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Le révérend Powell, Hannibal Lecter, Dark Vador... vos dix grands méchants du cinéma

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Le révérend Powell, Hannibal Lecter et Dark Vador sont arrivés en tête de vos réponses.
Le révérend Powell, Hannibal Lecter et Dark Vador sont arrivés en tête de vos réponses.
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Quel est votre grand méchant du cinéma ? Qui incarne le mieux la figure du mal ? Nous vous avons posé la question sur les réseaux sociaux. Du tueur psychopathe au traumatisme d'enfance, voici votre top 10.

Les figures du mal se succèdent, depuis quelques jours, au cinéma. Après le terrifiant clown de Ça, adapté du roman de Stephen King, c'est au tour de l'ennemi juré de Batman d'être consacré à l'écran, avec le Joker, interprété par Joaquin Phoenix. Les méchants ont la cote et font les bonheurs du box office, à en juger par le démarrage en flèche du film de Todd Phillips. Nous avons donc voulu savoir, en vous posant la question sur les réseaux sociaux, quels étaient vos méchants favoris du cinéma, la figure du mal qui vous avait le plus marqué. Si les tueurs en série mènent de loin la danse, ils partagent l'affiche avec les manipulateurs et créatures maléfiques. Voici donc le top 10 des grands méchants du cinéma, après lecture de vos réponses. 

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1. Le révérend Harry Powell dans "La Nuit du chasseur" : le mal dissimulé

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Si les trois premiers méchants de ce sondage sont dans un mouchoir de poche, le révérend Powell emporte la palme du plus grand méchant du cinéma, tant l'interprétation de Robert Mitchum a marqué les esprits. 

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Robert Mitchum (qui incarne Harry Powell) dans La Nuit du Chasseur, parce qu’il est sans pitié, que rien ne saurait se mettre entre lui et ses désirs, il agit implacablement, froidement, patiemment, prêt à tout écraser pour obtenir... ce qu’il veut... frissons dans le dos... @idacasters

Harry Powell (Robert Mitchum) dans La Nuit du chasseur, tout simplement par cette opposition entre cette femme simple et croyante et un révérend père, tueur en série, fou. @Lebrun2017

Le révérend Powell, parce qu'il m'a absolument terrorisée la première fois que j'ai vu le film (probablement un peu trop jeune), avec son image d'homme bien sous tout rapport qui cache en fait un monstre. @lunatictac

Dans La Nuit du chasseur, de Charles Laughton, sorti en 1955, Robert Mitchum incarne Harry Powell, un révérend misogyne qui, au cours de ses voyages, se marie à des veuves avant de les assassiner en prétextant la volonté de Dieu. Pour ce film basé sur le roman éponyme de Davis Grubb, lui-même inspiré par le tueur en série Harry Powers, Charles Laughton s'inspire du cinéma expressionniste allemand et oppose des dichotomies classiques (le manichéisme, les adultes contre les enfants, etc.) tout en poussant Robert Mitchum à avoir un jeu très marqué, presque excessif. En décembre 2012, Michel Ciment consacrait une émission de Projection Privée à La Nuit du Chasseur. Les invités revenaient alors sur la prestation de Robert Mitchum et sur la façon dont le réalisateur avait dirigé l'acteur : 

La Nuit du chasseur (Projection privée, 01/12/2012)

1h 00

Il va utiliser Mitchum comme Mitchum n'a jamais joué avant. C'est tout à fait passionnant de voir qu'il y a une sorte de mimétisme qui s'opère, puisque Laughton arrive à extraire non seulement de Mitchum mais aussi de ses autres acteurs exactement ce qu'il veut, et la manière dont lui-même aurait peut-être aimé jouer presque tous les rôles, y compris les enfants d'ailleurs. Jean-Pierre Berthomé, critique de cinéma

Il y a trois parties dans le film, et il y a trois parties dans le jeu de Mitchum. Laughton a été extrêmement ferme là-dessus. Il présente le prêcheur sur un mode comique, où Mitchum est parfait évidemment, quand on l'entend parler au Seigneur, le remerciant de lui avoir envoyé toutes ces veuves qu'il a pu trucider, il est parfait pour ça. Laughton attend le bon moment pour faire jouer le croque-mitaine. On a toujours tendance à ne se souvenir que de ça, que de Mitchum en menace, en croque-mitaine, mais en fait il ne fait que avec les enfants dans la partie centrale. Mais à partir de l'apparition de Lillian Gish, qui recueille les enfants, le prêcheur devient un pleutre, tout son traitement est pire que comique, c'est grotesque. Et ça c'était totalement délibéré. Philippe Garnier, journaliste et écrivain

2. Hannibal Lecter dans "Le Silence des Agneaux" : le tueur manipulateur

Sorti le 10 avril 1991, le thriller Le Silence des Agneaux, signé de Jonathan Demme met en scène le tueur en série Hannibal Lecter, brillamment interprété par Anthony Hopkins. C'est le côté manipulateur du tueur en série cannibale qui laisse une trace indélébile dans les mémoires : 

Ce qui me vient direct quand on parle du mal c'est : Hannibal Lecter, tueur en série, cannibale, ... ce n'est pas tant son passif qui le place en haut des personnages les + dérangeants mais sa personnalité (amplifié par le jeu d'Anthony Hopkins). Il entre dans les têtes. @Mondial_Cinema

Hannibal Lecter. Ce mec m’a traumatisée... je trouve que ses « bonnes manières » le rendent perversement attachant au début, malgré les horreurs qu’il débite. Et après il devient le pire psychopathe qui existe. C’est tellement imprévisible, c’est atroce. @Elenablum

Hannibal Lecter. Intelligent, cruel, manipulateur. Terriblement humain dans sa pire facette. @30040307

Hannibal Lecter dans "Le Silence des Agneaux" (mais pas dans les suites). Insaisissable, d'une intelligence folle, manipulateur subtil, et foutrement dangereux. Sa simple présence, son regard, quelques paroles, et t'as compris. @Kissoon84

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Fin psychologue, cannibale, le personnage d'Hannibal Lecter fascine autant qu'il terrorise, selon le principe de l'ambivalence affective : chercher à comprendre n'empêche ainsi pas de condamner les actes commis. En janvier 2000, pour la sortie du film Hannibal, Mauvais Genres consacrait une émission à l'évolution de ce personnage, que ce soit dans les films ou bien dans la trilogie de romans de Thomas Harris dont il est le protagoniste principal : 

Thomas Harris (Mauvais genres, 15/01/2000)

1h 10

Il y a tout une dimension dans Le Silence des Agneaux qui renvoie au problème du conte de fée. Hannibal c’est vraiment l’ogre. Et tout le trajet de Clarice Starling, c’est une longue initiation.  Ce qu’on retrouve terriblement chez Jonathan Demme c’est le rapport à l’enfance, à la profondeur, à ce qu’il y a au fond de soi, etc. [...] Hannibal, d’un seul coup, devient un mythe. Et il deviendra un mythe cinématographique par la suite. Le critique de cinéma Jean-Baptiste Thoret

3. Dark Vador, dans "Star Wars" : le méchant mythique

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Plus qu'un personnage terrifiant, Dark Vador est avant tout cité comme le méchant absolu, celui qui prend une dimension mythologique. Et pour cause, personnage central de l'hexalogie Star Wars, inspiré d'Hercule selon son créateur George Lucas, Dark Vador est devenu l'incarnation du méchant dans la pop culture, celui qui vient immédiatement en tête quand on songe à un "bad guy".

Dark Vador. Figure inspirée de toutes les mythologies. Sombre, cruel mais proche (père du héros) et nuancé. @leprophetedeshuitres

Rien que pour l’impact qu’il a eut sur le cinéma et sur plein de générations: Vador sans hésiter, c’est l’incarnation du méchant de film, du bad guy. @pierrelouis51

Je suis étonné de ne pas voir tout le monde citer Vador. Son physique incarne le mal, sa voix incarne le mal, son background incarne le mal, c'est juste parfait. Et cerise sur le gâteau, il a choisi le mal "à cause" de l'amour. C'est assez fort je trouve comme développement. @chapookie

Dark Vador. La réponse était dans la question. Tyran implacable, génocidaire, il ordonne la destruction d'une planète entière. Tout ça par chagrin d'amour. La haine absurde à son paroxysme. @WilliamkrampsB

Dark Vador doit son succès à son statut quasi mythologique. En décembre 2015, l'émission Les Chemins de la philosophie revenait sur ce personnage atypique, qui n'est pas sans rappeler les figures d'Œdipe ou d'Hamlet, dans son rapport à la paternité : 

Pourtant, Dark Vador est-il le méchant absolu ? Car son parcours est avant tout un parcours de rédemption : il est, après tout, celui qui rééquilibrera la Force. Certains parmi vous n'ont pas manqué de le rappeler et lui préféraient l'empereur Palpatine, considéré comme le véritable responsable derrière les exactions de Dark Vador. 

4. Anton Chigurh dans "No Country for old men" : le "sociopathe réaliste"

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Si Anton Chigurgh, le tueur à gages interprété par Javier Bardem dans le film No Country for old men, des Frères Cohen, est si saisissant, c'est certainement parce qu'il semble un peu trop "réel". Son absence totale d'empathie pour ses victimes, sa froideur, rend ainsi tout phénomène d'identification impossible :

Le personnage joué par Javier Bardem dans No Country for old men, probablement parce qu’il n’a aucune morale, aucun sentiment, aucune humanité. @forteremi

Anton dans No Country For OldMan car tout est chaos, violence, désordre. @NotPuppa

Anton Chigurh dans No Country for old men. Représentation d’un mal quasi métaphysique et surnaturel, qui avance et progresse inexorablement et paraît insensible à toute tentative de résistance. @pepitoajenjo

Comme le faisait remarquer @adahyot sur Twitter, dans un article paru dans le Journal of Forensic Sciences en 2014, les chercheurs en psychiatrie Leistedt et Linkowski ont dressé un classement des tueurs en série au cinéma. Selon Samuel Leistedt, Anton Chigurgh, arrivé en première position, lui rappelait deux tueurs à gage professionnels qu'il avait interrogés : "Ils étaient ainsi : froids, intelligents, sans aucune culpabilité, sans anxiété, et sans dépression".

À l'inverse, des personnages comme Hannibal Lecter ou Patrick Bateman (American Psycho), s'ils sont bels et bien effrayants, n'étaient pas considérés comme réalistes.

5. Miss Ratched dans "Vol au dessus d'un nid de coucou" : le mal ordinaire

Mes amis américains me disent : "Ne touche pas à ce livre, ne fais pas ce film ! C'est un livre tellement américain". Et je disais : "Mais de quoi vous parlez ? C'est une histoire tchèque. Pour vous c'est de la littérature, mais pour moi c'est la vie réelle". Milos Forman

Dans Vol au dessus d'un nid de coucou, sorti en France en mars 1976, c'est la banalité du mal qui marque. Dans ce film du réalisateur tchèque Milos Forman, le personnage de Randall P. McMurphy (Jack Nicholson) récemment interné, s'ingénie à mettre à mal la vie bien réglée de l’hôpital psychiatrique. Il se retrouve rapidement confronté à l'infirmière Miss Ratched (Louise Fletcher), figure d'autorité aux thérapies "spéciales" : 

Je trouve que les véritables idées du mal ce sont les personnages lambda qui abusent de leur position (comme l'infirmière Ratched dans "Vol au dessus d'un nid de coucou"). Parce que c'est proche, parce que c'est vrai, parce que ça continue. @karibahut

L'infirmière Ratched dans "Vol au-dessus d'un nid de coucou" représente le mal ordinaire, je trouve, l'abus de pouvoir sûr de lui et de sa légitimité. @cedriclalaury

Comme l'a expliqué à plusieurs reprises Milos Forman, l'infirmière Ratched est une métaphore de l’oppression et de l'autoritarisme communistes qui ont sévi en République tchèque. Invité en octobre 2009 de Projection Privée, le réalisateur revenait sur la façon dont il avait demandé à Louise Fletcher d'incarner ce personnage :

Milos Forman (Projection privée, 03/10/2009)

1h 00

Je n'ai pas voulu apprendre beaucoup de choses sur la psychiatrie. Parce que je n'ai pas voulu mettre dans le film de connaissances que seulement moi [comprendrais] sur la psychiatrie, et non pas le public. Mais j'ai choisi pour chaque personnage dans le film un vrai malade, parce qu'on a tourné dans un véritable hôpital. Ce n'était pas important que [Louise Fletcher] connaisse la maladie, qu'elle connaisse les symptômes...  Elle regarde et elle copie comment ils parlent, comment ils bougent, comment ils se comportent.

Kirk Douglas a acheté les droits pour le livre en 1962. Il a voulu faire le film, et c'était une très grande star à cette époque mais il n'a pas réussi à trouver d'argent. Il était à Prague en 1966 et il a décidé de financer le film lui-même avec son argent. Il a vu le film Les amours d'une blonde et il m'a demandé s'il pouvait m'envoyer le livre. Naturellement ! Mais le livre n'est jamais arrivé. Dix ans plus tard j'ai appris qu'il a envoyé le livre mais que la censure aux frontières tchèques l'a confisqué sans le prévenir, ni lui, ni moi. Dix ans plus tard, le même livre me vient de Michael Douglas, le fils de Kirk Douglas, et j'ai appris qu'il ne savait pas que son père m'avait déjà envoyé le livre ! 

6. John Doe dans "Seven" : le tueur en série méthodique 

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Troisième occurrence d'un tueur en série dans ce classement, le succès de John Doe, dans Seven de David Fincher, s'explique en partie par l'absence de confrontation avec le tueur, qui ne se révèle qu'à la toute fin du film, en la personne de Kevin Spacey. Sa présence n'avait d'ailleurs pas été divulguée sur les affiches du film et dans sa promotion, afin de ne pas gâcher la surprise :

Je dirais John Doe dans #Seven.  Parce qu'il est indigné par le monde qui l'entoure. Parce que sa manière de l'exprimer est abominable. Parce qu'une partie de moi le comprend. Et l'autre le rejette. Parce qu'on ne peut pas le battre. @aribaudJ

John Doe dans "Seven" de David Fincher, ne serait-ce que parce que Kevin Spacey au fond, fait qu'on revoit le film différemment (et c'est pire). @ThomasSpok

On retrouve avec John Doe des caractéristiques semblables à celles d'Hannibal Lecter : un personnage manipulateur, insensible, qui se joue des protagonistes, ici les détectives William Somerset (Morgan Freeman) et David Mills (Brad Pitt). Là où Hannibal Lecter fascine en raison de son cannibalisme, John Doe accomplit ses meurtres en fonction des sept pêchés capitaux : on retrouve chez les deux tueurs en série cette capacité à planifier et manipuler. 

En novembre 1998, dans une émission passionnante du Ciné Club consacrée aux "serial killers", de nombreux critiques se penchaient sur cette figure du cinéma, sans oublier de faire un détour par le film Seven

Des tueurs en série au cinéma (Ciné Club, 18/11/1998)

1h 24

7. Michael Myers dans "Halloween" : le mal à l'état pur 

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Encore un tueur en série qui vient rejoindre ce top 10. À la différence près que Michael Myers semble n'avoir aucune motivation identifiable. Personnage central de la série de films Halloween, initiée par John Carpenter en 1978 avec Halloween : la nuit des masques, Michael Myers est un tueur psychopathe masqué qui commet ses meurtres lors de la nuit d'Halloween. Mais il ne semble pas y avoir ici de raison, de motif, pour justifier, de près ou de loin, le comportement de ce parangon du mal : 

Michael Myers, le mal à l'état pur. Il n'a pas de motivation, ne cherche pas la vengeance. Il tue comme une machine, implacable, terrifiant. @dove_season

Michael Myers dans Halloween car on ne peut pas le raisonner, l'arrêter ni le comprendre, car on ne sait même si ce qu'il fait est le mal pour lui, ni si il peut savoir ce que sont le bien ou le mal @lanval2

En 1998, à l'occasion de la sortie de son ouvrage Mythes et masques, à propos du cinéma fantastique et John Carpenter, le critique de cinéma Jean-Baptiste Thoret expliquait la particularité du cinéma de ce grand nom du cinéma d'horreur, et s'arrêtait plus sur Halloween, la nuit des masques, où s'incarnait pour la première fois le tueur masqué : 

John Carpenter (Ciné Club, 06/05/1998)

1h 23

Ce qui me semble très intéressant, et je pense notamment au début d'Halloween, c'est qu'en travaillant cette idée du chaos, finalement la partie la plus inquiétante des films de Carpenter, où on ne sait pas vraiment si on doit avoir peur, où on est inquiet et on ne comprend pas vraiment pourquoi, c'est évidemment tous ses débuts de film. Ce qui fait que quand l'effet fantastique apparaît chez Carpenter, sous la forme d'un tueur, d'un monstre, à la limite il y a presque quelque chose de rassurant. C'est très nouveau ! Généralement l’inquiétude croît dans le fantastique au fur et à mesure que le monstre arrive, alors que chez Carpenter, le côté le plus angoissant et effrayant c'est finalement le moment où il n’apparaît pas. C'est une des grandes théories de l'histoire fantastique sur l'idée de la suggestion. On retrouve cette idée à la fois au début d' Halloween et à la fin du film : Carpenter le clôt par une série de quatre plans, de l'appartement des Myers, de la rue... Une série d'endroits que Michael Myers n'a cessé d'hanter pendant le film. Cette fois-ci, il clôture par ces quatre plans en l'absence de Michael Myers, et on a une tension extrêmement intéressante : Michael Myers n'est plus là, mais il est d'autant plus présent qu'il n’apparaît pas à l'écran. Le monstre se retire, mais la monstruosité reste.

8. Le Joker dans "Batman : The Dark Knight" : la recherche du chaos

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Le nouveau Joker interprété par Joaquin Phoenix n'a pas encore eu le temps de s'imposer dans ce top, mais celui de Heath Ledger a marqué les esprits. Créé en 1940 par le dessinateur Bob Kane, le scénariste Bill Finger et leur assistant Jerry Robinson, le Joker est la Némésis du justicier Batman, devenu en 80 ans un méchant de premier plan. Il faut dire que depuis sa création, le personnage a bénéficié de très nombreuses réécritures, lui conférant autant de personnalités, oscillant allègrement entre le comique et l'horrifique.

Au cinéma, c'est la version de Christopher Nolan qui remporte vos suffrages, proposant un personnage à mi-chemin entre la folie pure et l'anarchisme chaotique. La prestation d'Heath Ledger y est pour beaucoup dans ce succès. Elle est d'ailleurs unanimement saluée par la critique et vaut à Heath Ledger l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle ainsi qu'un Golden Globe et un Bafta, à titre posthume, l'acteur étant décédé des suites d'une overdose.

Le Joker du Dark Knight de Nolan. Parce que la jouissance qu'il éprouve devant le chaos urbain qu'il produit exclut tout questionnement moral, toute motivation politique ou esthétique, toute excuse psychologique. Comme le chaos, elle n'a pas de sens. @madafoc

9. Le Clown de "Ça" : le traumatisme d'enfance

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C'est LE traumatisme, le méchant qui a rendu toute une génération d'enfants coulrophobe, c'est-à-dire traumatisée par les clowns. Non seulement, Grippe-Sou est un clown symbolique de la peur enfantine, mais il est, en prime, la représentation physique d'une créature insaisissable : "Ça",  une entité capable d'adopter les apparences de vos pires peurs.  

Le clown de "Ça"... représente l'innocence perdue. Il me fait peur parce qu'on lui ferait confiance naturellement et qu'il nous trompe avec son costume pour enfants. On est poursuivis par une chimère, par celui qui sait tout comme le démon de la peur de la série "Charmed". @faustruy

Le mal est parfaitement incarné dans l’image du clown : il représente le triptyque sordide de la capacité de «pouvoir /acculer /jouir».  Nous en parlons justement parce que nous touchons aux limites... Acculés, impuissants, terrifiés que nous sommes ! @youkitripifree

Adapté une première fois du roman éponyme de Stephen King en un téléfilm en 1990, Il - est revenu en français, Ça a bénéficié d'une nouvelle adaptation en deux parties en 2017. En 1999, Mauvais Genres consacrait une émission à l'auteur à l'origine du clown mythique, dans lequel son traducteur, Jean-Daniel Brèque, analysait la conception du mal chez Stephen King :

Stephen King distingue deux différentes sortes de mal, le mal intérieur, celui qui vient de la psychologie des personnages, des traumatismes de l'enfance, et le mal extérieur : la menace surnaturelle. Bien souvent dans son œuvre on trouve une dialectique entre les deux. 

Au rang des traumatismes d'enfance, beaucoup de personnages ont été cités. Si le clown de Ça arrive largement en tête, on peut aussi mentionner Dolorès Ombrage, le Juge Demort de Roger Rabbit, Frollo, ou encore... l'ours Colargol.

10.  Killer Bob dans "Twin Peaks" : le parasite

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Oui, Killer Bob est avant tout un personnage de série. Mais en 1992, David Lynch décide de réaliser, sous forme de film, un préquel à Twin Peaks racontant les derniers jours de la vie de Laura Palmer, le personnage dont l'assassinat sert d'élément déclencheur à la série. On retrouve ainsi dans Twin Peaks: Fire Walk with Me, le personnage de Killer Bob (Frank Silva).

Bob dans "Fire Walk With Me" et par extension tout Twin Peaks. Il incarne la terreur la plus pure et notamment pour n'importe quelle femme quand on voit le destin de Laura Palmer. @lemonadexit

Entité démoniaque, Bob a le pouvoir de posséder d'autres êtres humains et de leur faire commettre des crimes. Cette créature s'abreuve de la souffrance et de la douleur de leurs proches.  En 2018, pour la sortie de la troisième saison de Twin Peaks, 25 ans après les deux premières, Plan Large s'était penché sur cette "série-monde, culte et mystérieuse"

David Lynch est le seul cinéaste qui arrive à me faire peur de façon métaphysique. Après avoir vu la saison 3 de Twin Peaks, je me suis même demandé si je pouvais continuer à tourner des films. Ce fut une cure de jouvence. Le cinéaste Bertrand Mandico

Et si d'aventure la liste de méchants qui figure ici ne vous convient pas, sachez qu'il restait de nombreuses propositions parmi les 400 réponses à la question que nous vous avons posée sur Twitter : Keizer Soze dans Usual Suspects, M le Maudit, Amon Goth de La Liste de Schindler, Alex Delarge dans Orange Mécanique, Jack Torrance dans Shining, Patrick Bateman dans American Psycho, Norman Bates dans Psychose, Louis Bloom dans Nightcrawler, et encore bien d'autres...