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Le rôle du portrait dans la littérature : de Gustave Flaubert à Marcel Proust

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Dame avec un chapeau noir par Paul Gosselin
Dame avec un chapeau noir par Paul Gosselin
- Wikimedia Commons

Au moment où l’impressionnisme prend son essor et où se développe la photographie, les portraits deviennent omniprésents dans la littérature. Quelles relations la littérature entretient-elle avec la peinture et la photographie ? Quels enjeux esthétiques, idéologiques et moraux du portrait ?

Cerisy : Portraits dans la littérature : de Gustave Flaubert à Marcel Proust (du 11 au 18 août 2016)

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, au moment où l’impressionnisme prend son essor et où se développe la photographie, les portraits deviennent omniprésents dans la presse et dans la littérature, sous la plume de grands maîtres amoureux de la Normandie comme Gustave Flaubert, Guy de Maupassant, Jules Barbey d’Aurevilly ou encore Marcel Proust. Ce colloque, qui a réuni des spécialistes familiers de cette époque et un bon nombre d'amateurs, a mis en évidence les relations que la littérature entretient alors avec le dessin, la peinture et la photographie. Il a situé ensuite le portrait dans la perspective réaliste visant à représenter la vie dans les arts et dans la littérature, avant de souligner enfin l'impact fortement émotionnel du portrait, dont la genèse comme la réception sont intimement liées à la sensibilité et aux affects. C'est dire qu'ont été explorés les enjeux esthétiques, idéologiques et moraux du portrait, en rendant notamment hommage à la maîtrise acquise dans ce genre par les écrivains prestigieux qui ont fait la célébrité littéraire de la Normandie.

Ce qui prend figure politique : portraits du commun chez Flaubert, par Sylvie Triaire

1h 05

Dans Madame Bovary, la Vaubyessard est l’occasion et le lieu d’une réflexion sur le portrait: tableaux d’ancêtres héroïques aux murs de la salle de billard et faces de pauvres aux fenêtres dessinent une discrète tension sociale que réactive, plus loin, la souveraine présence de Catherine Leroux, ("ce demi-siècle de servitude") confrontée aux bourgeois épanouis de Yonville-l’Abbaye. Partant de ces lignes frontières entre classes, il s’agira d’examiner quelques portraits en lesquels se figure, selon cette "politique de la littérature" dont parle Jacques Rancière, le commun. En ces petites gens, parfois saisis fugacement, parfois précisément cadrés et nettement fixés, se dit le "partage du sensible", à entendre politiquement (Rancière) aussi bien qu’esthétiquement (Rancière encore, mais aussi, en faisant un pas de côté, l’Heidegger de L’Origine de l’œuvre d’art, en particulier dans sa lecture des souliers de Van Gogh).

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Sylvie Triaire est maîtresse de conférences en littérature française du XIXe siècle, à l'Université Paul-Valéry Montpellier 3 et membre du centre de recherches interdisciplinaire CRISES.