 500 kilomètres de long, qui devait relier le Canada au Golfe du Mexique pour transporter les sables bitumineux de l’Alberta vers les raffineries. Un projet annulé par l'administration Obama.

Enfin, Donald Trump a dit vouloir accentuer la production de pétrole et de gaz naturel dans le pays pour atteindre, selon lui, une "indépendance énergétique américaine… Si nous ne développons pas la fracturation hydraulique, nous resterons dépendants du Moyen-Orient pour notre énergie".

A lire : Sortons de l'âge des fossiles ! : manifeste pour la transition